22 juillet 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

25 mars 1975

Assassinat du roi Fayçal en Arabie saoudite

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le roi Fayçal d'Arabie saoudite est assassiné à Riyad par le prince Fayçal ibn Musad, un de ses neveux. Le souverain, qui était âgé de 70 ans, succombe rapidement à ses blessures par balles. Il est remplacé sur le trône par son frère, le prince Khalid.

Le royaume d'Arabie saoudite est un pays indépendant depuis 1932 qui est dirigé par Abd al-Aziz. À sa mort, en 1953, ce souverain est remplacé par son fils Saoud ibn al-Aziz. Celui-ci s'arroge le pouvoir quasi absolu de son père en nommant un gouvernement de roturiers. Le fait d'avoir écarté ses frères du conseil des ministres, instance créée quelques semaines avant la mort de son père, provoque la révolte chez les princes. Le roi Saoud se fait alors convaincre par sa famille de déléguer le contrôle du pays à son jeune frère, le prince Fayçal. Celui-ci s'assure d'associer plus étroitement les princes à la gouvernance du pays. Il commence un programme de modernisation, abolit l'esclavage, adopte de nouvelles politiques fiscales et assume personnellement la fonction de premier ministre jusqu'à l'abdication formelle de Saoud, le 2 novembre 1964. Le 25 mars 1975, le roi Fayçal est assassiné dans la capitale du pays, Riyad, par un de ses neveux, le prince Fayçal ibn Musad. Il succombe à ses blessures par balles et est remplacé rapidement par son frère, le prince Khalid, qui est proclamé roi. Un autre de ses frères, le prince Fahd, ministre de l'Intérieur sous le règne de Fayçal, est pressenti pour exercer le véritable pouvoir au pays. Suivant les coutumes musulmanes, le roi Fayçal est enterré près de la mosquée El Eid le 26 mars. Treize chef d'État et souverains assistent à ses funérailles.

Dans les médias...


S.A., « Après Fayçal, qui sera l'homme de Riyad ? »

«...L'après-Fayçal pétrolier est ouvert. Déjà, sur les places financières, on suit de près les événements de Ryad pour savoir si les investissements des surplus pétroliers dans le monde occidental seront affectés par le changement de tête politique. Les rapports de forces au sein de la prochaine conférence de Paris pourraient aussi s'en trouver modifiés si la politique saoudienne s'infléchissait vers la thèse américaine. L'Algérie, l'Iran et le Venezuela se trouveraient bien seuls pour défendre les positions adoptées à Alger. « On ne succède pas à de Gaulle », disait de lui-même, avec son immodestie habituelle et une certaine vérité, le chef de la France libre. Mutatis mutandis. Fayçal est également irremplaçable. C'est qu'il tirait son influence - on l'a vu à propos de la résistance palestinienne et de l'Égypte - non seulement des richesses fabuleuses de son pays, mais également de son équation personnelle. »

Jeune Afrique (France), 4 avril 1975, p. 43.

Josette Alia, « Les guerres de succession »

«...Force est donc de constater que sa mort, aujourd'hui, arrange et gêne à la fois presque tout le monde. Pour les États-Unis, il était un allié pétrolier fidèle mais encore un « butoir » obstiné sur le chemin de la Pax americana. Pour Sadate, il représentait un créancier généreux mais aussi un tuteur politique écrasant. Pour les Israéliens, il était certes l'ennemi irréductible mais pourtant celui qui empêcherait par tous les moyens la création d'un grand État palestinien en Cisjordanie comme en Transjordanie. Seuls, les Soviétiques ont toutes les raisons de se réjouir de la disparition, ou du moins de l'affaiblissement, d'un grand régime féodal dans une région du globe qui les intéresse tout particulièrement. Si, comme dans un roman policier, on cherche à qui profite le crime, on dispose de beaucoup de candidats. Autant de fausses pistes cependant. Selon des sources sûres, il semble que l'assassinat du roi Fayçal ne soit pas un crime politique mais un acte de vengeance familiale longuement mûri. »

Le Nouvel Observateur (France), 31 mars 1975, p. 30.

