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9 janvier 2005

Élection de Mahmoud Abbas à la présidence de l'Autorité palestinienne

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Mahmoud Abbas

Mahmoud Abbas remporte l'élection à la présidence de l'Autorité palestinienne avec 62,3% des votes. Il devance largement son principal opposant, le physicien Moustapha Barghouti, qui obtient l'appui de 19,8% des électeurs.

Le tenue de cette élection fait suite au décès du premier président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, en novembre 2004. Impliqué de longue date dans la lutte des Palestiniens pour leur indépendance politique, Mahmoud Abbas, aussi connu sous le nom de Abu Mazen, s'impose rapidement comme le candidat le plus sérieux. Cet ex-premier ministre de l'Autorité palestinienne et successeur d'Arafat à la tête de l'Organisation de la libération de la Palestine (OLP), dénonce l'usage de la violence et se dit favorable à l'application de la « feuille de route » afin de dénouer l'impasse qui subsiste dans les territoires occupés. Moins de 50% des Palestiniens éligibles participent au vote dont le déroulement est suivi par des observateurs internationaux. La victoire de Abbas est saluée par plusieurs comme un espoir pour la paix dans la région. Le nouveau président reçoit les félicitations du premier ministre israélien Ariel Sharon, alors que le président américain George W. Bush, qui refusait de s'entretenir avec Arafat, voit dans cette élection une ouverture de la part des Palestiniens.

Dans les médias...


Luc de Barochez, « Une occasion unique pour relancer le processus de paix »

«...Le Proche-Orient est entré dans une ère d'espoir. Les Palestiniens ont depuis hier un président élu qu'Israël et les États-Unis se sont engagés à reconnaître, contrairement à son prédécesseur Yasser Arafat, comme un interlocuteur valable. L'État hébreu dispose depuis jeudi dernier d'une coalition gouvernementale stable, formée par le Likoud d'Ariel Sharon, les travaillistes de Shimon Pérès et un petit parti ultra-orthodoxe. Les États-Unis, partenaire clé, viennent de redonner un mandat de 4 ans à George W. Bush. Le président américain, qui n'a plus à se soucier de réélection, a les mains libres pour s'impliquer au Proche-Orient. Après quatre années d'un cycle infernal d'intifada et de répression, la nouvelle configuration politique ouvre la voie à une relance des efforts diplomatiques. Le nouveau trio américano-israélo-palestinien peut-il réussir, là où celui formé par Bill Clinton, Ehud Barak et Yasser Arafat avait échoué en l'an 2000 ? Les faits incitent à la plus grande prudence. L'onction démocratique reçue par le successeur d'Arafat a pourtant déclenché dès hier une vague de déclarations optimistes. »

Le Figaro (France), 10 janvier 2005, p. 3.

Pierre Barbancey, « Israël sait avec qui parler »

«...Sur le plan intérieur, Mahmoud Abbas va se lancer dans une tentative d'unification du mouvement palestinien pour obtenir des garanties politiques des branches armées, tout en restructurant ses services de sécurité. Le Hamas a déclaré qu'il pourrait collaborer avec Abbas mais s'est interrogé sur sa légitimité dans les urnes. « Nous respectons le choix du peuple palestinien mais, pour Abou Mazen, avoir obtenu 70 % des voix des électeurs inscrits signifie qu'il a eu le soutien de quelque 35 % des Palestiniens. C'est très faible », a estimé le cheikh Hassan Youssef, dirigeant du Hamas en Cisjordanie. Le Hamas, qui avait boycotté ces élections, sait que sa position a été mal perçue par la population. Selon un sondage d'opinions, sa cote de popularité est récemment passée de 27 % à 18 %. Autre indicateur non négligeable : lors des élections universitaires à l'université de Gaza, les listes soutenues par le Hamas, largement majoritaire depuis dix ans, ont été battues par les candidats affiliés au Fatah. Le désormais raïs ne pourra pas non plus faire l'impasse sur le nécessaire redressement économique et la lutte contre la pauvreté et la corruption. D'ici les élections législatives, convoquées pour le 17 juillet, bien des choses peuvent encore se passer. »

L'Humanité (France), 11 janvier 2005, p. 9.

Jean-Marc Salvet, « Le plus dur est à venir »

«...S'ils sont sincères, tous les gouvernements qui ont salué la victoire de Mahmoud Abbas depuis dimanche doivent maintenant l'aider à réussir le plus difficile : son rendez-vous avec l'histoire. (...) Les premières réactions à l'élection du successeur de Yasser Arafat sont encourageantes. C'est notamment le cas des déclarations émises par les gouvernements anglais, français et américain. Celles en provenance de Washington sont à retenir, car c'est là que se trouve l'une des clés pouvant conduire à un règlement politique du conflit. L'administration de George W. Bush a fait savoir qu'il est « temps d'avancer avec la Feuille de route », un plan de paix prévoyant la création d'un État palestinien, mais resté lettre morte jusqu'ici. Cette nouvelle volonté affichée par Washington est en soi un élément tout aussi important que l'élection d'Abbas - pour autant, bien sûr, que l'administration américaine y donne suite. Depuis 2003, il n'y avait guère malheureusement que les capitales européennes qui soutenaient ouvertement ce plan de paix, également appuyé par Mahmoud Abbas. »

Le Soleil (Québec, Canada), 11 janvier 2005, p. A12.

Éditorial

«...After years of suffering through the corrupt and inept rule of Arafat, the world has a right to hope - and believe - that Abbas represents new thinking on the Palestinians part. Now he has to prove it. In the euphoria of the moment, everything seems possible. But this is the Middle East, and that won't last. Even with a mandate, Abbas lacks Arafat's overpowering cult of personality. Bluntly put : Abbas has the votes, but he doesn't have all the guns. Militant groups that stayed on the sidelines in elections remain committed to terrorism against Israel. They won't quietly stand down and disarm. Now Abbas must make his intent absolutely clear to the terrorists. (...) Few events could transform the Middle East as dramatically as an Israeli-Palestinian peace accord. But as history has shown, optimism is exceedingly fragile, and progress often illusory. The world will soon get a chance to see if Abbas is merely a pale copy of Arafat, or a visionary capable of delivering a homeland to his people. The beginning, at least, is promising. »

Chicago Tribune (États-Unis), 12 janvier 2005.

Gouvernance et gouvernement [ 9 janvier 2005 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

null
Non disponible

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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2004
Décès de Yasser Arafat

janvier
2005
Élection de Mahmoud Abbas à la présidence de l'Autorité palestinienne


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Proche-Orient : des négociations de paix encombrées d'obstacles

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Union nationale en Palestine : Un gouvernement bien fragile


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