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21 octobre 2007

Élection en Pologne d'un gouvernement dirigé par Donald Tusk

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Donald Tusk

Droit et justice (PiS), le parti du premier ministre polonais sortant, le conservateur Jaroslaw Kaczynski, est défait par la Plateforme civique (PO) de Donald Tusk. La victoire de cette formation de centre droit marque une rupture avec les thèmes conservateurs et le style populiste adoptés par l'ancienne coalition de droite.

Ces élections anticipées visent à renouveler les 460 sièges de la Sejm, la Chambre basse du Parlement polonais. Les dernières législatives remontaient à septembre 2005. Le parti Droit et justice (PiS), dirigé par Jaroslaw Kaczynski, arriva alors en tête. Comme son frère jumeau, Lech Kaczynski, était dans la course à la présidence, Jaroslaw refusa le poste de premier ministre et céda sa place à Kazimierz Marcinkiewicz. Vainqueur de Donald Tusk, Lech Kaczynski fut investi à la tête de l'État le 23 décembre 2005. Au mois de juillet 2006, le chef du gouvernement donne sa démission. Le président en profite pour le remplacer par son frère Jaroslaw qui gouverne à la tête d'une coalition de droite composée de conservateurs, de nationalistes et de catholiques. Ce gouvernement, qui fait la chasse aux ex-communistes, se caractérise également par une attitude de scepticisme envers l'Europe ainsi que par la prédominance des valeurs catholiques. Des politiques jugées excessives provoquent toutefois de vives manifestations qui entraînent l'éclatement de la coalition. Sans sa majorité, le premier ministre Kaczynski se retrouve dans l'incapacité de gouverner. Il propose alors une motion de dissolution qui est appuyée par le Parlement. Lors des élections anticipées qui se tiennent le 21 octobre 2007, le PiS est sanctionné au profit de PO, dirigé par Donald Tusk. Ce dernier forme une coalition avec un parti de droite. Son approche diverge de celle de son prédécesseur sur plusieurs points. Tusk défend une économie libérale et exprime une volonté d'ouverture sur l'Europe, dont l'adoption éventuelle de l'euro. Il annonce également qu'il retirera complètement les troupes polonaises d'Irak en 2008.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Amélie Poinssot, « Une autre droite arrive au pouvoir en Pologne »

«...En matière de société, la Plate-Forme civique ne se distingue pas beaucoup de son adversaire : attachée aux valeurs catholiques, la PO est pour le statu quo en ce qui concerne la loi sur l'avortement, actuellement l'une des plus restrictives d'Europe ; elle est contre toute forme d'union civile, que ce soit pour les couples hétérosexuels ou homosexuels ; et elle s'oppose à la dépénalisation des drogues douces, même si elle n'a pas du tout abordé ces thèmes pendant la campagne. En matière de politique extérieure, en revanche, le parti de Donald Tusk pourrait fortement infléchir les positions adoptées jusque-là par la Pologne : lui-même s'est prononcé en faveur d'un retrait le plus tôt possible des troupes polonaises engagées aux côtés des Américains en Irak et s'est dit favorable à l'adoption de la Charte des droits fondamentaux - que la Pologne refusait jusqu'à présent, comme la Grande-Bretagne. Pour autant, cet euro-enthousiasme cache des opinions assez divergentes au sein du parti. »

La Croix (France), 23 octobre 2007, p. 2.

Maja Zoltovska, « Avec Donald Tusk, la Pologne se veut pragmatique »

«...Fatiguée de l'éternelle querelle entre le bien et le mal, et des divisions entre les purs et les moins purs, la Pologne s'est tournée vers un homme prévisible affirmant préférer construire des autoroutes plutôt que de fouiller dans le passé. A 50 ans, Tusk est un homme déterminé qui promet « un miracle irlandais » à ses concitoyens. Les jeunes, qui s'exilent par centaine de milliers en Europe à la recherche d'un emploi, ont été, comme les habitants des grandes villes, séduits. (...) Tusk tire fierté d'être né dans une famille kachoube, une minorité slave de la région de Gdansk tiraillée entre Allemands et Polonais. Lors de la présidentielle, le parti Droit et Justice (PiS) des frères Kaczynski avait rapporté que son grand-père avait été mobilisé dans l'armée allemande, omettant de rappeler qu'il avait déserté pour rejoindre les Alliés. Ce passé l'avait mis en difficulté. Aujourd'hui, preuve que la Pologne veut rompre avec la politique d'isolement des Kaczynski, Tusk ne craint plus d'affirmer qu'il souhaite améliorer les relations avec l'Allemagne voisine. »

Libération (France), 23 octobre 2007, p. 12.

Jacob Kuczkiewicz, « Les Polonais virent Kaczynski »

«...Ces derniers jours, une lame de fond avait traversé la société polonaise, nourrie du dégoût suscité par les dernières tentatives du gouvernement Kaczynski, faites de provocations policières, pour compromettre l'opposition, alors que les sondages marquaient une progression inéluctable de la Plateforme civique. Présentés il y a peu encore comme dégoûtés de la politique, les jeunes ont joué un rôle majeur dans la mobilisation de dernière minute. Chaînes de SMS, films sur Youtube et messages humoristiques envoyés par internet ont submergé les outils de communication, encourageant les gens à voter. C'est-à-dire à voter contre les « canards », sobriquet donné aux jumeaux Kaczynski dont le nom s'apparente au vocable désignant le volatile. Pourtant, aucun commentateur, en dépit des sondages, n'osait parier sur une défaite des Kaczynski. C'est qu'aux législatives et présidentielles de l'automne 2005, la Plateforme civique avait été annoncée victorieuse par les sondages, causant une abstention de près de 60 % : nombre d'électeurs des classes supérieures avait abandonné le pouvoir électoral aux masses disciplinées des partis populistes, dont le PIS. Le pouvoir avait échu aux frères Kaczynski : Lech président, puis Jaroslaw premier ministre. »

Le Soir (Belgique), 22 octobre 2007, p. 11.

Serge Truffault, « Sages Polonais »

«...Signe du ras-le-bol qu'éprouvaient les résidants de ce pays à l'endroit de la politique défendue par ce duo, ils ont fréquenté les bureaux en si grand nombre qu'ils ont établi un record de participation. Évidemment conscient du rejet que suscitaient l'autoritarisme et l'europhobie fanatique des Kaczynski et de leurs alliés extrémistes, le vainqueur de ces législatives, Donald Tusk, avait articulé son plan de campagne en conséquence. Au final, il a remporté suffisamment de sièges pour gouverner sans trop d'encombres. Plus exactement, la récolte de dimanche est riche au point qu'elle va lui faciliter la tâche inhérente à la formation d'une coalition. Autre matière à satisfaction, les alliés xénophobes, ultracatholiques, revanchards, et on en passe, de Samoobrona et de la Ligue des familles polonaises ont disparu de la carte. En effet, ces militants maniaques de la délation, de la peine de mort, de l'antisémitisme et de la chasse aux homosexuels ont été renvoyés dans leurs foyers où l'étroitesse d'esprit se confond avec la chape de plomb. Espérons que de ce revers le très influent clergé polonais tirera les leçons qui s'imposent. »

Le Devoir (Québec, Canada), 23 octobre 2007, p. A8.

Gouvernance et gouvernement [ 21 octobre 2007 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Pologne
ÉlevéLech KaczynskiJaroslaw Kaczynski

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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Élection en Pologne d'un gouvernement dirigé par Donald Tusk

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