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30 décembre 2006

Exécution de l'ex-président irakien Saddam Hussein

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Saddam Hussein

L'ancien président irakien Saddam Hussein est pendu à Bagdad à la suite d'un procès au cours duquel il a été reconnu coupable de crimes contre l'humanité. Il était âgé de 69 ans.

Président de l'Irak depuis 1979, Saddam Hussein est mis en fuite au printemps de 2003 par l'intervention américaine. Arrêté dans une ferme près de Tikrit, le 13 décembre 2003, il est emprisonné puis jugé avec d'autres responsables du Parti Baas devant un tribunal spécial irakien. Pendant que les procédures s'étirent, le pays tente de retrouver sa stabilité. Des élections sont tenues le 30 janvier 2005 et une Constitution adoptée par référendum le 15 octobre. La situation demeure néanmoins difficile, la violence persistant contre les Américains, mais aussi entre les éléments chiites, sunnites et kurdes les plus radicaux. Le procès de Saddam Hussein débute peu après la tenue du référendum. Ce dernier conteste avec véhémence la légitimité du tribunal qui doit se prononcer sur sa responsabilité dans le massacre en 1982 de 143 chiites du village de Doujail, une action ordonnée par Hussein en représailles contre une tentative d'assassinat à son endroit. Après maints rebondissements, il est condamné à mort le 5 novembre 2006. Sa pendaison, le 30 décembre, suscite plusieurs controverses. Les irrégularités commises lors du procès sont soulignées par plusieurs, alors que d'autres s'indignent du fait que l'exécution ait eu lieu un jour de fête religieuse (Aïd el-Kebir), en présence d'ennemis de Hussein qui lui expriment leur hostilité. La scène, filmée par un témoin, fera le tour du monde. La crainte qu'elle provoque un soulèvement restera toutefois lettre morte. Le décès de l'ex-président d'origine sunnite entraîne la colère de ses partisans, mais fait aussi la joie de ses ennemis chiites et Kurdes.

Pour en savoir plus: Réaction du président des États-Unis à la pendaison de Saddam Hussein

Dans les médias...


Jean-Pierre Perrin, « L'ex-dictateur, martyr inattendu de la cause sunnite »

«...Le gouvernement de Nouri al-Maliki (dominé par les chiites) entendait, au nom de l'Etat de droit, appliquer une décision de justice contre l'ancien président. A voir la scène de son exécution, on peut aujourd'hui en douter. La pendaison de l'ex-raïs apparaît moins comme un châtiment imputable à ses innombrables crimes qu'à une vengeance à caractère confessionnel. Du temps de Saddam, la justice - tout comme les services de sécurité irakiens ou l'état-major de l'armée - était un apanage sunnite. Désormais, elle semble relever des seuls chiites. Le lieu d'exécution le montre bien : la salle d'une caserne des renseignements militaires de Khadamiya, au nord de la capitale. Non seulement ce quartier est majoritairement chiite, mais cette unité de l'armée est connue pour être infiltrée par les éléments les plus radicaux des partis islamistes chiites, dont l'Armée du Mahdi de Moqtada al-Sadr, qui ont formé en son sein des escadrons de la mort particulièrement craints par la communauté sunnite. Tous les symboles visibles sur la vidéo sont d'ailleurs spécifiquement chiites...»

Libération (France), 1e janvier 2007, p. 6.

Guy Sorman, « L'exécution de Saddam Hussein, sacrifice fondateur du nouvel Irak »

«...Le jour venu, les historiens s'attacheront à reconstruire une histoire de l'Irak, cohérente et linéaire : l'Irak comme colonie britannique, puis comme monarchie parlementaire, comme dictature puis comme république enfin. Dans cette histoire à venir, la mort du dictateur apparaîtra comme le sacrifice fondateur de la république nouvelle, comme la mort du roi en 1958 fut le sacrifice fondateur de la dictature. Certainement, les juges irakiens ont-ils songé, par-delà l'état de droit, à ce sang versé qui, dans toutes les civilisations, clôt une époque pour en ouvrir une autre ; par-delà le droit, il faut envisager que la mort de Saddam fut pour ces juges une nécessité historique. Peut-être même, l'exécution de Saddam était-elle, en Irak, indispensable pour que les soldats de la guerre civile comprennent que les temps avaient vraiment, oui vraiment changé. »

Le Figaro (France) 3 janvier 2007, p. 16.

