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19 mars 2003

Début d'une offensive militaire d'envergure en Irak

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Saddam Hussein

Deux jours après un ultimatum lancé par le président américain George W. Bush au président irakien Saddam Hussein, une offensive militaire d'envergure est déployée afin de renverser ce dernier. Composée en grande majorité de troupes américaines et britanniques, la coalition fait une percée rapide qui incitera le président Bush à annoncer la fin du conflit le 1er mai.

L'application d'une résolution de l'Organisation des Nations unies (ONU) sur l'élimination des armes de destruction massive en Irak est à l'origine d'une longue polémique. Malgré l'opposition de pays comme le France, la Russie et l'Allemagne; les États-Unis et le Royaume-Uni mettent sur pied une coalition de plusieurs pays et lancent une offensive aérienne et terrestre sur l'Irak en mars 2003. Les Américains justifient comme une « guerre préventive » cette attaque qui déroute rapidement l'armée irakienne. Le 1er mai, le président George W. Bush proclame la fin de la guerre. Une administration civile, dirigée par un Américain, est établie. La protection des ressources pétrolières, la restauration des services à la population et l'instauration éventuelle d'une démocratie figurent parmi ses priorités. La menace d'une guerre civile entre chiites, sunnites et Kurdes constitue toutefois une source d'inquiétude pour les occupants qui doivent aussi composer avec une résistance armée tenace qui ne ralentit pas malgré l'arrestation du président déchu, Saddam Hussein, le 13 décembre 2003. (Voir : Guerre en Irak: justification de l'intervention américaine)

Dans les médias...


Pierre Beylau, «Opération Irak-Liberté»

«...Quoi qu'il en soit, le conflit d'Irak risque de marquer une véritable césure historique, et pas seulement dans les rapports franco-américains ou la redistribution des cartes au Proche et au Moyen-Orient. Il marque peut-être, dans la foulée du 11 septembre, la fin réelle de la période de guerre froide. Sous l'impulsion des faucons qui entourent George Bush, les Etats-Unis sont passés de la thèse du «containment», qui a fait ses preuves face à l'URSS, à celle de la guerre préventive. Et d'une diplomatie réaliste, type Kissinger, à une diplomatie moraliste, genre Rumsfeld. Dans cette optique, l'Irak n'est qu'une première étape et doit avoir, aux yeux de Washington, valeur d'exemple. Ce qui ne manque pas d'inquiéter sérieusement l'Iran, la Syrie, voire l'Arabie saoudite et quelques autres pays éligibles à la catégorie d'Etats voyous. Les institutions multinationales vont sortir en piteux état de l'épreuve. L'Onu, empêcheur de guerroyer en rond, est désormais dans le collimateur des Etats-Unis. Nul doute que les Américains, échaudés par l'expérience, seront tentés de contourner le palais de verre de Manhattan plutôt que d'y subir une nouvelle humiliation.»

Le Point (France), 21 mars 2003, p. 28.

Bernard Duraud, «Le pouvoir de l'or noir»

«...Parmi les principales raisons du déclenchement de la guerre figure la place géostratégique de l'Irak dans le golfe Persique, qui réunit les deux tiers des réserves connues de pétrole. L'administration Bush a avancé masquée sur ces motifs, pratiquant largement le non-dit et s'indignant que l'on puisse évoquer la question pétrolière comme motivation de son entreprise guerrière. Mais il s'agit bien pour elle d'étendre un peu plus le Golfe dans l'orbite géopolitique des États-Unis - ce qu'ils ont fait pendant un demi-siècle - et de conserver un rôle prépondérant sur le marché pétrolier. Cela est essentiel dans la stratégie des États-Unis, d'autant plus qu'ils ont perdu dans la région deux pions (l'Irak et l'Iran) et qu'ils sont en crise avec un troisième, largement compromis avec le terrorisme international : l'Arabie saoudite. Avec 112 milliards de barils de pétrole par an, l'Irak possède la deuxième réserve au monde, après l'Arabie saoudite (261 milliards de barils), et représente le neuvième des réserves mondiales.»

