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2 juillet 2006
Élection de Felipe Calderon à la présidence du Mexique

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde,

Felipe Calderon

Felipe Calderon, le candidat du Parti d'action nationale (PAN), une formation chrétienne démocrate, remporte l'élection à la présidence du Mexique avec 14 027 214 votes (35.9%). Il devance de peu Andres Manuel Lopez Obrador de l'Alliance pour le bien de tous, une coalition de gauche qui a l'appui de 13 624 506 électeurs (35.3%).

La Constitution mexicaine ne permet pas au président Vicente Fox (2000-2006) d'être de nouveau sur les rangs lors de cette élection. La lutte pour sa succession se dessine entre deux hommes. L'ex-maire de Mexico, Andres Manuel Lopez Obrador (Amlo), porte les couleurs de l'Alliance pour le bien de tous, une coalition de gauche au sein de laquelle on retrouve notamment le Parti de la révolution démocratique (PRD) d'Obrador. Ce dernier est nez à nez dans les sondages avec Felipe Calderon, le candidat du PAN. Le 2 juillet, Calderon remporte la victoire par 250 000 voix sur un total de près de 42 millions de votes valides. Le clan Obrador conteste la légitimité des résultats et organise d'importantes manifestations publiques qui ne changent rien aux résultats. Roberto Madrozo, le candidat de l'Alliance pour le Mexique, une coalition sociale-démocrate, termine troisième avec 22.3% des votes. Cet échec confirme le recul du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), formation de Madrozo qui a dirigé le Mexique de la fin des années 1920 à 2000. Le PRI ne fait guère mieux aux législatives qui se déroulent le même jour que les élections présidentielles. Elles sont elles aussi dominées par le PAN et l'Alliance pour le bien de tous qui obtiennent respectivement 206 et 160 des 500 sièges que compte la Chambre des députés.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Babette Stern, « Mexique : virage à gauche ? »

«...L'enjeu de l'élection dépasse de loin le territoire national. Le basculement à gauche du Mexique, douzième puissance économique mondiale, membre de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), arrière-cour directe des États-Unis, réduirait sans aucun doute l'influence américaine sur le continent, en accentuant un peu plus l'émancipation des pays du Sud à l'égard de Washington et du modèle néolibéral imposé pendant les années 1990. Le Mexique suivra-t-il l'exemple de la Bolivie, du Pérou et du Chili, récemment passés à gauche ? Certes, l'accession au pouvoir d'Evo Morales en Bolivie a donné un nouvel écho, plus important, à la « révolution bolivarienne » promue par le Vénézuélien Hugo Chavez. Mais la Bolivie ne compte ni politiquement ni économiquement sur la scène internationale, hormis les tracasseries qu'elle peut faire aux sociétés étrangères qui exploitent son sous-sol. Le poids du Pérou est infinitésimal. Quant au Chili, il n'a jamais représenté un problème pour l'administration américaine. Seul le résultat mexicain dira si l'Amérique latine se dresse contre le libéralisme américain. »

L'Express (France), 29 juin 2006, p. 42-43.

Joëlle Stolz, « Felipe Calderon est élu président du Mexique et appelle à l'union nationale »

«...Certains commentateurs ont souligné la division du pays suivant une polarisation droite-gauche, mais aussi un axe géographique : le Nord, plus prospère, a choisi M. Calderon, tandis que le centre et le Sud ont majoritairement voté pour M. Lopez Obrador : « Qu'ont encore en commun ces deux Mexique ? Faut-il deux présidents ? », s'est même exclamé l'universitaire Fernando Escalante, lors d'un débat au Colegio de Mexico, équivalent mexicain du Collège de France. D'autres chercheurs ont relativisé cette « scission », en notant que, dans de nombreux États, le PAN et le PRD sont presque à égalité, et que l'événement de ce scrutin, occulté par la « question présidentielle », est l'émergence du PRD comme une force d'ampleur nationale au détriment du PRI en crise. »

Le Monde (France), 8 juillet 2006, p. 4.

