Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

19 février 2019

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20 janvier 1996

Élection de Yasser Arafat à la présidence de l'Autorité palestinienne

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Yasser Arafat

Le président en fonction, Yasser Arafat, obtient 87,1% des votes lors de la première élection à la présidence de l'Autorité palestinienne. Il devance facilement sa seule adversaire, Samira Khalil, qui ne reçoit que 9,6% des votes.

Chef de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) depuis 1969, Arafat, 66 ans, décrit cette élection comme « la naissance d'une nouvelle démocratie au Moyen-Orient ». On évalue à 80% le nombre d'électeurs éligibles qui votent malgré un appel au boycott lancé par des mouvements radicaux. Le scrutin sert également à élire les membres du Conseil législatif de l'Autorité palestinienne (44 sièges en Cisjordanie, 37 dans la bande de Gaza et 7 à Jérusalem), entité politique qui a vu le jour peu après les accords d'Oslo. Le Fatah, faction dominante de l'OLP favorable à Arafat, obtient une nette majorité. Le président élu, qui a reçu le prix Nobel de la Paix avec les Israéliens Yitzhak Rabin et Shimon Peres (1994) pour son rôle dans la signature des accords d'Oslo, est assermenté le 12 février. Le 24 avril, le Conseil national palestinien prend une décision historique en votant à une majorité écrasante la révocation de la clause de la Charte nationale appelant à la destruction d'Israël. Un climat de violence persistant continue cependant de miner la marche du processus de paix au Moyen-Orient.

Dans les médias...


Paul-Marie de la Gorce, « L'État au fond des urnes »

«...Les habitants de Cisjordanie et de Gaza ne se sont pas trompés sur le sens du vote qui leur a été demandé, le 20 janvier. Pour eux, il s'agit d'une étape dans la longue lutte qu'ils mènent, depuis près de cinquante ans, pour leur existence en tant que nation. Une étape seulement, mais une étape capitale. Il n'y a pas d'autre raison à la participation massive des électeurs aux différents scrutins (présidentiel et législatifs). À la vérité, même les opposants au processus de paix avec Israël savaient bien que les Palestiniens ne laisseraient pas passer cette occasion de s'exprimer : jusqu'au dernier moment, leurs dirigeants ont hésité sur la conduite à tenir. Résultat : sans aller jusqu'à boycotter les élections, ils se sont abstenus de présenter des candidats. (...) Dans l'immédiat, l'Assemblée nouvellement élue ne devrait remettre en question ni le rôle historique de Yasser Arafat ni la nécessité d'exploiter à fond les possibilités offertes par l'accord d'Oslo. Mais le cas échéant, elle pourrait s'opposer à des concessions qu'elle jugerait excessives, et faire barrage à une dérive autocratique de la présidence de l'exécutif. La présence dans cette Assemblée de très nombreuses personnalités indépendantes (...) en est la garantie. »

Jeune Afrique (France), 25 au 31 janvier 1996, p. 12.

Mouna Naïm, « Le nouveau combat des Palestiniens »

«...La tentation est grande, au moment où les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza se dotent d'institutions élues au suffrage universel, d'y voir le bout du chemin, de se dire qu'ils sont désormais seuls responsables de leur sort. Ce serait une grave erreur, car si beaucoup a été fait, le plus difficile reste à faire. L'OLP et Israël le savaient bien en signant, le 13 septembre 1993, la Déclaration de principes fondant leur reconnaissance mutuelle. N'avaient-ils pas renvoyé à 1996 les questions les plus sensibles ? Nul, hormis les rabat-joie de l'opposition palestinienne et arabe, ne contestera le changement qualitatif qui s'est opéré dans l'histoire du peuple palestinien depuis ce fameux 13 septembre 1993. Nul ne niera non plus qu'il vaut mieux être « gouverné » par les siens que subir le joug de l'occupation. C'est pour ne pas avoir compris cela que les formations de l'opposition ont perdu de leur audience. Voter ou se faire élire était un geste hautement symbolique, une revendication d'identité et l'affirmation de droits trop longtemps usurpés. Si, selon toutes les prévisions, Yasser Arafat et ses hommes sont assurés d'un succès magistral, l'opposition ne devra s'en prendre qu'à elle-même. »

Le Monde (France), 22 janvier 1996, p. 1.

Frédéric Wagnière, « Arafat : une victoire à plusieurs dimensions »

«...Yasser Arafat a été élu à la tête du Conseil palestinien avec 88 pour cent du vote, une victoire qui sera interprétée de plusieurs façons au cours des prochains mois. Si tous voient en lui l'homme de la situation, celui dont le pouvoir parmi les Palestiniens est enfin reconnu de façon démocratique, il n'y a pas le même accord au sujet du mandat que cette victoire lui confère contre une opposition toute symbolique. Qu'est-on en droit d'attendre du président Arafat ? Pour les Palestiniens, le résultat de ces élections doit être de permettre la création d'un État palestinien indépendant. La paix avec Israël est une chose qu'Israël, avec sa vaste supériorité militaire, a toujours été capable d'imposer. Mais une paix imposée, même si elle permet des échanges et la collaboration entre les deux peuples, ne sera jamais une vraie paix entre égaux. La prochaine étape pour les Palestiniens est donc de créer un État palestinien, dont l'indépendance sera reconnue par tous et qui pourra cimenter de nouvelles relations avec l'État d'Israël. Ce n'est qu'ainsi qu'il y aura une vraie paix, ou chacun respecte les droits des autres. »

La Presse (Québec, Canada), 23 janvier 1996, p. B2.

Éditorial

«...That rarest of political events in the Arab world, a free and internationally validated election, has produced a personal triumph for Yasser Arafat and a historic move toward self-government by the Palestinian people. (...) With his decades-old claim to power now legitimized by democratic means, Arafat must show that he can govern with respect for democratic values. He is no longer the head of a faction-riven movement committed to Israel's destruction and to its replacement by a Palestinian state running from the Mediterranean to the Jordan River or, in the dreams of some Palestinians, even beyond. He is now the recognized leader of what most see as an emerging state. Arafat has long promised that any state he headed would be democratic and secular. The proving time has arrived. Arafat and his agents must demonstrate that the heavy-handed approach they have shown in recent months - abuses of civil rights, intimidation of the press, intolerance of criticism - will not be their model under expanded self-rule. »

Los Angeles Times (États-Unis), 23 janvier 1996.

Gouvernance et gouvernement [ 20 janvier 1996 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

null
Non disponible

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1991 - 2001



septembre
1993
Signature d'un accord de paix israélo-palestinien à Washington

janvier
1996
Élection de Yasser Arafat à la présidence de l'Autorité palestinienne


Dans l'actualité


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Le conflit israélo-palestinien, toujours d'actualité en 2016

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La gouverne de Mahmoud Abbas à bout de souffle ?

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Autorité palestinienne : Hamdallah est-il l'homme de la situation ?

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La Palestine membre des Nations unies?

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2010
Proche-Orient : des négociations de paix encombrées d'obstacles

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2009
La Palestine sous le poids des divisions

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2008
Conflit armé entre Palestiniens

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2007
« Bon anniversaire Arafat » : une triste tournure en Palestine

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La Conférence d'Annapolis : un nouvel essai pour la paix au Proche-Orient

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2007
Union nationale en Palestine : Un gouvernement bien fragile


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