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27 juin 2007

Assermentation de Gordon Brown au poste de premier ministre du Royaume-Uni

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Gordon Brown

Le départ annoncé du premier ministre britannique Tony Blair devient réalité le 27 juin 2007. Il pave la voie à l'assermentation à ce poste de Gordon Brown, un collaborateur de Blair qui a été chancelier de l'Échiquier (ministre des Finances) depuis 1997.

Au cours de ses dix années à la tête du gouvernement britannique, Tony Blair, qui n'a que 54 ans, est devenu une des personnalités politiques les mieux connues dans le monde. À l'origine du concept de New Labour, il a présenté une vision plus conservatrice de la gauche qui a permis à son parti d'obtenir trois mandats consécutifs, un record pour un leader travailliste. Des performances économiques respectées et une progression dans le processus de paix en Irlande du Nord figurent parmi ses réalisations les plus appréciées, alors que son soutien indéfectible à l'initiative américaine en Irak est venu obscurcir ses dernières années au pouvoir. Malgré son départ, Blair reste actif sur la scène politique. En effet, il a accepté le mandat de représenter le quartet (Organisation des Nations unies, Union européenne, États-Unis, Russie) dans une nouvelle tentative de ramener une paix durable au Moyen-Orient. Collaborateur de longue date de Blair, Gordon Brown, qui est chancelier de l'Échiquier depuis 1997, accède à la tête du gouvernement du Royaume-Uni. Âgé de 56 ans, le nouveau chef travailliste laisse derrière lui un bilan économique favorable, notamment en matière de croissance et de chômage. Son arrivée au pouvoir s'accompagne de sondages qui confirment une amélioration de la situation des travaillistes qui creusent l'écart les séparant des conservateurs de David Cameron.

Pour en savoir plus: Discours du nouveau chef du Parti travailliste britannique

Dans les médias...


Yves Cornu, « Goodbye Blair, Welcome Brown »

«...Passation des pouvoirs atypique, comme l'a été ce binôme qui a dirigé la Grande-Bretagne pendant très exactement dix ans : Blair à la tête du gouvernement, Brown aux affaires en sa qualité de superministre de tout ce qui touche de près ou de loin à l'économie et aux finances. D'ordinaire, les locataires de Downing Street font leurs valises au lendemain d'échecs électoraux ou, comme ce fut le cas pour Margaret Thatcher, après avoir été éjectés de la direction de leur parti. Rien de tel ici. Rien n'obligeait « TB » à passer le relais à « GB » au beau milieu de son troisième mandat consécutif. Mais l'insistance de plus en plus pressante de Brown et ce mal pernicieux qu'on nomme usure du pouvoir ont fini par avoir raison de son optimisme. Blair quitte le 10 Downing Street sur un bilan plutôt flatteur, mais occulté par quelques redoutables ratages et bévues. Il conserve sur la scène internationale un prestige certain, les livres d'histoire lui ménageront une place plus enviable que celle qu'il occupe aujourd'hui dans l'opinion publique. »

Le Point (France), 28 juin 2007, p. 54.

J.-M. D., « Gordon Brown : Oublier Tony... »

«...L'incontestable décennie de prospérité dont Brown peut s'enorgueillir est, paradoxalement, aussi son point faible. Car l'éternel no. 2 gagne la première place au moment précis où le New Labour paraît avoir épuisé sa mission historique. Le parti est en perte de vitesse : dans le sud du royaume, face aux conservateurs menés par le jeune David Cameron; en Écosse, sous la poussée des indépendantistes. La rénovation chaotique des services publics (santé et éducation), auxquels Brown est attaché - il a perdu un bébé né prématurément et a un enfant atteint de mucoviscidose - peut-elle suffire à nourrir la soif de changement de l'opinion ? Brown jure qu'il a une vision du Royaume-Uni de demain. Mais il ne l'a jamais précisée. Tout juste met-il l'accent sur le renforcement de l'« identité britannique », évanescente sous la double poussée des nationalismes celtiques et du multiculturalisme issu de l'immigration. »

L'Express (France), 17 mai 2007, p. 47.

