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15 mars 2003

Renversement du président centrafricain Ange-Félix Patassé

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

François Bozizé

Le gouvernement centrafricain d'Ange-Félix Patassé, président depuis 1993, est renversé en son absence par l'ancien chef des armées, François Bozizé.

François Bozizé, que l'on suspectait de préparer un coup d'État, avait été démis de ses fonctions en octobre 2001. En 2002, il échoue d'ailleurs un putsch contre le président Patassé. L'année suivante, il profite de la visite de ce dernier à une réunion des chefs d'États africains au Niger pour prendre le contrôle de la capitale et de l'aéroport international afin d'empêcher le retour de l'avion présidentiel. Les témoins font mention d'une faible résistance de l'armée au coup, voire d'un accueil chaleureux pour Bozizé. En effet, les fonctionnaires et les soldats sont impayés depuis des mois tandis que le gouvernement est accusé régulièrement de corruption. Le jour du coup, Bozizé s'empresse de se déclarer président. Puis, le 23 mars, il nomme Abel Goumba, membre populaire de l'opposition, au poste de premier ministre. De plus, Bozizé suspend la Constitution, mais annonce la création d'un Conseil de transition nationale chargé de rédiger un nouveau code électoral et d'organiser une élection présidentielle dont le premier tour sera tenu le 13 mars 2005. Des législatives auront également lieu le 22 novembre de la même année. Entre-temps, Bozizé s'affairera à combattre la corruption et à rétablir la sécurité interne du pays, livré à des bandes armées pendant les mandats de Patassé. Une nouvelle Constitution est également approuvée par référendum en décembre 2004.

Dans les médias...


Francis Laloupo, « La lente chute de Patassé »

«...Les forces de la CEMAC, présentes en Centrafrique depuis décembre 2002, n'ont pas pu ou voulu empêcher l'assaut final du 15 mars dernier qui a mis fin au règne de Patassé. Les soldats loyalistes n'ont opposé aucune résistance, et certains ont même préféré se fondre dans la foule des anonymes. Même les maquisards de Jean-Pierre Bemba ont préféré pendre la clé des champs et se replier vers la RDC. Il ne manquait que le tapis rouge pour couvrir la voie qui a mené les hommes se réclamant du nouveau président, François Bozizé, au palais, parachevant ainsi le coup d'État entamé le 25 octobre 2002. (...) Sept ans après la première mutinerie qui avait menacé son régime, Patassé, qui avait choisi de répondre à une crise chronique par le seul souci obstiné de sa survie personnelle aux dépens d'un pays devenu l'ombre de lui-même, est tombé. Une échéance décidée par certains de ceux qui l'avaient soutenu à bout de bras durant toutes ces années, avant de donner le feu vert à ses adversaires, aujourd'hui acclamés par une population que Patassé ne voyait plus. Parce que, de son fait, elle avait touché le fond. »

Le Nouvel Afrique Asie (France), avril 2003, p. 10.

Christophe Ayad, « Putsch fatal à Patassé en Centrafrique »

«...Le Centrafrique est devenu, ces dernières années, un vaste terrain de jeu d'influences. L'implication libyenne a entraîné une ingérence du Tchad, dont l'engagement aux côtés de Bozizé ne fait aucun doute, dans le cadre du conflit larvé opposant Tripoli à N'Djamena. Quant aux miliciens de Bemba, ils avaient été envoyés en Centrafrique pour « sécuriser » leur base arrière, par laquelle transitent bon nombre de trafics (or, diamants, essence, armes). Paris, qui a condamné « toute tentative armée de renverser un chef d'Etat légitimement élu », ne peut, une fois de plus, que constater les dégâts dans une autre de ses ex-colonies. Mais contrairement à la Côte-d'Ivoire, il n'est pas question d'intervenir en Centrafrique : il est vrai que Bangui n'a jamais été un « joyau » du pré carré français et que cela fait longtemps qu'il n'y a plus rien à sauver. »

Libération (France), 17 mars 2003, p. 9.

Tanguy Berthemet, « La France déploie ses parachutistes à Bangui »

«...Les condamnations de l'Union africaine, de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (Cemac) et encore de la France se sont accumulées pour dénoncer « l'arrêt d'un processus démocratique ». Mais pas un mot de compassion pour Ange-Félix Patassé. Le communiqué du Quai d'Orsay se garde bien de demander son retour, se contentant d'affirmer que « seule une solution politique permettra de sortir de la crise en Centrafrique ». L'incapacité de ce régime clientéliste et corrompu à redresser un tant soit peu un pays partant à vau-l'eau, où près d'un tiers de population vit dans la pauvreté absolue aux côtés de fonctionnaires cumulant jusqu'à 33 mois de salaires impayés, l'avait peu à peu discrédité. Son élection démocratique en 1993 ainsi que sa réélection en 1999 étaient loin de lui faire pardonner ses frasques et ses lubies. Le pays « n'avait de démocratique que l'onction égalitaire au nom de laquelle tous les travers étaient permis », a martelé, dimanche, le « président » Bozizé. « Je comprends ses condamnations au nom du principe démocratique, renchérit Jean-Paul Ngoupandé, ancien premier ministre centrafricain. Mais plus qu'un coup d'Etat, c'est une révolte d'un peuple longtemps attendu. »»

Le Figaro (France), 18 mars 2003, p. 5.

Gouvernance et gouvernement [ 15 mars 2003 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Centrafricaine (rep)
FaibleFrançois BozizéMartin Ziguélé

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1993 - 2016



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août
1993
[Résultats] Élections législatives

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1993
Élection d'Ange Félix Patassé à la présidence de la République centrafricaine

novembre
1998
[Résultats] Élections législatives

septembre
1999
[Résultats] Élection présidentielle

mars
2003
Renversement du président centrafricain Ange-Félix Patassé

mars
2013
Renversement du président François Bozizé en République centrafricaine

janvier
2014
Démission du président centrafricain Michel Djotodia

décembre
2015
[Résultats] Élection présidentielle


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2016
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2013
La République centrafricaine : impasse dans les négociations

février
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Un rapport accablant sur la République centrafricaine

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2007
Bokassa : Napoléon 1er de Centrafrique


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