Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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10 juin 2004

Tenue d'élections au Parlement européen

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Parlement de Strasbourg

Il s'agit des premières élections au Parlement européen depuis que l'Union européenne (UE) est formée de 25 pays. Le scrutin, qui se déroule entre le 10 et le 13 juin 2004, est marqué par un taux d'abstention record et un faible soutien aux partis qui forment les gouvernements dans les différents pays de l'UE.

En tout, environ 14 000 candidats, un sommet, se disputent les 732 sièges en jeu. Les nouveaux membres de l'UE manifestent peu d'intérêt pour ce vote. Seulement 26,9% de leur électorat y participe, ce qui explique en partie le faible taux de participation (45,7%) observé pour l'ensemble des pays (35,2 millions d'électeurs). Les formations qui arrivent en tête sont le Parti populaire européen - centre droite - et le Parti socialiste européen qui font élire respectivement 279 et 199 candidats. Viennent ensuite les Libéraux (67 sièges), les Verts (41 sièges) et la Gauche unitaire européenne (39 sièges). Le scrutin révèle un certain désaveu de l'électorat à l'endroit des partis qui occupent le pouvoir dans leur pays. C'est le cas par exemple pour les travaillistes au Royaume-Uni, les sociaux-démocrates en Allemagne, la Forza Italia en Italie et l'Union pour un mouvement populaire (UMP) en France. Le 18 juin, l'UE adoptera une nouvelle Constitution qui est en chantier depuis deux ans. Les pays signataires auront jusqu'en 2006 pour la faire approuver par leurs législatures.

Dans les médias...


Martine Dubuisson, « Lointaine planète Europe... »

«...Ce devait être une élection historique. Quinze ans après la chute du Mur de Berlin, 342 millions d'électeurs de l'Europe unifiée devaient élire, pour la première fois de l'Histoire, un Parlement commun à 25 pays européens. La seule institution démocratiquement élue de l'Union. La deuxième plus grande assemblée démocratique du monde, après l'Inde. Mais il est de ces rendez-vous avec l'Histoire que l'Homme ose rater. Comme autant d'actes manqués Tant pis pour la symbolique que les hommes politiques avaient privilégiée, en décidant d'un élargissement « big bang » de l'Union en 2004. Car le plus grand parti européen de ce 13 juin 2004 est sans conteste celui des abstentionnistes. Du désintérêt. Même dans ces dix nouveaux membres du club, guère excités (à l'exception de Chypre et Malte) par ce tout nouvel exercice pratique de citoyenneté européenne : 28,7 % de participation en moyenne les ex-Quinze ne pouvant triompher avec seulement 47,7 %. Les « anciens », voire les pères fondateurs, n'ont d'ailleurs pas de leçon à donner aux « nouveaux ». »

Le Soir (Belgique), 14 juin 2004.

Françoise Escarpit, « Une abstention largement annoncée »

«...Depuis vingt-cinq ans, les élections européennes n'ont pas vraiment fait recette, avec un taux moyen d'abstention de 46 %. Pourtant, l'Europe est davantage présente dans la vie quotidienne des Français. Leurs déplacements sont plus faciles dans l'espace Schengen et l'euro, même responsable de hausses des prix, semble être entré durablement dans leur vie. Pourtant, l'apparente absence d'enjeu du pouvoir européen devient complexe pour l'électeur qui ne sait pas dans quelle mesure il peut infléchir les actuelles politiques libérales de Bruxelles et le contenu de la future constitution, qui ne voit pas comment dépasser un cadre national pour s'interroger sur les défis européens en matière d'énergie ou d'éducation. Et puis il y a eu la campagne fantôme, la volonté du gouvernement, relayée par la majorité des médias, d'ignorer l'échéance électorale, de maintenir, à la marge des décisions, les Français. Quand l'État et ses médias le veulent, ils savent donner sa place à un événement politique. Quand il a été décidé que les Français ne devaient pas voter, il n'y a pas de débat, pas d'information, et une volonté d'éliminer toute diversité pour favoriser une bipolarisation gauche-droite, UMP-PS. Et un leitmotiv, répété à l'envi, « les européennes seront marquées par l'abstention ». Elles l'ont, logiquement, été. »

L'Humanité (France), 14 juin 2004, p. 3.

Jacques Julliard, « Paradoxes européens »

«...Quand, à l'échelle d'un continent qui a inventé la démocratie, on voit le nombre des abstentionnistes dépasser celui des votants, alors une conclusion s'impose : les démocraties modernes sont en voie de régression vers le régime politique de la Révolution commerçante, imaginé par Sieyes et fondé sur la distinction entre citoyens actifs et citoyens passifs. La distinction qui s'est progressivement introduite dans la société entre citoyens de plein exercice et personnes assistées, qui n'aspirent qu'au maintien des secours qui leurs sont fournis, trouve son répondant dans la société politique : les premiers exercent leur souveraineté ; les seconds ont tendance à y renoncer. On dira que le désintérêt des électeurs vient de l'absence d'enjeux clairs et excitants. Sans doute. Mais faut-il se résigner, à la manière des politologues d'aujourd'hui, à voir dans l'électeur un individu capricieux, aboulique, incapable de réagir en l'absence de stimuli extérieurs ? S'il en est ainsi, la démocratie appartient déjà au passé de l'espèce. Nous irions vers des régimes mixtes où la domination des nouvelles élites ne serait tempérée que par les caprices de l'opinion. »

Le Nouvel Observateur (France), 17 au 23 juin 2004, p. 23.

Gouvernance et gouvernement [ 10 juin 2004 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Allemagne
ÉlevéJohannes RauGerhard Schröder

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IITony Blair

Italie
ÉlevéCarlo Azeglio CiampiSilvio Berlusconi

France
ÉlevéJacques ChiracJean-Pierre Raffarin

Espagne
ÉlevéJuan Carlos I de BourbónJosé Luis Rodríguez Zapatero

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1999 - 2016



juin
1999
Tenue d'élections au Parlement européen

septembre
2002
Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Gerhard Schröder

septembre
2002
[Résultats] Élections législatives

juin
2004
Tenue d'élections au Parlement européen

septembre
2005
Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Angela Merkel

septembre
2005
[Résultats] Élections législatives

juin
2007
Ouverture du Sommet du G8 à Heiligendamm, en Allemagne

septembre
2009
Réélection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Angela Merkel

septembre
2009
[Résultats] Élections législatives

septembre
2013
Réélection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Angela Merkel

septembre
2013
[Résultats] Élections législatives

septembre
2015
Adoption d'un plan par l'Union européenne afin de répartir 120 000 demandeurs d'asile


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