Jean-Claude Leclerc, « Leçons d'une dictature »

«...En faisant mourir Saddam Hussein, les États-Unis et le cabinet qu'ils ont installé à Bagdad pensent peut-être décourager les insurgés du Baas et les sunnites que le dictateur avait favorisés. Certes, l'exécution du dictateur aura donné quelque satisfaction aux proches de certaines des victimes tombées, depuis 30 ans, sous cette cruelle dictature. Mais cela n'aura pas rapproché les ennemis d'hier ni créé un climat de réconciliation entre les composantes, historiquement rivales, de ce pays. Il aurait été plus judicieux, dit-on, de remettre les dirigeants du régime déchu à une cour internationale. Mais une telle justice indépendante, impartiale et n'ayant pas trempé dans des accords criminels, fait peur, non seulement aux dictateurs qui pourraient avoir à y rendre des comptes, mais surtout à leurs complices, comme c'est le cas pour l'Irak. Les États n'ont pas de principe, prétend-on, seulement des intérêts. Mais l'histoire de cette dictature illustre, s'il en était besoin, l'échec de cette morale pragmatiste. »

Le Devoir (Québec, Canada), 3 janvier 2007, p. b6.

Éditorial

«...Saddam's trial had its critics, just as Nuremberg did in its time. But the dictator received far more due process than his own victims ever did. He was able to play to the cameras of al Jazeera, giving the illusion to his former allies in the insurgency that he might return. He could denounce his Iraqi judges as American stooges, though the U.S. studiously left his fate to Iraqis and even protected Saddam in captivity from vengeful ill-treatment. What the dictator could not do is gainsay the evidence of his guilt, which ran to thousands of exhibits and pages of testimony and would have included hundreds of witnesses had the other cases against him gone forward. His hanging will not end the violence in Iraq, but it is important for that country's future nonetheless. It will reassure majority Shiites that Saddam's day is finally past, making it easier for the moderates among them to compromise with Sunnis on the shape of their government. The anti-Saddam taunts of a few of his executioners were tasteless, but they also show the catharsis his death represents. »

The Wall Street Journal (États-Unis), 2 janvier 2007.

Gouvernance et gouvernement [ 30 décembre 2006 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Irak
TransitionJalal at-TalabaniNouri al-Maliki

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2001 - 2016



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2003
Début d'une offensive militaire d'envergure en Irak

janvier
2005
Tenue d'élections législatives en Irak

janvier
2005
[Résultats] Élections législatives

décembre
2005
[Résultats] Élections législatives

décembre
2006
Exécution de l'ex-président irakien Saddam Hussein

mars
2010
[Résultats] Élections législatives

avril
2014
[Résultats] Élections législatives

juin
2014
Proclamation d'un califat par l'État islamique en Irak et au Levant

juillet
2016
Attentats terroristes à Bagdad, en Irak


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2015
L'EI et Al Qaïda : l'ère du terrorisme à deux visages

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2014
Jalal Talabani : fin d'une présidence respectée

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2014
La légalité de la guerre contre l'État islamique au coeur des débats à l'ONU

février
2009
Le premier ministre irakien Nouri Al-Maliki sort gagnant des élections provinciales

février
2009
L'Irak démocratique et libre... d'occupation

octobre
2008
Un État kurde : un rêve possible ou une fantaisie ?

novembre
2007
Les Kurdes : entre l'espoir et la crainte


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