Georges Vigny, « Le geste du « neveu dérangé » de Fayçal »

«...il n'est pas exagéré de dire que l'Arabie saoudite est gouvernée aujourd'hui par deux rois à la fois, l'officiel n'étant pas forcément le vrai. Mais à eux deux, suffiront-ils à tenir la place que laisse Fayçal dans le monde arabe ? L'unanimité qui se dégage dans les messages qui affluent dit assez non pas tant l'admiration ou la sympathie qu'inspirait le roi assassiné que le respect. Principal pourvoyeur de fonds de l'Organisation pour la libération de la Palestine, principal appui du président Sadate d'Égypte sur le double plan politique et financier, protecteur du roi Hussein de Jordanie, récemment allié de la Syrie, Fayçal était au carrefour des influences qui se partagent le Proche-Orient et l'Afrique arabes. Il est impossible d'évaluer aujourd'hui toutes les conséquences qu'entraînera sa disparition sur la cohésion même des pays arabes à un moment critique de leur histoire. On peut préjuger que tant le roi Khaled que son frère cadet chercheront, du moins pendant une première phase de leur régime, à préserver l'acquit de leur aîné en maintenant en place le réseau instauré qu'ils continueront sur l'élan imprimé à l'Arabie saoudite par Fayçal, mais pour combien de temps ? Au demeurant, ce patient filet tressé supposait au centre un Fayçal, puisque conçu par lui et pour lui. Dans quelle mesure ses successeurs parviendront-ils à en tirer le plein rendement ? »

Le Devoir (Québec, Canada), 26 mars 1975, p. 4.

Éditorial

«...It is no exaggeration to say that the ruler of Saudi Arabia is the key factor in the Middle Eastern equation. It is he who basically will decide if the United States is to face a new oil shortage, how stable the international monetary market is going to be and how much military hardware the frontline Arab nations - Egypt, Jordan, Syria and Lebanon - will be able to buy. The ulcer-ridden Faisal, who was 69 at the time of his murder, in general exercised his great power with caution, patience, restraint and considerable shrewdness. (...) With more than $30 billion annually in oil revenues and the third largest monetary reserves in the world after West Germany and the United States, Faisal could have set the Middle East aflame any time he wanted to. But partially because he abhorred the radicalism of some of the fire-breathing Arab leaders and partially because he detested and feared the atheism of Communist Russia, he preferred peace to war, negotiations to confrontation. »

The Washington Star (États-Unis), 26 mars 1975.

Gouvernance et gouvernement [ 25 mars 1975 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Arabie Saoudite
FaibleKhalid ibn `Abd al-`Aziz Al Faysal Al Sa`udKhalid ibn `Abd al-`Aziz Al Faysal Al Sa`ud

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1965 - 1985



mars
1975
Assassinat du roi Fayçal en Arabie saoudite

novembre
1979
Attaque de la Grande mosquée en Arabie Saoudite

juin
1982
Décès du roi Khaled en Arabie saoudite


Dans l'actualité


février
2019
Le canal de Salwa: la nouvelle arme de l'Arabie saoudite?

novembre
2018
L'Arabie saoudite penche pour l'énergie solaire

octobre
2018
Softbank : la conquête du monde technologique

octobre
2018
Crise saoudo-canadienne : Riyad hausse le ton pour faire taire les critiques

octobre
2018
L'Arabie saoudite à l'ère de Mohammed ben Salmane : entre islamisme et modernité

février
2018
Coup de jeune au sein de la monarchie saoudienne

avril
2017
Se procurer l'eau : l'autre guerre du golfe Persique

novembre
2016
Le divorce entre les États-Unis et l'Arabie Saoudite n'est pas pour aujourd'hui

novembre
2016
Le divorce entre les États-Unis et l'Arabie Saoudite n'est pas pour aujourd'hui

mai
2016
Virage ou mirage ?


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019