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27 mars 1979

Début du deuxième « choc pétrolier »

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

L'instabilité politique en Iran, provoquée par le renversement du chah Mohammad Reza Pahlavi, et un contexte géopolitique particulièrement tendu sont à l'origine d'un deuxième choc pétrolier qui provoquera une hausse importante du prix du pétrole.

La baisse de production de l'Iran est compensée en partie par une hausse de production de la part de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Mais la situation demeure instable, ce qui se reflète sur le prix du baril et celui que les consommateurs défraient à la pompe. La crise éclate réellement le 27 mars 1979, au lendemain de la signature d'un traité de paix entre Israël et l'Égypte. Les treize membres de l'OPEP procèdent alors à une augmentation de 9% du prix du brut qu'ils qualifient de « modeste et modérée ». Les membres de l'OPEP se permettent aussi d'ajouter des surtaxes, s'ils les jugent justifiables selon leurs intérêts. De plus, ils profitent de l'occasion pour accuser les compagnies pétrolières de récolter des surplus imprévus qui sont selon eux injustifiables. La réunion terminée, l'Algérie, la Lybie et le Nigéria annoncent qu'ils imposent un supplément compensatoire de 4$ par baril. Les États-Unis et les pays de l'Europe de l'Ouest déplorent ces augmentations. Le second « choc pétrolier », qui s'avère plus sévère que le premier, s'étale sur une période de près de trois ans. L'image des files d'automobiles en attente devant des stations service y reste associée. La hausse des prix pétroliers contribue également à la poussée inflationniste qui marque cette période. En 1980, le prix du baril atteint la somme record de 40$. Mais dès 1982, la situation se normalise. Au cours des années qui suivent, les pays occidentaux réussissent à renverser la situation quelque peu en favorisant de nouvelles sources d'énergie, des économies d'énergie et une augmentation de la production pétrolière dans différents points du globe (Mexique, Alaska, mer du Nord, etc.).

Dans les médias...


Léon de Busquey, « Les économies d'énergie : un investissement rentable »

«...Alors que par le passé, c'était le coup le plus bas de l'extraction d'une énergie primaire qui organisait la substitution d'une énergie à une autre (...) , c'est aujourd'hui la montée brusque et importante d'une ressource énergétique centrale qui bouleverse l'ensemble des données. La hausse des prix du pétrole a pour effet de rendre rentable, à court et à moyen terme, une très large série de solutions qui exploitent des formes d'énergie spécifiques. (...) Les nouvelles données créent des conditions propices pour qu'une politique de l'énergie soit enfin menée sur tous les fronts à la fois. Dans cette diversification énergétique les pouvoirs publics devront jouer un rôle central, car les sociétés multinationales tenteront de sauver leur capacité de production par le maintien d'une certaine croissance de la consommation énergétique, en même temps qu'elles diversifieront leurs investissements pour contrôler davantage de sources ou de procédés de consommation d'énergie. L'enjeu de cette course de vitesse est donc profondément politique. La survivance de choix politiques et techniques diversifiés dans nos sociétés industrielles en dépend. »

La Revue nouvelle (Belgique), septembre 1979, p. 132.

François Schlosser, « Pétrole : cinq années noires »

«...La crise qui a ému l'opinion la semaine dernière et la fermeture des pompes californiennes ont deux causes : une augmentation anarchique du prix du pétrole depuis quelques semaines et une baisse de l'approvisionnement d'origine iranienne. Les deux phénomènes sont évidemment liés : les hausses incontrôlées des prix ne sont possibles qu'en raison d'une pénurie brusque et conjoncturelle, due à la situation politique en Iran. Une crise de ce genre était bien attendue par les experts - mais pour un peu plus tard : on la situait vers 1984 ou 1985. À ce moment, la demande des prix industriels devait atteindre la limite de ce que l'Arabie saoudite pourrait fournir en poussant au maximum la production de ses champs pétrolifères. Ce que les experts avaient oublié, c'est que même l'Arabie saoudite, que l'on croyait totalement intégrée à Wall Street, vouée à la bonne santé de l'économie occidentale et dépendante de la politique américaine, pourrait finir par dire « non ». Or c'est ce qu'elle fait depuis quelques mois. »

Le Nouvel Observateur (France), 14 mai 1979, p. 53.

Merrill Sheils et al., « A Long, Dry Summer »

«...Much of the American public remains adamantly convinced that the supply crisis is nothing but an industry-induced hoax - an attempt to hold back supplies until prices soar still higher. The suspicions, pervasive and deep, render policymakers impotent. (...) The industry is far from blameless. Company officials admit, for example, that output from some domestic wells has been held deliberately low so that the oil could fetch the higher prices permitted to low-yielding wells under U.S. price controls. And they have failed to expand refinery capacity. But the oilmen say both problems are strictly the fault of government controls that hold down profits and thus serve as a disincentive to production and investment. There is plenty of blame to go around, but the fact is that the shortage is real. And it is no longer a transitory problem. OPEC nations, committed to stretching out reserves as long as possible, are not going to permit any more gluts of crude oil. Vast new discoveries of the magnitude of Alaska's Prudhoe Bay or Mexico are not in sight. And though conservation and caution may prevent a serious crunch this summer, the U.S. will almost certainly be operating on the thin edge of disaster for years to come. »

Newsweek (États-Unis), 21 mai 1979, p. 30.

Éditorial

«...Two cars when there is public transportation and a shortage are not so much a luxury as a potential for disaster. But this continent has a love affair with the internal combustion engine which has gone beyond reason. So, for President Carter and those who met him at Camp David, whatever the solution which they may decide upon, there is, in political terms, no good news at all. Even getting at the facts in the oil business is full of pitfalls, shortages can become surpluses, and surpluses shortages, in a matter of days. Who is to blame ? The companies, the Arabs, the governments, or just millions of ordinary citizens who cannot conceive of a world limited to a few miles but have learned to live in one in which hundreds of miles have virtually replaced hundreds of yards in everyday life. In the long run, it is not the oil companies, or the Arabs, or the politicians who must solve the problem for us. We must solve it for ourselves, person by person and family by family. And that kind of reversal of attitude is no easily come by before disaster is upon us. »

The Montreal Star (Québec, Canada), 10 juillet 1979.

Gouvernance et gouvernement [ 27 mars 1979 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Iran
TransitionRouhollah Mousavi KhomeiniMehdi Bazargan

États-Unis
ÉlevéJimmy Carter

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1974 - 1984



février
1979
Retour d'exil de l'ayatollah Rouhollah Khomeiny

mars
1979
Début du deuxième « choc pétrolier »

novembre
1979
Occupation de l'ambassade des États-Unis à Téhéran

septembre
1980
Début de la guerre Iran-Irak

août
1981
Assassinat du président et du premier ministre de l’Iran


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