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23 janvier 2006

Élection au Canada du Parti conservateur de Stephen Harper

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Stephen Harper

Le Parti conservateur canadien (PCC) de Stephen Harper remporte les élections législatives avec 123 sièges et 36,4 % des voix. Il devance le Parti libéral (PLC) de Paul Martin, qui obtient 102 sièges et 31 % des voix.

Cette victoire met fin à 12 années de règne ininterrompu du Parti libéral du Canada (PLC). C'est la première fois que le PCC, né en 2003 d'une fusion entre le Parti progressiste-conservateur et l'Alliance canadienne, prend le pouvoir. Comme c'était le cas précédemment pour le PLC, le PCC est minoritaire à la Chambre des communes. Les libéraux formeront l'opposition officielle, mais la survie du gouvernement Harper reposera aussi sur les épaules du Bloc québécois (BQ) et du Nouveau Parti démocratique (NPD) qui ont fait élire respectivement 50 et 31 députés. L'annonce de la défaite libérale est suivie par celle du départ de la vie politique de leur chef, Paul Martin. Celui-ci a dirigé le gouvernement entre 2003 et 2006. Le nouveau premier ministre, Stephen Harper, dévoile la composition de son cabinet le 6 février. Même si son gouvernement est minoritaire, il promet au cours de son mandat de réduire la Taxe sur les produits et les services, de passer une loi sur l'imputabilité et de régler la question du déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces.

Pour en savoir plus: Discours du nouveau premier ministre canadien sur le fédéralisme d'ouverture

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Pierre-Paul Noreau, « En probation »

«...Stephen Harper a en effet compris que sa formation politique devait recentrer son message pour espérer obtenir le soutien d'une majorité d'électeurs. Aussi, a-t-il mis de côté les positions qui rendaient les siens vulnérables sur des dossiers délicats comme l'avortement ou le mariage gai pour plutôt s'en remettre à un vote libre de l'ensemble des députés. Il a en contrepartie résolument mis l'accent sur les préoccupations quotidiennes de nombreux citoyens et présenté des politiques susceptibles de s'attaquer à des problèmes comme le haut niveau de taxation, l'inquiétude suscitée par les crimes violents dans les grandes villes et l'amélioration de l'accès aux soins de santé. Les Canadiens ont manifestement apprécié, surtout dans un contexte où le discours libéral n'avait rien de bien convaincant, ni de bien accrocheur. Même si le chef conservateur est demeuré à court d'une majorité aux Communes, les siens lui doivent une fière chandelle. S'il est aujourd'hui mis à l'essai à la tête d'un gouvernement minoritaire, c'est qu'il a complètement déclassé son rival Paul Martin. »

Le Soleil (Québec, Canada), 24 janvier 2006, p. A19.

Vincent Marissal, « Le début d'un temps nouveau ? »

«...le début d'un temps nouveau? Ou la suite du chaos aux Communes? Tout dépend de Stephen Harper, du Bloc québécois et du Québec. Cela dépend d'abord du nouveau premier ministre, dont le vrai test commence ce matin. Et pas dans les meilleures conditions, loin s'en faut. Les Ontariens, de toute évidence, ont du mal à se sevrer des libéraux, qui ont encore la majorité des sièges dans la plus puissante province. La victoire d'hier démontre certes les qualités de stratège de Stephen Harper, qui a réussi à ranimer un parti moribond à l'est du Manitoba. Il devra maintenant démontrer qu'il a aussi la trempe d'un chef. Ce qui veut dire, d'abord, composer un cabinet équilibré, établir les priorités de son gouvernement en jaugeant avec précaution les alliances possibles. Un des plus grands défauts de M. Harper, admettent ses proches, est d'être têtu. Il y a un risque que cette victoire, dont il a été le principal artisan, et qu'il a été longtemps le seul à croire possible, le rende trop sûr de lui. On dit aussi qu'il délègue peu, qu'il consulte peu et qu'il a la fâcheuse habitude de bouder quand il subit un revers. Il va devoir apprendre à ronger son frein et à travailler en équipe. »

La Presse (Québec, Canada), 24 janvier 2006, p. A3.

Carole Duffrechou, « Stephen Harper ramène la droite au pouvoir au Canada »

«....(Harper) a bien compris que les Canadiens refusent de s'aventurer loin du centre de l'échiquier politique. Bien loin des déclarations controversées de la campagne de juin 2004 sur son soutien à la guerre à l'Irak ou son opposition au protocole de Kyoto, cet homme peu charismatique aux allures d'écolier sage a adouci son image et son message. « J'ai appris mes leçons », a-t-il confié lors de cette campagne sans fausse note. Ses promesses concernant les baisses d'impôts, le retour d'une certaine éthique au pouvoir ou le « fédéralisme d'ouverture » avec les provinces ont séduit au-delà de son électorat traditionnel. Mais ce brillant diplômé en économie a aussi promis de soumettre à un vote au Parlement la loi autorisant les mariages homosexuels. D'augmenter les crédits de la Défense. De durcir les lois pour les crimes graves. S'il est parvenu à tenir ses candidats les plus incontrôlables et les plus radicaux loin des journalistes durant toute la dernière semaine de campagne, évitant ainsi des dérapages de dernière minute, certains commentateurs mettaient en garde contre la « métamorphose » du chef conservateur, accusé d'avoir un agenda caché. »

Libération (France), 25 janvier 2006, p. 10.

Éditorial

«...To be sure, political compromising has helped Canada deal with a deep divide between east and west, as well as the dulled appetite of French-speaking Quebec for separation. Debating those issues endlessly, along with Canada's hot-cold ties to its domineering neighbor to the south, is part of Canadian identity. Politicians who stake out the middle ground in the four-party Parliament do help keep Canada whole. But does healthy compromise produce necessary statesmanship to solve Canada's deepest problems ? (...) Harper's mellowed conservatism will be tested by a need to find allies to the left in Parliament. He could show leadership in one area : By not letting Canada's general distaste for Bush administration policies influence how he pursues Canada's interests in settling disputes with the US, such as the timber trade issue. Harper's leadership was evident in his ability to help unite Canada's various conservative parties. Such skill in now needed to also fix its difficult national divides. »

The Christian Science Monitor (États-Unis), 26 janvier 2006.

Gouvernance et gouvernement [ 23 janvier 2006 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Canada
ÉlevéMichaëlle JeanPaul Martin

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2001 - 2016



juin
2004
Élection au Canada du Parti libéral de Paul Martin

juin
2004
[Résultats] Élections législatives

janvier
2006
Élection au Canada du Parti conservateur de Stephen Harper

janvier
2006
[Résultats] Élections législatives

octobre
2008
Ouverture du douzième Sommet de la Francophonie

octobre
2008
[Résultats] Élections législatives

mai
2011
Réélection au Canada du Parti conservateur de Stephen Harper

mai
2011
[Résultats] Élections législatives

octobre
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2015
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