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26 décembre 2004

Élection de Viktor Yushchenko à la présidence de l'Ukraine

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Viktor Yushchenko

Viktor Yushchenko remporte l'élection présidentielle en Ukraine en défaisant le premier ministre sortant Viktor Yanukovich. Ce triomphe survient après une crise politique de plusieurs semaines, la révolution orange, qui a amené le pays au bord d'une guerre civile.

Lors du premier tour de l'élection présidentielle, le 31 octobre, le premier ministre Viktor Yanukovitch et l'ex-premier ministre Viktor Yushchenko se démarquent avec environ 39 % des votes chacun. Une campagne marquée d'irrégularités précède le second tour qu'aurait remporté Yanukovitch avec 49,5 % des votes, le 21 novembre. Mais les partisans de Yushchenko qualifient ces résultats de fraude et descendent massivement dans les rues de Kiev pour protester. Cette « révolution orange » a une dimension internationale puisque Yanukovitch est perçu comme plus près de la Russie, alors que Yushchenko souhaite un rapprochement avec l'Ouest. Les parlementaires déclarent le vote invalide et la Cour suprême ordonne une reprise de l'élection. Le climat se calme, mais les tensions persistent, Yushchenko accusant même ses adversaires de l'avoir empoisonné. Le 26 décembre, ce dernier remporte la victoire avec plus de 50 % des voix. Lors de son assermentation, le 23 janvier, le nouveau président exprime devant une brochette de dignitaires étrangers le souhait que son pays entre éventuellement dans l'Union européenne.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Patrick de Saint-Exupéry, «Iouchtchenko doit faire accepter sa victoire»

«...Sur la route de sa nouvelle Ukraine, Viktor Iouchtchenko rencontrera de nombreuses difficultés. Dont la première n'est pas la moindre : il va lui falloir faire accepter sa victoire. Le score est certes sans appel, puisque, sur un dépouillement officiel de 99 % des bulletins, il emporte 52,44 % des voix contre 43,77 % à son adversaire. Mais, derrière les chiffres, se masque une réalité : la carte électorale est littéralement scindée en deux, l'Est prorusse ayant massivement voté en dépit de tous les efforts pour son rival Viktor Ianoukovitch, toujours considéré par une partie importante du pays comme le garant des droits d'une population se sentant exclue de la révolution orange. Et, justement, celui-ci a prévenu : il ne fera aucun cadeau. Après avoir refusé de reconnaître sa défaite, Viktor Ianoukovitch -adoubé comme chef de l'Etat par Moscou voici un mois- a affirmé qu'il entrerait dans «une opposition très dure». Il en a les moyens. Et ils risquent d'être nombreux à tenter de s'appuyer sur lui pour négocier leur avenir au sein du pouvoir en voie de constitution.»

Le Figaro (France), 28 décembre 2004, p. 6.

Pol Mathil, «S'émanciper de Moscou sans rompre le lien »

«...Qui a perdu l'Ukraine ? demandent les Russes, comme l'ont fait jadis les Américains à propos de la Chine. Réponse : Vladimir Poutine. Celui-ci devra maintenant féliciter Iouchtchenko après avoir prématurément félicité son rival. Et, surtout, il devra accepter quatre vérités. Celle d'abord que ses ingérences dans les affaires de ses voisins sont parfaitement contre-productives. Ensuite, que l'Ukraine est devenue adulte. Celle aussi que la vague orange a tracé les limites de l'influence russe sur les processus politiques des pays de l'ancien glacis soviétique. Et surtout, que l'autocratie ne constitue pas l'unique façon de gérer les pays post-soviétiques, Russie incluse... Mais, ce moment pénible passé, le pragmatisme va reprendre le dessus. Poutine cherchera un terrain d'entente avec le nouveau président ukrainien et, s'il le veut vraiment, il le trouvera. Si pro-occidentales que soient les déclarations -pour la pratique, on verra plus tard - du président ukrainien, celui-ci sait qu'il devra mener une politique étrangère savamment équilibrée.»

Le Soir (Belgique), 28 décembre 2004.

Serge Truffaut, «Émancipation ukrainienne»

«...Cela étant, le futur président va être confronté à des défis énormes. Sur le plan intérieur, Iouchtchenko va devoir séduire le million de russophones qui ont affiché leur inclination pour la sécession. Il devra également mettre un terme au régime de corruption que les oligarques locaux ont implanté pour s'emparer des richesses du pays. Il devra enfin, voire surtout, faire preuve d'une grande subtilité pour amadouer un voisin russe qui ne cache pas son dépit de voir une Ukraine souhaitant, à terme, s'attacher à l'Union européenne. Cette dimension du dossier annonce d'ailleurs bien plus que des aigreurs passagères. À preuve, le feuilleton propre à cette élection s'est émaillé de plusieurs passes d'armes entre Vladimir Poutine et le président George Bush, entre Poutine et les diplomates de l'Union européenne, entre Poutine et les dirigeants polonais. Entre Washington et Moscou, l'Ukraine est devenue un sujet de friction si prononcé que plus d'un analyste estime que le partenariat stratégique entre les deux pays est pratiquement mort.»

Le Devoir (Québec, Canada), 28 décembre 2004, p. A6.

Éditorial

«...Putin erred by strongly backing the more stridently pro-Moscow but discredited Viktor Yanukovitch for Ukraine's president. The Russian leader violated diplomatic norms by openly stumping for and prematurely congratulating the disputed winner. It's easy to understand why Putin made this mistake. He's dismayed at Western encroachment on Russia's borders and is trying to restore, however he can, Russian greatness. The former Soviet Baltic states now belong to the European Union. After 9/11, the US opened bases in Muslim Central Asia on Russia's southern flank. Last year's «rose revolution» in Georgia, knocked that country further from Moscow's orbit. Ukraine, the literal birthplace of Slavic Russia and a large and strategic buffer to the West, can't be also set adrift, so Putin thinks. But his line-in-the-sand approach is cold-war thinking (and not a little false pride). A democratic Ukraine could help turn around that outmoded way of thinking, but so, too, can Europe and the US. They must refrain from win-lose rhetoric and treat Russia's security concerns seriously. If Brussels and Washington act as if the cold-war competition is over, Moscow might get the idea, too.»

The Christian Science Monitor (États-Unis), 6 décembre 2004.

Gouvernance et gouvernement [ 26 décembre 2004 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Ukraine
IntermédiaireLeonid KoutchmaViktor Yanukovych

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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[Résultats] Élections législatives

octobre
2004
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
2004
Élection de Viktor Yushchenko à la présidence de l'Ukraine

mars
2006
[Résultats] Élections législatives

septembre
2007
[Résultats] Élections législatives

janvier
2010
[Résultats] Élection présidentielle

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octobre
2012
[Résultats] Élections législatives

février
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2014
[Résultats] Élection présidentielle


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