Véronique Kiesel, « Felipe Calderon »

«...Même si l'écart entre les deux candidats est d'à peine un demi pour cent, et même si ce résultat n'est pas encore officiellement proclamé par L'IFE - Lopez Obrador a annoncé qu'il allait faire appel - , c'est incontestablement une sacrée victoire pour Felipe Calderon, qui était un parfait inconnu pour les Mexicains il y a un an, alors que tous les sondages donnaient Lopez Obrador grand gagnant. (...) Mais comment a-t-il réussi à convaincre les Mexicains de voter pour lui ? Comment a-t-il réussi à endiguer la vague de gauche qui, élection après élection, a conquis des pas entiers de l'Amérique latine ? Grâce à sa campagne, un chef-d'oeuvre en dénigrement. Comme lui-même n'avait pas de programme très percutant à mettre en avant, comme il devait jouer sur le thème délicat du « changement dans la continuité », succédant à Vicente Fox, PAN lui aussi, il a préféré mener une campagne négative, du jamais vu au Mexique. Spot après spot, il a diabolisé le candidat de gauche, Andres Manuel Lopez Obrador, le faisant passer pour un dangereux communiste qui allait plonger le Mexique dans la crise. Une campagne sale, durant laquelle l'IFE a dû intervenir à plusieurs reprises pour interdire des spots du PAN tendancieux. »

Le Soir (Belgique), 8 juillet 2006, p. 18.

Lamia Oualalou, « Présidentielle : le Mexique plongé dans l'incertitude »

«...Hier, les Mexicains se sont réveillés entre angoisse et soulagement. Personne n'a contesté dans la rue le processus électoral, le deuxième effectué dans des conditions démocratiques après celui de 2000, qui avait mis fin aux 71 années de pouvoir du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI). Dimanche soir, les médias, qui s'étaient illustrés pendant la campagne par leur vulgarité et leur rapidité à répandre des rumeurs sans fondement, ont fait preuve d'une responsabilité inédite en refusant de se prononcer sur le gagnant. À force de prudence, les déclarations des animateurs en sont même devenues incompréhensibles. L'enjeu, pour tous, était d'éviter que la population voie dans ce retard une manipulation des résultats. Tout le monde a clairement à l'esprit le traumatisme de 1988, quand le PRI tout-puissant a volé la victoire du candidat de la gauche Cuauhtémoc Cardenas, suite à de grossières irrégularités. »

Le Figaro (France), 4 juillet 2006, p. 4.

Éditorial

«...The theme of the election has been the Mexican economy, which is of particular interest to the United States because an ailing Mexican economy bears on the number of immigrants Mexico exports to the United States. The Mexican economy is still defined by poverty, even though foreign investments and exports have increased while inflation has decreased in recent years. Mr. Calderon campaigned on free-trade and business-friendly policies that would target unemployment in Mexico and keep the economy steered toward the right path. Mr. Lopez Obrador, on the other hand, as the mayor of Mexico City relied on government handouts and large public-works projects to boost his popularity among the poor. Either candidate, like President Vicente Fox, would have difficulty working with a divided legislature. But the first hurdle will be crossed only when both candidates agree to accept the result of the election. Weeks may be required to determine that result. »

The Washington Times (États-Unis), 6 juillet 2006.

Gouvernance et gouvernement [ 2 juillet 2006 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Mexique
IntermédiaireVincente Fox Quesada

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie [2001 - 2014]



6 juillet 2003[Résultats] Élections législatives
2 juillet 2006 Élection de Felipe Calderon à la présidence du Mexique
2 juillet 2006[Résultats] Élection présidentielle
2 juillet 2006[Résultats] Élections législatives
1 décembre 2006Felipe Calderon : chef d'État (investiture/assermentation)
11 juin 2009 Confirmation d'une pandémie de grippe A (H1N1) par l'OMS
5 juillet 2009[Résultats] Élections législatives
1 juillet 2012 Élection d'Enrique Pena Nieto à la présidence du Mexique
1 juillet 2012[Résultats] Élection présidentielle
1 juillet 2012[Résultats] Élections législatives
1 décembre 2012Enrique Pena Nieto : chef d'État (investiture/assermentation)

 Dir: Jean-Herman Guay Faculté des lettres et sciences humaines       Version 9.6 2014    ©Tous droits protégés     Bilan du siècle   Dimension