Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

23 novembre 2017

Pays | Statistiques | Années | Événements | Analyses | Biographies | Vidéos | Documents | Glossaire | Notes | Valeurs | Jeux | Recherche

13 février 2007

Entente sur un éventuel démantèlement du programme nucléaire nord-coréen

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Kim Jong-Il

Des représentants de six pays sont réunis à Beijing, en Chine, afin de dénouer la crise soulevée par l'existence du programme nucléaire nord-coréen. L'entente conclue prévoit une éventuelle désactivation dudit programme en échange d'ouvertures diplomatiques et du versement d'une importante quantité de pétrole.

La découverte de centrales nucléaires nord-coréennes, à la fin des années 1980, suscite des inquiétudes. Sous le règne autoritaire de Kim Il-Sung, décédé en 1994, puis de son fils Kim Jong- Il, la Corée du Nord, dont la population vit dans une grande pauvreté, utilise son programme nucléaire afin d'obtenir des concessions des autres pays. Une entente conclue avec les Etats-Unis en 1994 prévoit un gel, puis un éventuel démantèlement du programme en cours. Mais celui-ci se poursuit. Les tensions atteignent un nouveau sommet le 9 octobre 2006 avec le dévoilement du premier test d'une bombe nucléaire. Alors que l'Organisation des Nations unies (ONU) décrète un embargo, notamment sur le matériel lié à la technologie nucléaire, des initiatives diplomatiques se poursuivent. Du 8 au 13 février 2007, des représentants de six pays (Corée du Nord, Corée du Sud, États-Unis, Chine, Japon, Russie) réunis à Beijing en arrivent à une entente. Elle prévoit une éventuelle désactivation du programme nucléaire nord-coréen en retour de la livraison de pétrole, d'une relance des relations diplomatiques avec les Etats-Unis et le Japon, ainsi que de la tenue de discussions sur la sécurité en Asie du Nord-Est. Des observateurs expriment leur méfiance à l'endroit des dirigeants nord-coréens. Malgré un délai plus long que prévu, un premier pas est cependant réalisé en juillet 2007. La fermeture des installations de Yongbyon est confirmée par des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui ont reçu une pleine coopération. Davantage de pétrole sera versé en retour d'autres progrès confirmant l'abandon du programme nord-coréen (voir : Agreement on North Korea's nuclear disarmament).

Pour en savoir plus: Entente sur le désarmement nucléaire de la Corée du Nord

Dans les médias...


Jean-Jacques Mevel, « Nucléaire : Pyongyang enclenche la marche arrière »

«...À un horizon plus éloigné, et plus incertain, les pourparlers à six se donnent l'ambition inavouée de devenir un forum de diplomatie préventive autour de la péninsule, puis pour l'ensemble de l'Extrême-Orient. La priorité serait un dégel politique entre les États-Unis et la Corée du Nord, deux États qui se vouaient une disparition mutuelle il y a quelques mois encore. Signe de bonne volonté, l'Administration Bush a promis de régler d'ici à un mois les sanctions financières unilatérales qu'elle a imposées à Kim Jong-il en décembre 2005. Elle pourrait aussi gommer l'étiquette de « parrain du terrorisme » collée au régime, voire établir un jour des relations diplomatiques. L'enjeu concerne toute la région. Il s'agit de tirer enfin un trait sur la guerre de Corée, qu'aucun traité de paix n'est venu solder. L'Extrême-Orient, moteur de la croissance mondiale et berceau d'un bon quart de l'humanité, ignore la sécurité collective et ne possède aucune institution comparable à l'Otan ou à l'Union européenne. Pour les deux Corées comme pour leurs alliés historiques, la DMZ (zone coréenne démilitarisée) reste le « dernier front. »»

Le Figaro (France), 14 février 2007, p. 2.

Frédéric Koller, « Accord sur le nucléaire nord-coréen »

«...D'un point de vue moral, la ligne dure des néo-conservateurs (était) légitime: il n'y a pas à négocier avec un régime totalitaire qui affame son peuple. Mais pour être crédible, cette politique doit s'inscrire dans la durée - ce qui n'est pas le cas - et pouvoir déployer ses effets - ce qui n'était pas possible car la Corée du Nord à un allié de poids: la Chine. Reste une seule voie, réaliste, celle de la négociation avec Kim Jong-il pour tenter d'influencer l'évolution de son régime en l'ouvrant au monde. Kim Jong-il est un menteur: il a caché un programme nucléaire malgré un accord passé avec Washington en 1994 pour le stopper. Mais les Etats-Unis et ses alliés n'avaient pas davantage respecté leur engagement de lui offrir deux centrales nucléaires civiles en échange. Aujourd'hui, on se retrouve au point de départ, proche de l'accord de 1994. A la différence près que Kim Jong-il peut extorquer plus d'aide car il possède l'arme nucléaire. »

Le Temps (Suisse), 14 février 2007.