L'Humanité (France), 20 mars 2003, p. 15.

S.A., «Et après ?»

«...Rien n'indique que le mécanisme d'inspection onusien, doublé d'une pression militaire, n'aurait pas fini par désarmer Saddam Hussein. Les Etats-Unis ont choisi, unilatéralement, d'abandonner cette voie. Rien ne les autorise à la court-circuiter à nouveau lorsque le temps sera venu de reconstruire l'Irak. Il faudra repasser par les Nations unies. Le président Bush a laissé entendre au début de la semaine qu'il en était conscient et qu'il y était disposé. La France n'a cessé de dire qu'elle serait alors prête à jouer son rôle dans les missions diverses de l'après-guerre. Elles s'annoncent périlleuses, de la possibilité d'une guerre civile entre Irakiens à celle d'un conflit entre Kurdes au Nord et forces turques si elles franchissent la frontière, sans oublier une situation humanitaire qui pourrait prendre l'allure d'un cauchemar. Si la guerre réserve toujours des surprises - en général mauvaises -, l'après-guerre en Irak s'annonce comme un terrain miné.»

Le Monde (France), 21 mars 2003, p. 15.

Sami Aoun, «Irak : la guerre»

«...il semble que les États-Unis, peu importe l'issue de leur intervention en Irak, feront face à deux défis de taille. Le premier sera celui de mettre en place un nouveau régime là où la démocratie n'est pas une tradition et de voir si ce régime démocratique est viable au-delà du mandat du président Bush. Le deuxième défi pour les États-Unis sera d'assurer le rôle d'acteur régional alors qu'ils feront inévitablement face à des mouvements anti-américains. La culture politique arabo-musulmane est réputée pour ses traditions de résistance à la domination. L'apaisement de la poudrière moyen-orientale dépend largement de la réussite américaine à imposer un régime capable de refléter les réalités irakiennes et à s'engager activement dans la résolution du conflit israélo-palestinien. Un obstacle majeur demeure cette «alliance» fortement dénoncée par les milieux arabes et musulmans entre le fondamentalisme de la droite américaine et les stratèges israéliens. En attendant, les régimes voisins de Bagdad ont déjà commencé le rude exercice de s'adapter aux nouvelles réalités de l'après-Saddam Hussein.»

La Presse (Québec, Canada), 21 mars 2003, p. A16.

Éditorial

«...This is a war that did not have to be. From capital to capital across the continents, the consensus that Hussein is a menace that must be disarmed if not deposed is broad and deep. More than a decade of diplomacy by leaders of virtually every ideological and political stripe -and, in this country, by leaders from both major political parties- could not make that happen. There is no fundamental, black-versus-white argument here about whether Saddam is civilization's enemy or its hapless, persecuted victim. The mainstream debate has been much narrower : Should still more diplomacy attempt to disarm him ? Or should he be ousted by force ? Twelve futile years of answering yes to the former question -a sweep of cruelty during which Iraqis have been slaughtered by their tyrant- has, as in 1991, finally provoked a yes to the latter.»

Chicago Tribune (États-Unis), 20 mars 2003.

Gouvernance et gouvernement [ 19 mars 2003 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Irak
FaibleSaddam Hussein at-TikritiSaddam Hussein at-Tikriti

États-Unis
ÉlevéGeorge W. Bush

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IITony Blair

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1998 - 2016



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2003
Début d'une offensive militaire d'envergure en Irak

janvier
2005
Tenue d'élections législatives en Irak

janvier
2005
[Résultats] Élections législatives

décembre
2005
[Résultats] Élections législatives

décembre
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Exécution de l'ex-président irakien Saddam Hussein

mars
2010
[Résultats] Élections législatives

avril
2014
[Résultats] Élections législatives

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Proclamation d'un califat par l'État islamique en Irak et au Levant

juillet
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Attentats terroristes à Bagdad, en Irak


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