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15 juin 1989

Tenue d'élections au Parlement européen

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Parlement de Strasbourg

Les élections au Parlement européen sont marquées par un faible taux de participation et un léger déplacement des votes vers la gauche qui profite au Parti socialiste et aux Verts.

L'intérêt pour ce scrutin reste plutôt faible, seulement 59% des 242 millions d'électeurs éligibles se présentant aux urnes. Dans des pays comme la France (49%) et le Royaume-Uni (36%), le taux de participation n'atteint même pas la barre des 50%. Sur les 518 sièges à l'enjeu, une faible majorité sont détenus par les partis de gauche qui font meilleure figure qu'en 1984. C'est le cas des socialistes, qui récoltent 180 sièges, et surtout des Verts, qui se distinguent avec 39 sièges. Parmi les formations de droite et de centre-droite, ce sont les Démocrates chrétiens (DC) et les libéraux qui arrivent en tête. Mais de façon générale, les élections sont caractérisées par un léger déplacement des votes vers la gauche. Le scrutin permet également d'exprimer un certain mécontentement à l'endroit des partis qui forment le gouvernement dans les différents pays. On peut observer cette tendance au Royaume-Uni et en France où les conservateurs et les socialistes, qui occupent le pouvoir, obtiennent des résultats très décevants.

Dans les médias...


Mithridate Dupont, « La campagne européenne : consensus sur un transfert de souveraineté ? »

«...L'absence d'enjeu pressant, même si la fin du scrutin ouvre une nouvelle période de recomposition de la droite, explique donc pour une part la placidité des débats. Le besoin persistant de consensus est le second facteur de cette modération. L'opinion maintient sa faveur à la dédramatisation politique avec une constance et presque un acharnement qui déjouent tous les pronostics et lassent même les gens les mieux disposés à l'irénisme... (...) Il est possible d'en décanter certains ingrédients internes (habileté du président et du gouvernement, division de leurs adversaires) et externes (embellie économique, climat général de paix, et en même temps perception de menaces nouvelles, rétrécissement de l'image de la France), mais plus difficile de mesurer la profondeur de l'aspiration qui s'en nourrit et qui ressemble à un retour du refoulé de la paix civile. En pointe dans ce mouvement qui la distingue de la Grande-Bretagne et de la République fédérale d'Allemagne, la France n'est pourtant pas isolée : l'Espagne et l'Italie vivent à un moindre degré des ambiances comparables. Par un renversement de l'histoire, l'Europe latine est plus pacifiée que celle du Nord. »

Esprit (France), juillet-août 1989, p. 124.

André Pautard, « La rose et l'arlequin »

«...les 518 députés du nouveau Parlement de Strasbourg s'apprêtent à former, demain, par le jeu des alliances et des combinaisons, les groupes parlementaires définitifs. Il y a peu de surprises à attendre. Sans doute quelques élus actuellement étiquetés, faute de précision de leur part, parmi les « divers » choisiront-ils des rangs mieux définis. En tout cas, engagés par leur alliance, les gaullistes iront rejoindre le camp des libéraux. Mais la force que représenteront ces mêmes libéraux avec leurs voisins démocrates chrétiens et conservateurs ne réussira pas à contrebalancer celle des partis de gauche. S'ils additionnent leurs effectifs pour choisir, par exemple, le président. Dès lors, ce sont les écologistes, venus en nombre dans l'institution, qui s'annoncent comme les arbitres du jeu. Aussi significative que l'empreinte rose des socialistes, celle des Verts marque, dès à présent, le manteau d'arlequin dont se pare l'Europe. »

L'Express (France), 30 juin 1989, p. 11.

Paul-André Comeau, « Les élections européennes »

«...Face à l'Europe qui se prépare à franchir une étape fondamentale avec la mise en place du Marché unique, fin 1992, trois points d'interrogation retiennent l'attention. Il s'agit tout d'abord du poids que les Britanniques accorderont à la conception très limitative de la construction européenne préconisée par Madame Thatcher. Encore ici, on devra pondérer toute réponse catégorique par un coefficient de politique nationale : les électeurs de ce pays peuvent fort bien, eux aussi, se servir de ce scrutin pour lancer un signal d'avertissement à la Dame de fer. Les progrès vraisemblables des Verts dans presque tous les pays de la Communauté devraient favoriser l'adoption de nouvelles directives européennes - l'équivalent des lois nationales - pour traduire les préoccupations des Européens en matière d'écologie. Enfin, le score enregistré par les petits partis d'extrême-droite sera lui aussi scruté à la loupe et pourrait donner lieu à des coups de barre importants. Entre destin national et construction européenne, 241 millions d'électeurs demeurent encore partagés. »

Le Devoir (Québec, Canada), 17 juin 1989, p. A10.

Gouvernance et gouvernement [ 15 juin 1989 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Italie
ÉlevéFrancesco Maurizio CossigaCiriaco De Mita

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIMargaret Thatcher

Irlande
ÉlevéPatrick HilleryCharles James Haughey

Danemark
ÉlevéMargrethe IIPoul Holmskov Schlüter

Pays-Bas
ÉlevéBeatrix Wilhelmina ArmgardRuud Lubbers

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1984 - 1994



février
1986
Ouverture du Maxi-procès contre la mafia italienne

juin
1987
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Giovanni Goria

juillet
1987
[Résultats] Élections législatives

juin
1989
Tenue d'élections au Parlement européen

avril
1992
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Giuliano Amato

avril
1992
[Résultats] Élections législatives

janvier
1994
Dissolution du parti de la Démocratie chrétienne en Italie

mars
1994
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Silvio Berlusconi

mars
1994
[Résultats] Élections législatives


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