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21 mai 1991

Assassinat de l'ex-premier ministre indien Rajiv Gandhi

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Rajiv Gandhi

Alors qu'il est en campagne électorale, le leader du Parti du congrès (I) et ex-premier ministre de l'Inde, Rajiv Gandhi, est victime d'un explosion qui lui est fatale. Il avait 46 ans.

La dissolution de la Lok Sabha, le 13 mars, entraîne la tenue d'élections législatives. Parmi les favoris pour remplacer le premier ministre Chandra Shekhar, on retrouve le chef du Parti du congrès (I), Rajiv Gandhi. Petit-fils de l'ex-premier ministre Jawaharlal Nehru (1947-1964), Gandhi est également le fils d'Indira Gandhi, à qui il a succédé à la tête du gouvernement indien de 1984 à 1989. Le vote se déroule en trois étapes, dont la première a lieu le 20 mai. Le lendemain, alors qu'il participe à une assemblée publique, Gandhi est tué par une explosion déclenchée par une femme que l'on soupçonne d'appartenir à un groupe de séparatistes sri lankais. Une dizaine d'autres personnes perdent la vie à cette occasion. De nombreux dignitaires assistent aux funérailles de Gandhi, le 24 mai. Sa mort tragique, qui survient au coeur d'une campagne violente, entraîne le report du scrutin au mois de juin. À la suite du refus de la veuve du défunt, Sonia, d'entrer dans l'arène politique, c'est Narasimha Rao, du Parti du congrès (I), vainqueur de 226 sièges, qui deviendra premier ministre.

Dans les médias...


Daniel Bastien, «Au lendemain de l'assassinat de Rajiv Gandhi»

«...En aggravant dramatiquement l'instabilité politique en Inde, l'assassinat de Rajiv Gandhi ne pouvait intervenir à un pire moment pour l'avenir économique du pays. Pratiquement lâchée par ses bailleurs de fonds traditionnels, qui s'inquiètent depuis des mois de la dérive politique chronique du pays, la République indienne ne peut que constater l'état de ses réserves de change -exsangues-, l'immense besoin de financement de sa balance des paiements, la persistance de l'inflation, et l'érosion continue de sa croissance. A la veille des élections, l'Inde avait besoin de deux choses: d'un pouvoir politique stable et fort, et de l'aide financière extérieure. Le premier étant la condition impérative du second. Or, en mettant fin à une dynastie qui, depuis l'indépendance en 1948, a dominé la vie politique et un parti (le parti du Congrès, qui lui-même a donné naissance à l'Inde moderne), la mort du fils d'Indira Gandhi a, pratiquement, effacé tout espoir de constitution rapide d'un gouvernement qui tienne fermement les rênes du pays.»

Les Échos (France), 23 mai 1991, p. 7.

Patrice De Beer, «L'échec de «M. Propre»»

«...En une dizaine d'années à peine, la dynastie des Nehru a été décapitée : après Sanjay, son frère cadet, mort en 1980 dans un accident d'avion, après sa mère Indira, assassinée par des terroristes sikhs le 31 octobre 1984, c'est au tour de Rajiv Gandhi de succomber sous les coups des tueurs. Le nom même de Gandhi semble porter malheur en Inde puisque le mahatma -qui n'avait pourtant aucun lien de parenté avec la fille et les petits-fils de Nehru- avait lui-même été victime d'un extrémiste hindouiste en 1948. La mort, à quarante-six ans, de Rajiv Gandhi, met fin au règne d'une dynastie qui a gouverné l'Inde pendant la plupart de ses quarante-quatre années d'indépendance, à laquelle l'avaient conduite le mahatma Gandhi et le pandit Nehru. Déjà, cette indépendance -sous la forme d'une partition avec le Pakistan musulman- s'était effectuée dans une explosion de violence qui avait fait des morts par centaines de milliers. Aujourd'hui, l'Inde semble être revenue à ses vieux démons, aux oppositions sanglantes entre castes, ethnies, religions et partis politiques. On est bien loin de l'image de l'homme à la rose qu'aimait projeter Nehru, ou de celle d'un pays paisible vivant sous les enseignements de «non-violence» de l'hindouisme.»

Le Monde (France), 23 mai 1991, p. 8.

Gilles Toupin, «Il voulait être proche du peuple»

«...Malgré l'ascendant qu'il avait su se gagner auprès des foules, Rajiv Gandhi avait toujours eu ses détracteurs. Bien des analystes politiques disaient de lui qu'il n'avait pas l'étoffe d'un homme politique, qu'au fond de lui-même il souhaitait retourner à sa vie tranquille d'antan, mais que son appartenance à la famille Nehru-Gandhi lui imposait ce karma (devoir) de la vie politique. Comme il avait épousé une chrétienne, Sonia Maino, Italienne de surcroît, et comme il avait eu pour père un parsi (zoroastrien de l'Inde), certains fondamentalistes hindous allaient jusqu'à le qualifier d'«étranger». Pour d'autres cependant, le fait qu'il fut le petit-fils de Nehru et le fils d'Indira Gandhi lui donnait l'importance d'un brahmane (le prêtre dans la religion hindoue). Je m'attendais certainement à un chambardement politique majeur, mais jamais j'aurais pu imaginer que ce changement prenne la forme d'une telle violence. L'Inde, aux prises avec la pire crise de société de sa courte histoire moderne, n'avait certes pas besoin de cette nouvelle catastrophe.»

La Presse (Québec, Canada), 22 mai 1991, p. A1.

Barbara Crossette, «India Confront's Gandhi's Death And Flawed Legacy»

«...Mr. Gandhi came to power in 1984, hours after the assassination of his mother, Prime Minister Indira Gandhi. In the election that followed, a wave of sympathy swept him into office in his own right. He promised change, modernization, new ideas in education for the disadvantaged, and no more political power brokers. Critics and supporters alike credit him with good instincts about what India needed, but they add that he often lacked the will to see the changes through. Meanwhile, rural development and alleviating urban poverty moved from high-priority tasks to matters of crisis. Since Mr. Gandhi took office in 1984, more than 100 million new Indians have been born, and most live near or below subsistence. (...) A bright spot in the legacy of Rajiv Gandhi, for many Indians, is that he created an impulse to look outward from a nation that had always found it hard to shake the myths of its romantic and mystical past. Not ashamed to wear jeans and drive a fast car, he appealed to the imagination of a new generation of Indians impatient with the asceticism, puritanism and zealous self-reliance enshrined in the legacy of Mohandas K. Gandhi.»

New York Times (États-Unis), 26 mai 1991, p. 1.

Gouvernance et gouvernement [ 21 mai 1991 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Inde
IntermédiaireRamaswamy Iyer VenkataramanChandra Shekhar

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1986 - 1996



novembre
1989
Élection d'un gouvernement du Front national en Inde dirigé par V. P. Singh

novembre
1989
[Résultats] Élections législatives

mai
1991
Assassinat de l'ex-premier ministre indien Rajiv Gandhi

juin
1991
[Résultats] Élections législatives

avril
1996
Tenue d'élections législatives en Inde

mai
1996
[Résultats] Élections législatives


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