Marc Rozen, « Gordon Brown parachève son rêve »

«...Depuis l'annonce, le 10 mai, par Tony Blair, de son intention de quitter le pouvoir au début de l'été, ce natif de Glasgow moulé à l'université d'Edimbourg est parvenu à corriger son image négative en s'efforçant de dévoiler une personnalité profonde qui se dérobe à tous. Peu charismatique ? On l'a vu jouant avec des enfants. Trop cérébral ? Il a participé à plusieurs émissions télévisées chères aux ménagères. Anti-européen ? Lui qui a souvent traité les réunions des ministres européens comme une nécessité gênante, plutôt que l'occasion de forger des alliances, a appelé à une plus grande coopération entre les différents partenaires de l'Union. Autoritaire ? Son gouvernement sera plus collégial, moins obnubilé par la manipulation médiatique, promet le successeur de Blair. Ce qui est certain, c'est que Gordon Brown arrivera à « Number Ten » avec une grande liberté d'action, n'ayant pas été contraint de faire toutes les promesses, comme cela aurait été le cas s'il avait dû affronter une réelle compétition pour la direction de son parti. »

Le Soir (Belgique), 27 juin 2007, p. 15.

Yves Schaëffner, « Changement de règne à Londres »

«...Les conseillers de Tony Blair qui disaient souhaiter voir le premier ministre partir sous les « vivats » et les « encore » de la foule doivent être déçus. Hormis les parlementaires qui se sont levés pour ovationner le premier ministre sortant, rares étaient les Britanniques qui avaient le coeur à chanter ses louanges hier. Acclamé par une foule en délire lors de son arrivée en mai 1997, Tony Blair a quitté hier le 10, Downing Street sous le regard de parents de soldats brandissant des photos de leurs fils morts en Irak. Le contraste était pour le moins saisissant. (...) L'Irak, la principale tache sur son bilan, a une fois de plus été évoqué aux Communes alors que le premier ministre répondait pour la 318e et dernière fois aux questions des députés. Fidèle à son habitude, Tony Blair a de nouveau défendu sa décision en se disant « vraiment désolé pour les dangers auxquels sont confrontés les soldats en Irak et en Afghanistan ». « Je sais que certains pourraient penser qu'ils sont confrontés à ces dangers en vain. Je ne le pense pas et je ne le penserai jamais », a-t-il poursuivi avant d'aller remettre sa démission à la reine. »

La Presse (Québec, Canada), 28 juin 2007, p. a20.

Alan Cowell, « After Decade as Premier, Blair Yields to Brown »

«...The transfer of power, almost brutal in its brevity, signaled the start of the real political contest that will shape Britain's future, pitting the dour and calculating Mr. Brown against the smooth-talking Conservative leader, David Cameron. Mr. Brown also faces momentous challenges in seeking to build a new political impetus to carry Labor to an unparalleled fourth term whenever he calls elections. He will need to revive his Labor Party's electoral fortunes, which have suffered from Britain's involvement in the deeply unpopular war in Iraq. He must also rekindle public trust in the party and deal with potentially explosive issues, including the extrication of British forces from Iraq without alienating the White House. The political landscape is all the more tangled for Mr. Brown, in that he was the architect of many of the policies in health, education and housing that he is now promising to change. Yet, as was underscored by Wednesday's low-key events, he will try to do so without the flashing wit and charisma of Mr. Blair, who had captivated the nation until he sacrificed his popularity by sending British troops to war in Iraq and Afghanistan. »

New York Times (États-Unis), 28 juin 2007.

Gouvernance et gouvernement [ 27 juin 2007 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIGordon Brown

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2002 - 2016



mai
2005
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Tony Blair

mai
2005
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mai
2007
Formation d'un gouvernement dirigé par Ian Paisley en Irlande du Nord

juin
2007
Assermentation de Gordon Brown au poste de premier ministre du Royaume-Uni

avril
2009
Tenue du Sommet du G20 à Londres

mai
2010
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement dirigé par le conservateur David Cameron

mai
2010
[Résultats] Élections législatives

juillet
2012
Ouverture des Jeux olympiques de Londres

septembre
2014
Tenue d'un référendum sur l'indépendance de l'Écosse

mai
2015
Réélection du gouvernement conservateur de David Cameron au Royaume-Uni

mai
2015
[Résultats] Élections législatives

juin
2016
Tenue d'un référendum au Royaume-Uni sur la sortie de l'Union européenne


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