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18 septembre 2005

Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Angela Merkel

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Angela Merkel

Avec 35,2% des votes exprimés, les chrétiens-démocrates (CDU-CSU) de Angela Merkel obtiennent 225 sièges au Bundestag et arrivent en tête des formations représentées aux élections législatives. Ils devancent leurs plus proches rivaux, les sociaux-démocrates (SPD) de Gerhard Schröder, qui reçoivent l'appui de 34,3% des électeurs et font élire 222 députés.

Les chrétiens-démocrates s'imposent dans les sondages dès le déclenchement de ces élections anticipées. Leur chef, Angela Merkel, promet de réformer la fiscalité et de favoriser une plus grande libéralisation du marché afin de relancer l'économie allemande. Les sociaux-démocrates effectuent cependant une remontée et les deux formations se retrouvent nez à nez le soir des élections. Derrière eux, on retrouve les Libéraux, le Parti de gauche et les Verts qui obtiennent respectivement 61, 54 et 51 sièges. Plusieurs coalitions sont envisagées avant que les deux principaux partis ne s'entendent, le 10 octobre, pour former le gouvernement. Celle qui dirigera cette « grande coalition », la chrétienne-démocrate Angela Merkel, est la première femme chancelière de l'Allemagne. Le chancelier sortant, Gerhard Schröder, annonce pour sa part qu'il quitte la politique. Le cabinet sera composé de huit ministres du CDU-CSU et de huit ministres du SPD. C'est la première fois depuis les années 60 que l'Allemagne sera gouvernée par une coalition formée des deux principaux partis politiques du pays.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Christophe Bourdoiseau, «Merkel, candidate aux pieds d'argile»

«...Jamais un leader politique n'avait été autant humilié par une victoire électorale. Angela Merkel, la présidente du parti chrétien-démocrate (CDU), avait tout pour remporter le scrutin anticipé du 18 septembre. Depuis des mois, l'Allemagne était prête pour une alternance politique. Avec près de 5 millions de chômeurs, Schröder avait clairement échoué sur l'emploi, la principale préoccupation des Allemands. Tous les instituts de sondage lui promettaient une déroute électorale historique. Au mois de juin, avec 20 points d'avance sur Schröder, il lui suffisait de ne pas commettre d'impair pour s'assurer une confortable majorité avec les libéraux du FDP à l'assemblée fédérale (Bundestag) (...) Tout au long de la campagne, la «Dame de fer», comme la surnommait la presse populaire, n'a été finalement qu'une candidate aux pieds d'argile. Bien qu'elle ait revendiqué dimanche le droit de former un gouvernement sous sa responsabilité, de nouvelles intrigues à l'intérieur de la CDU et de la CSU sont déjà en marche. Avant même d'être élue chancelière, Merkel pourrait avoir enclenché la fin de sa carrière politique.»

Le Soir (Belgique), 20 septembre 2005.

Odile Benyahia-Kouider, «Le triomphe perdu d'Angela Merkel»

«...Pari perdu pour Angela Merkel. Donnée gagnante depuis le mois de mai, la physicienne de 51 ans n'a pas réussi à susciter l'enthousiasme des Allemands comme elle l'espérait. L'érosion de la CDU dans les derniers sondages ne pouvait pas laisser présager une telle débâcle (...) «Il faut croire que, dans le secret de l'isoloir, les électeurs n'étaient finalement pas prêts à voter pour une femme originaire de l'Est», commentait hier sa biographe Jacqueline Boysen. Restée une étrangère au sein de son propre parti, Angela Merkel n'a jamais vraiment été considérée par les siens comme «l'espoir» des chrétiens-démocrates. «Trop froide. Pas assez charismatique», estiment ses détracteurs. Mais son inexpérience politique, sa volonté naïve de faire une campagne vérité auprès des électeurs et le choix de l'universitaire Paul Kirchhof, au programme très libéral, comme expert fiscal et potentiel ministre des Finances ont fait office de repoussoir.»

Libération (France), 19 septembre 2005, p. 5.

Louis-Bernard Robitaille, «Suspense et confusion en Allemagne»

«...Seules solutions pour Angela Merkel: soit une coalition à trois, où les verts (8,2 %) négocieraient leur ralliement à la CDU et au FDP- ce qui paraît difficile à faire avaler à la base militante et aux sympathisants-, soit la «grande coalition» avec le SPD, sorte d'union nationale pour situation de crise. Mais, sauf à se suicider politiquement, le SPD devrait poser à la CDU des conditions telles que le programme de réformes de la nouvelle chancelière devrait être remisé aux oubliettes. Une paralysie molle qui ne réglerait aucun problème de fond et aggraverait sans doute les problèmes économiques et le malaise social. De l'avis général, rien dans la Constitution n'interdit au président, après avoir constaté l'absence de majorité au Bundestag, d'autoriser la nouvelle chancelière à former un gouvernement minoritaire. Avec des chances de durée très faibles. Mais, quel que soit le scénario retenu, le sentiment domine parmi les observateurs: le gouvernement qui sortira de ces élections après des semaines de tractations aura une espérance de vie très faible. Douze mois? Dix-huit mois? L'Allemagne, qui avait la vie politique la plus stable et paisible depuis un demi-siècle, est entrée dans une ère d'instabilité.»

La Presse (Québec, Canada), 19 septembre 2005, p. A1.

Fareed Zakaria, «The Germans : a Lot Like Us»

«...It is strange to call this a vote against reform. Angela Merkel's Christian Democrats ran on the most explicitly market-oriented platform in their party's history, promising painful medicine. With their coalition partners, they received 45 percent of the vote. This was unexpectedly low for them, but still, it represented a large part of the country. Merkel's coalition partners in the Free Democratic Party with an even stronger free-market agenda, jumped to one of their best results ever. But perhaps the main reason the election cannot be seen as anti-reform is that the Social Democrats (SPD) and Greens, who received 42 percent of the vote, are the parties that, just two years ago, put through the country's most comprehensive economic-reform program in 40 years (...) The SPD campaign posters read CREATING JOBS REQUIRES THE COURAGE TO REFORM. Merkel's posters said GERMANY NEEDS CHANGE. Between them, the two got more than 70 percent of the vote. Does that sound like a mandate against reform ? The real story in Germany is that despite the noisy surface battles, there is a growing pragmatic consensus among political elites.»

Newsweek (États-Unis), 10 octobre 2005, p. 44.

Gouvernance et gouvernement [ 18 septembre 2005 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Allemagne
ÉlevéHorst KöhlerGerhard Schröder

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2000 - 2016



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septembre
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septembre
2005
Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Angela Merkel

septembre
2005
[Résultats] Élections législatives

juin
2007
Ouverture du Sommet du G8 à Heiligendamm, en Allemagne

septembre
2009
Réélection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Angela Merkel

septembre
2009
[Résultats] Élections législatives

septembre
2013
Réélection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Angela Merkel

septembre
2013
[Résultats] Élections législatives

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Adoption d'un plan par l'Union européenne afin de répartir 120 000 demandeurs d'asile

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2015
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