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24 novembre 1999

Élection de Mamadou Tandja à la présidence du Niger

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Bare Maïnassara

Après un coup d'État militaire qui entraîne la mort du président nigérien Ibrahim Baré Maïnassara, le 9 avril 1999, l'armée redonne le pouvoir à la population. Une élection présidentielle est organisée le 17 octobre 1999.

Alors que le pays est plongé dans l'instabilité et miné par une crise économique qui dure depuis près de trois ans, le président Baré Maïnassara est assassiné par sa garde rapprochée dans un aérodrome de Niamey, la capitale du pays. L'attitude autoritaire du président, qui avait renversé le gouvernement démocratiquement élu en 1996, a également contribué au mécontentement contre lui. Le commandant de l'armée, Daouda Mallam Wanké, est nommé à la tête du pays par un conseil militaire pour une période transitoire. Les militaires promettent de rétablir le processus démocratique dans les neuf mois qui suivent le coup d'État. Une nouvelle Constitution, approuvée par 90% des électeurs lors d'un référendum, est promulguée le 18 juillet. Elle entre en vigueur le 9 août suivant. Tel que promis, la démocratie est restaurée. Le 17 octobre, les citoyens se rendent aux urnes afin d'élire un des sept candidats qui prennent part à l'élection présidentielle. Celle-ci nécessite un deuxième tour qui a lieu le 24 novembre. Mamadou Tandja, militaire à la retraite et chef du Mouvement national pour la société et le développement (MNSD), est alors élu avec 60% des voix. Le MNSD obtient également la majorité absolue des sièges lors des législatives qui ont aussi lieu le 24 novembre. Il était le parti qui comptait le plus d'élus avant le coup d'État de 1996. Tandja sera réélu en novembre 2004.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Pierre Prier, « Le Niger, un État en perdition »

«...Dans ce pays de dix millions d'habitants qui figure parmi les plus pauvres du monde, la classe politique se livre avec délices à des jeux d'alliances dignes de la IVe République française. Les deux candidats restés en lice, le colonel à la retraite Mamadou Tandja (Mouvement national pour la société de développement) et l'ancien premier ministre Mahamadou Issoufou (Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme), se sont tour à tour alliés et combattus. Les Nigériens, eux, restent en majorité spectateurs. Le taux de participation de l'élection de 1993 n'a pas dépassé 36 %. Les candidats, qui ont tous deux promis un gouvernement d'union nationale, auront de toute façon peu de marge de manoeuvre : ils devront tenter de restaurer un État en voie de disparition, incapable de payer ses fonctionnaires et déserté par les bailleurs de fonds, excédés par les coups d'État. »

Le Figaro (France), 24 novembre 1999, p. 4.

Fabienne Pompey, « Au Niger, les militaires s'apprêtent à rendre le pouvoir lors d'une présidentielle « ouverte » »

«...Vilipendé dans les rencontres internationales, mis au ban des nations, le Niger, hautement dépendant des financements extérieurs, s'est vu privé de toute aide internationale. Les caisses de l'Etat ont achevé de se vider et, en quelques mois, la junte et le pays tout entier se sont retrouvés sans un sou vaillant. Echaudés par l'expérience de 1996, où ils avaient laissé une chance au pouvoir militaire de reprendre en main la situation économique du pays, les syndicats n'ont laissé cette fois aucun répit à la junte, organisant grève sur grève, dont les plus dures ont été menées par les fonctionnaires, qui totalisent jusqu'à un an d'arriérés de salaire. La dernière a débuté à peine quatre jours avant l'élection. Quarante mille agents de la fonction publique ont cessé le travail, la radio et la télévision nationales n'assurant qu'un service minimum, perturbant du même coup la diffusion des messages électoraux. »

Le Monde (France), 16 octobre 1999, p. 5.

Gouvernance et gouvernement [ 24 novembre 1999 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Niger
IntermédiaireDauoda Malam WankéIbrahim Hassane Mayaki

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1989 - 2009



mars
1993
Élection de Mahamane Ousmane à la présidence du Niger

janvier
1996
Renversement du président Mahamane Ousmane au Niger

octobre
1999
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1999
Élection de Mamadou Tandja à la présidence du Niger

novembre
2004
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
2004
[Résultats] Élections législatives


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