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27 janvier 1986

Renversement du président Tito Okello en Ouganda

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Yoweri Museveni

Six mois après sa prise du pouvoir à Kampala, le président ougandais Tito Okello est renversé par un coup d'État militaire orchestré par le leader du Mouvement national de résistance (MNR), Yoweri Museveni.

Le 27 juillet 1985, le gouvernement de Milton Obote est renversé par un coup d'État militaire orchestré par Tito Okello. Pour consolider son pouvoir, le nouveau président tente de former un cabinet incluant toutes les factions politiques du pays. Opposé au régime Obote depuis 1980, Yoweri Museveni refuse cependant de joindre la coalition gouvernementale. Allié à l'Armée nationale de résistance (ANR), le cofondateur du MNR entend poursuivre sa guérilla contre le régime de Kampala. En septembre 1985, la Tanzanie et le Kenya servent de médiateurs lors de pourparlers de paix entre les autorités ougandaises et les forces de l'ARN qui contrôlent plusieurs points stratégiques du pays. Le 17 décembre, un traité de paix est signé à Nairobi. Il octroie la vice-présidence du Conseil militaire à Museveni et prévoit la dissolution de tous les groupes armés et leur refonte dans une force représentative. L'accord ne deviendra jamais effectif. Évoquant la poursuite des violations des droits humains, l'ARN lance une vaste offensive sur Kampala. Elle culmine, le 27 janvier, par le renversement du régime d'Okello. Le 29 janvier, Museveni est assermenté président de l'Ouganda. Pour éviter la guerre civile, il nomme un cabinet incluant les principaux groupes politiques du pays. Museveni entend s'attaquer aux graves problèmes économiques de l'Ouganda par des politiques plus libérales. En 1986, un taux de croissance positif (6%) est observé pour la première fois en quatre ans.

Pour en savoir plus: Programme en 10 points du Mouvement national de résistance ougandais

Dans les médias...


Alexia Ahmad, « Ouganda : enfin la paix ? »

«...L'Ouganda est-il sorti enfin de sa période noire ? On peut l'espérer. Il a fallu pour cela payer le prix fort : des centaines de milliers de morts, autant de blessés, l'économie totalement détruite, les infrastructures réduites à néant, une famine endémique. Et par dessus tout, le désespoir des Ougandais, surtout dans les campagnes où la vie d'un être humain valait le prix d'un paquet de cigarettes ! Le nouveau pouvoir a fort à faire. D'abord, il lui faudra liquider les poches d'insécurité dans le nord du pays. Ensuite, engager un programme de reconstruction nationale. S'il est assuré du soutien de la population, il doit compter sur l'hostilité à peine voilée des Américains et des Anglais. Les péripéties de la grotesque mascarade appelée « accord de paix » de Nairobi, dans lequel Washington et Londres ont joué un rôle déterminant, en sont une illustration exemplaire. »

Le Nouvel Afrique-Asie (France), 10 février 1986, p. 24.

Marc Yared, « De l'oxygène pour Kinshasa et Kigali »

«...Le dérangement, il ne faut pas aller bien loin pour le constater : pour la première fois en vingt ans, le vainqueur n'a pas systématiquement massacré les vaincus; pour la première fois surtout, les vainqueurs ne tirent pas dans le tas sur une population civile. Ce comportement nouveau a agréablement surpris les Ougandais et les diplomates étrangers, qui ont remarqué que la NRA avait soigneusement évité de pilonner les zones fortement peuplées tenues par l'adversaire, en concentrant le tir sur des objectifs strictement militaires. Museveni avait prévenu ses hommes par une formule lapidaire : « Vous tuez un citoyen, nous vous tuons. » Fini le règne des seigneurs de la guerre dont les troupes de soudards pillaient, violaient et faisaient 600 000 morts en deux décennies. Accueilli en triomphe par les populations bantoues du Sud et de l'Ouest ougandais, si longtemps brimées, Museveni parviendra-t-il à chasser l'armée vaincue des ultimes bastions où elle s'est retranchée ? Le chef de l'État empêchera-t-il ses adversaires de mettre à exécution leur projet de création d'un État séparatiste nord-ougandais ? »

Jeune Afrique (France), 12 février 1986, p. 36.

Janice C. Simpson et al., « Changing of the Guard in Kampala »

«...Appealing for international aid to help rebuild his ravaged country, Museveni pledged at the outset to maintain Uganda's policy of nonalignment with the superpowers and to improve the country's economic development by encouraging a mix of state and private enterprises. The new President also promised a return to parliamentary democracy and a rejection of tribal partisanship. He emphasized that his main goal was to restore respect for human rights, which have been openly abused in Uganda during the past 20 years. (...) Gaining power in Uganda is one thing, but maintaining it is quite another. Last week Museveni appealed to all government troops to lay down their arms. Many former army soldiers retreated to the northern part of the country, assaulting and looting along the way. General Okello reportedly sought refuge in Sudan, where he is said to be planning a counterattack. From his own haven in Saudi Arabia, Idi Amin charged the new government with slaughtering civilians and claimed that he had urged his followers inside Uganda to resist Museveni. The old guard may be gone, but it will probably be a while before its influence passes from the scene in Uganda. »

Time (États-Unis), 10 février 1986, p. 55.

Gouvernance et gouvernement [ 27 janvier 1986 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Ouganda
FaibleYoweri Kaguta MuseveniAbraham Waligo

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1976 - 1996



avril
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1986
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