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3 février 1998

Démission du président arménien Levon Ter-Petrossian

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Levon Ter-Petrossian

Le président arménien Levon Ter-Petrossian démissionne le 3 février 1998 à la suite de dissensions avec le premier ministre Robert Kocharyan relativement à la résolution du conflit du Haut-Karabakh entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Premier président démocratiquement élu en Arménie, Levon Ter-Petrossian avait fait comme principale promesse électorale de régler le conflit qui oppose l'Arménie à l'Azerbaïdjan depuis 1988 relativement au territoire du Haut-Karabakh. Il s'agit d'une république auto proclamée, enclavée en Azerbaïdjan, dont la majorité, d'origine arménienne, souhaite le rattachement à l'Arménie. Une opposition grandissante sur cette question entraîne une crise politique entre le président et le premier ministre Robert Kocharyan, qui a été président du Haut-Karabakh de 1994 à 1997. Le premier ministre, en poste depuis 1997, reproche à Ter-Petrossian d'avoir fait trop de concessions à l'Azerbaïdjan dans le règlement de ce litige qui a mené au rétablissement de la paix dans la région. Alors que Ter-Petrossian préconisait le compromis, il est critiqué par le gouvernement et son chef qui souhaitaient l'annexion du Haut-Karabakh. Le président perd de nombreux alliés dans ce bras de fer et, pressé par ses opposants, il décide de se retirer le 3 février 1998 afin d'éviter la déstabilisation de pays. Une nouvelle élection aura lieu le 30 mars 1998. Après avoir été président par intérim, Robert Kocharyan, sera confirmé dans ses fonctions avec plus de 59,5 % des voix.

Dans les médias...


Laure Mandeville, « Arménie : la chute de Levon Ter Petrossian »

«...Après sept années d'une présidence aussi prestigieuse que mouvementée, cet ancien dissident anticommuniste au sourire charmeur qui fut le principal architecte de l'indépendance arménienne quitte le pouvoir par la petite porte, faute d'avoir su résoudre le casse-tête du conflit du Haut-Karabakh, qui oppose depuis 1988 l'Azerbaïdjan à l'Arménie. Son départ, si soudain qu'il a été qualifié par certains observateurs de « révolution de palais » ou de « putsch de velours » a stupéfait les chancelleries occidentales, qui comptaient sur Petrossian pour faire aboutir un plan de paix international sur le Karabakh. Tous les efforts diplomatiques déployés par le groupe de Minsk au sein de l'OSCE pour rapprocher les positions azéries et arméniennes se retrouvent brusquement remis en cause. L'économie du pays, qui donnait quelques fragiles signes de convalescence après des années de déliquescence, devrait également pâtir fortement de cette poussée de fièvre politique. »

Le Figaro (France), 5 février 1998, p. 4.

Véronique Soule, « Arménie : la victoire des durs »

«...Il reste une inconnue dans les derniers événements d'Erevan : le rôle de Moscou. Officiellement la Russie, qui copréside le « groupe de Minsk » avec la France et les Etats-Unis, joue l'apaisement dans la région. Mais elle mène aussi son propre jeu. Située au sud de sa « sphère d'influence », l'Arménie est un maillon clé dans sa stratégie de reconquête du Caucase, notamment face à l'Azerbaïdjan qui s'émancipe. Moscou et Erevan ont ainsi signé en août dernier un accord de coopération avec un important volet militaire. Moscou a par ailleurs dû reconnaître que l'armée avait livré en toute illégalité des armes à Erevan entre 1994 et 1996. On ne peut, dès lors, exclure qu'une partie de la direction russe soit intéressée à entretenir la tension dans la région pour y rester un arbitre indispensable. Quitte à lâcher un allié aussi fidèle que Ter-Petrossian qualifié par certains journaux russes de « Rabin arménien ». »

Libération (France), 5 décembre 1998, p. 9.

Natalie Nougayrade, « Du dissident au chef d'État contesté »

«...le président Levon Ter-Petrossian isolé, critiqué par ses anciens alliés, a démissionné. A cinquante-trois ans, ce nationaliste modéré était devenu un chef d'Etat de plus en plus contesté. Sa réélection en septembre 1996, avec 51,75 % des voix pour un second mandat de cinq ans, avait été rejetée par l'opposition nationaliste qui dénonçait la « falsification » du scrutin. Le malaise allait croître entre la population et cet homme difficile à cerner, et de moins en moins enclin à s'exprimer en public. Son régime s'était raidi. Levon Ter-Petrossian, qui penchait pour un règlement progressif de la question du Haut-Karabakh, était accusé d'avoir trop « cédé » dans le cadre des négociations menées par l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Mais le chef d'Etat ne s'était-il pas piégé lui-même en laissant la main libre aux nationalistes radicaux en 1993, lorsque les troupes du Karabakh, largement aidées par l'Arménie, avaient conquis de larges bandes de territoire en Azerbaïdjan ? »

Le Monde (France), 5 février 1998, p. 3.

Gouvernance et gouvernement [ 3 février 1998 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Arménie
FaibleLevon Ter-PetrosyanRobert Kocharyan

Azerbaïdjan
FaibleHeydar Alirza oglu AlievArtur Tahir oglu Rasizade

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1988 - 2008



décembre
1988
Tremblement de terre en Arménie

septembre
1991
Proclamation officielle d'indépendance de l'Arménie

mars
1992
Admission à l'Organisation des Nations unies (ONU)

septembre
1996
Réélection de Levon Ter-Petrossian en Arménie

février
1998
Démission du président arménien Levon Ter-Petrossian

mars
1998
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
1999
Assassinat du premier ministre arménien Vazgen Sargsian

février
2003
[Résultats] Élection présidentielle

mai
2003
[Résultats] Élections législatives

mai
2007
[Résultats] Élections législatives

février
2008
[Résultats] Élection présidentielle


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octobre
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