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27 octobre 1994

Élection de Joachim Chissano à la présidence du Mozambique

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Joachim Chissano

L'ancien premier ministre Joaquim A. Chissano et son parti, le Front de libération du Mozambique (Frelimo), sortent gagnants des premières élections démocratiques de l'histoire du Mozambique.

À la mort du président Samora Machel, en 1986, Joaquin A. Chissano lui succède avec le mandat de poursuivre les réformes de son prédécesseur. En respect des accords de Nkomati entre l'Afrique du Sud et le Mozambique, ces deux États subsahariens cessent, dès 1988, d'abriter et de financer respectivement le Renamo - groupe anticommuniste fondé à l'indépendance du Mozambique - et le Congrès national africain. En 1991, Chissano met fin au monopartisme avant d'entamer des pourparlers avec les rebelles. L'année suivante, Afonso Dhlakama, leader du Renamo, et Chissano, en arrivent à un accord de paix qui conclut 16 années de guerre civile. Selon les provisions de l'accord, des élections sont tenues en octobre 1994. Chissano devient le premier président élu avec 53,3% des votes, devant Dhlakama qui reçoit l'appui de 33,7% des électeurs. Aux législatives, le Frelimo remporte 129 des 250 sièges, le Renamo 112 et l'Union démocratique neuf. Environ 90% des six millions d'électeurs éligibles se déplacent pour voter. Les autorités onusiennes, en place pour superviser l'accord de paix, qualifient le processus électoral de « satisfaisant ». La reconnaissance des résultats électoraux par Dhlakama et le Renamo annonce le début du retour des 1,7 millions de réfugiés causés par la guerre et éparpillés parmi les six pays voisins du Mozambique.

Dans les médias...


Pietro Petrucci, « Victoire sans surprise pour Chissano »

«...Le Mozambique démocratique et pluraliste ne sera pas facile à gouverner. D'autant que derrière les pourcentages apparemment équilibrés, il y a des clivages régionaux importants. S'il est vrai que le Frelimo est le seul parti authentiquement national, puisque dans aucune région il n'est descendu au-dessous de 20%, il n'est pas moins vrai que la Renam dispose d'une majorité absolue (jusqu'à 70%) dans les cinq régions centrales du pays, qui sont aussi les plus riches (...) Peu importe que les listes de Dhlakama soient restées bien au dessous de 10% dans tout le sud, ou même en dessous de 5% dans la région de Maputo. Chissano devra donc faire les comptes avec cette réalité incontournable : 40% du territoire, de surcroît les régions les plus importantes sur le plan économique, seront hostiles à un gouvernement du Frelimo. Une polarisation aussi marquée a été une surprise et tous les scénarios pour une politique de dialogue qui ont été imaginés avant les élections ne sont plus à la lenteur des enjeux. »

Le Nouvel Afrique-Asie (France), décembre 1994, p. 15.

Georges Marion, « Mozambique : le chef de la Renamo met fin au boycottage des élections »

«...Ce qui est ici en question est moins une répartition politique du pouvoir qu'une redistribution des privilèges matériels qu'il procure. Dès la conclusion des accords de paix, en 1992, la RENAMO a exigé maisons, voitures, argent, plus la considération qui les accompagne. Et pendant deux ans, sous prétexte de lui donner les moyens de se transformer en parti politique, l'ONU a payé les factures. Mais le mandat des Nations unies se termine et le gouvernement de Maputo, qui a des moyens limités et, lui aussi, une clientèle à satisfaire, ne veut pas les remplacer dans le rôle du caissier. Cette détermination est apparue définitive lorsque, mardi à Harare, le sommet des chefs d'Etat d'Afrique australe a apporté son soutien à leur collègue du Mozambique. Reçu la veille par Robert Mugabe, président du Zimbabwe, Afonso Dhlakama s'était vu sommé de ravaler ses récriminations et de participer, comme convenu, aux élections. Trois jours plus tard, il répliquait par le boycottage. Ce pari était risqué : rien ne dit que la RENAMO sera effectivement en mesure de contrôler les conséquences politiques de ses atermoiements. »

Le Monde (France), 29 octobre 1994, p. 1.

François Brousseau, « Au Mozambique, un long combat...»

«...L'ONU, critiquée de toutes parts pour son impuissance à faire cesser les conflits, est-elle en train de réussir enfin l'une de ses grandes opérations de « rétablissement de la démocratie » dans un pays anciennement ravagé par la guerre? Les dernières nouvelles du Mozambique, terre de beauté en Afrique du sud-est, mais terre dévastée par la faim et la guerre, « pays le plus pauvre du monde » selon l'ONU, sont en tout cas encourageantes. (...) Ces dernières nouvelles d'Afrique donnent à penser que la grande organisation apprend de ses erreurs, en n'hésitant pas, lorsqu'il le faut, à « mettre le paquet ». (...) On ne peut évidemment conclure qu'à un succès provisoire, qui devra être soumis à l'épreuve ultérieure des faits. Le Cambodge, où l'opération d'il y a un an et demi avait largement été jugée « réussie », est aujourd'hui retombé dans l'ornière avec la reprise de la guérilla des Khmers rouges. Et puis l'opposition de la RENAMO, l'ancien ennemi guerrier devenu adversaire électoral, apparemment battu aujourd'hui dans les urnes avec 30% des voix, ne reprendra-t-elle pas, comme Savimbi l'avait fait en Angola il y a deux ans, les armes devant le verdict des urnes? Au Mozambique comme ailleurs, la paix est un long combat. »

Le Devoir (Québec, Canada), 1er novembre 1994, p. A6.

Gouvernance et gouvernement [ 27 octobre 1994 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Mozambique
FaibleJoaquim Alberto ChissanoMário Fernandes da Graça Machungo

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 1984 - 2004



octobre
1986
Décès du président mozambicain Samora Moisés Machel dans un crash d'avion

octobre
1992
Signature d'une entente mettant fin à la guerre civile au Mozambique

octobre
1994
Élection de Joachim Chissano à la présidence du Mozambique

décembre
1999
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
1999
[Résultats] Élections législatives

décembre
2004
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
2004
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


septembre
2018
Attentats terroristes et tensions civiles au Mozambique

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2016
Une dette lourde à porter pour le Mozambique

décembre
2013
Mozambique : la Renamo dénonce l'accord de Rome de 1992

février
2009
Le Mozambique gravement atteint par la crise alimentaire mondiale


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