Pascale Nivelle, « La Corée du Nord vers le dégel »

«...En 2005, la Corée du Nord avait promis par écrit d'abandonner ses armes et ses programmes nucléaires en cours. Un an après, son engin nucléaire explosait. Quelles raisons d'y croire aujourd'hui ? Les pourparlers à six, qui reprendront le 19 février à Pékin, ont-ils un réel avenir ? Trois facteurs autorisent un optimisme prudent. Un, Kim Jong-il, qui aura 65 ans dans deux jours, commence à fatiguer dans son « paradis des travailleurs » exsangue. Aucun de ses trois fils ne paraissant mériter l'honneur, il n'aurait, pour l'instant, pas organisé sa succession. Deux, Pékin, qui n'a pas ménagé sa peine dans la reprise des pourparlers, s'est rangé du côté des négociateurs et semble avoir cessé de soutenir son encombrant allié communiste depuis la claque du 9 octobre. Trois, le président américain George Bush, débordé par les démocrates depuis les élections législatives de mi-mandat, est aussi en petite forme, ce qui ne peut déplaire à Pyongyang. »

Libération (France), 14 février 2007, p. 8.

Mario Roy, « L'un plie, l'autre pas »

«...Reste à savoir, puisqu'elle n'a pas craint les retournements dans le passé, si la Corée du Nord respectera ses engagements. Reste surtout à trouver la voie diplomatique qui conduira à une entente éliminant le danger nucléaire iranien sans heurter l'honneur perse. L'entente avec Pyongyang est un troc atome contre pétrole, résultat de cette sorte de chantage déjà utilisée avec succès par Kim Jong-il dans le passé. Que le dernier régime communiste pur et dur de la planète recoure ainsi au mode d'application le plus cynique de la loi du marché ne manque pas de sel! Mais le monarque est en mode survie: il ne peut se permettre de perdre ni l'appui devenu conditionnel de la Chine, ni les secours internationaux. Il règne en effet sur une société affamée mais fortement militarisée (1 million et demi de soldats sur 23 millions d'âmes), ce qui constitue un cocktail explosif. Bien entendu, l'état de la nation rend ridicule tout projet, Kim Jong-il dut-il en avoir encore, de nature impériale. »

La Presse (Québec, Canada), 16 février 2007, p. A16.

Gouvernance et gouvernement [ 13 février 2007 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Corée du Nord
FaibleKim Jong-ilPak Pong Ju

Corée du Sud
IntermédiaireRoh Moo HyunHan Myung-sook

États-Unis
ÉlevéGeorge W. Bush

Chine
FaibleHu JintaoWen Jiabao

Russie
IntermédiaireVladimir PoutineMikhail Efimovich Fradkov

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1997 - 2016



octobre
2006
Premier essai nucléaire en Corée du Nord

février
2007
Entente sur un éventuel démantèlement du programme nucléaire nord-coréen

décembre
2011
Décès du leader nord-coréen Kim Jong-il


Dans l'actualité


janvier
2017
Les problèmes économiques de la Corée du Nord : une affaire d'attitude

octobre
2015
Le contexte nébuleux de la famine en Corée du Nord

mars
2014
Corée du Nord : des pratiques comparables à celles des nazis, selon les Nations unies

février
2013
Nouvel essai nucléaire inquiétant par la Corée du Nord

octobre
2010
Spéculations galopantes sur la succession du dirigeant nord-coréen

octobre
2009
Nucléaire: la Corée du Nord négocie et persiste à tester ses missiles

octobre
2009
La « Corée du Nucléaire »

octobre
2009
Hyundai, un géant en expansion

février
2009
Élections en Corée du nord : une «démocratie» critiquée

mars
2008
Lueur d'espoir dans l'unification de la péninsule coréenne ?


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour visionner la vidéo d'introduction
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016