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5 mai 2005

Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Tony Blair

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Tony Blair

Les travaillistes, dirigés par Tony Blair, remportent les élections législatives avec 35,2% des voix. Ils font élire 356 députés à la Chambre des communes contre 198 pour leurs plus proches rivaux, les conservateurs de Michael Howard.

Il s'agit d'une troisième victoire pour Blair qui devient le premier travailliste à obtenir trois mandats consécutifs. Une bonne situation domestique, notamment sur le plan économique, joue en faveur du gouvernement sortant. La décision des travaillistes de participer à la guerre en Irak, aux côtés des États-Unis, fait cependant fondre leur majorité à 66 sièges, un recul important par rapport aux élections précédentes (1997, 2001). Les conservateurs, également favorables à la guerre, progressent légèrement avec 32,3% des votes et 198 sièges, mais ce sont surtout les libéraux-démocrates de Charles Kennedy qui profitent de la situation, faisant élire 62 députés à la Chambre des communes. Le chef conservateur Michael Howard prendra acte des résultats et quittera ses fonctions. Même le vainqueur, Tony Blair, sort écorché du scrutin. La baisse de popularité du premier ministre incite d'ailleurs plusieurs observateurs à croire qu'il sera remplacé en cours de mandat, possiblement par le chancelier de l'Échiquier, Gordon Brown, qui occupe ce poste depuis 1997.

Pour en savoir plus: Premier discours du premier ministre travailliste réélu au Royaume-Uni

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Jean-Pierre Langellier, « La victoire historique de Tony Blair est ternie par la crise irakienne »

«...Les libéraux-démocrates sont les gagnants du scrutin. Ils espèrent remporter quelque 60 sièges, ce qui serait leur meilleur score depuis 1929. Ce succès pourrait marquer une étape nouvelle vers la consolidation, à terme, d'un tripartisme parlementaire. Sans être devenu l'égal des deux grandes formations, le parti de Charles Kennedy peut prétendre mieux se faire entendre et respecter. Le décalage entre le bon score en voix des « lib-dem » et leur récolte en sièges, qui progresse plus modestement, attire l'attention sur le caractère inique, mais efficace, du mode de scrutin uninominal à un tour et du découpage électoral, qui favorisent les deux grands partis. Le soutien d'un peu plus d'un tiers des suffrages exprimés suffit au Labour pour gouverner seul. Près d'un quart des voix donne aux « lib-dem » cinq fois moins de députés. C'est pour cela que ceux-ci réclament de longue date l'instauration d'une forme de représentation proportionnelle. »

Le Monde (France), 7 mai 2005, p. 2.

Serge Enderlin, « Tony Blair, la victoire en déchantant »

«...Que va-t-il se passer maintenant pour Tony Blair? Une chose paraît certaine: il ne terminera pas ce troisième mandat. L'hypothèse de son remplacement par Gordon Brown, actuel chancelier de l'Echiquier, et l'un des auteurs de la «refondation» de la gauche travailliste il y a une décennie, a pris corps ces dernières semaines, avant de s'imposer ces derniers jours. Le résultat très moyen du Labour ne fait que la renforcer. Tony Blair devrait s'en aller dans deux ans au plus tard. Mais il pourrait aussi prendre prétexte du référendum sur la Constitution européenne, promis à l'automne 2006, pour tirer sa révérence. Un référendum qui s'annonce difficile: les consultations populaires sur des questions européennes restent perçues en Grande-Bretagne comme des suicides politiques potentiels pour les premiers ministres. Blair en sait quelque chose, qui promet... depuis huit ans la tenue d'un référendum sur l'adoption de l'euro. »

Le Temps (Suisse), 7 mai 2005.

Isabelle Hachey, « Réélection de Blair »

«...C'est le paradoxe de ce scrutin: jamais un leader travailliste n'avait encore réussi à se faire élire trois fois de suite dans l'histoire de la Grande-Bretagne. Et pourtant, le vote d'hier ressemble à s'y méprendre à une sanction contre M. Blair et son obstination à entraîner le pays dans une guerre dont la plupart ne voulaient pas. Le verdict est sévère. Pour la première fois, les travaillistes ont remporté la victoire malgré lui, et non grâce à lui. Pour la première fois, le grand architecte de la réhabilitation du Labour semble avoir perdu sa touche magique. (...) Malgré les efforts de M. Blair pour balayer l'enjeu sous le tapis, les élections de 2005 passeront à l'histoire comme le scrutin de l'Irak. En accordant leur vote en masse aux libéraux démocrates (souvent au profit des tories), les Britanniques ont durement rappelé à M. Blair qu'ils l'avaient élu pour améliorer les services publics, pas pour jouer au cow-boy avec le président George W. Bush. M. Blair a compris le message. Hier, il a promis qu'il se concentrerait dorénavant « sans relâche » sur les priorités des électeurs, comme l'immigration, la discipline dans les écoles et l'ordre dans les rues. « J'ai écouté et j'ai appris », a-t-il assuré. »

La Presse (Québec, Canada), 7 mai 2005, p. A22.

Éditorial

«...Blair's great accomplishment as a politician has been to move his party out of the old socialist, redistributionist governement-should-solve-all-problems mold. Between the old Labor and the old Conservative image, he found a third way, New Labor, and its policies have worked. It is similar to former President Bill Clinton's attempt to move the Democrats more toward the center, especially on economics issues. Some of Blair's critics on the left chastised him for picking up where Tory leader Margaret Thatcher had left off. There is some truth in that. But the combination of Thatcher's and Blair's policies have improved the standard of living for many - certainly enough to keep Blair in power despite the general revulsion at his image as Bush's poodle, as some critics put it. »

Newsday (États-Unis), 7 mai 2005.

Gouvernance et gouvernement [ 5 mai 2005 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IITony Blair

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2000 - 2016



juin
2001
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Tony Blair

juin
2001
[Résultats] Élections législatives

mai
2005
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Tony Blair

mai
2005
[Résultats] Élections législatives

mai
2007
Formation d'un gouvernement dirigé par Ian Paisley en Irlande du Nord

juin
2007
Assermentation de Gordon Brown au poste de premier ministre du Royaume-Uni

avril
2009
Tenue du Sommet du G20 à Londres

mai
2010
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement dirigé par le conservateur David Cameron

mai
2010
[Résultats] Élections législatives

juillet
2012
Ouverture des Jeux olympiques de Londres

septembre
2014
Tenue d'un référendum sur l'indépendance de l'Écosse

mai
2015
Réélection du gouvernement conservateur de David Cameron au Royaume-Uni

mai
2015
[Résultats] Élections législatives

juin
2016
Tenue d'un référendum au Royaume-Uni sur la sortie de l'Union européenne


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