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11 avril 2007

Attentats terroristes en Algérie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

En réaction à une opération des forces de sécurité visant à le démanteler, un groupe terroriste islamiste, membre du mouvement Al-Qaida, commet des attentats suicides à Alger. Ils font 33 morts et plus de 200 blessés.

En septembre 2006, un membre influent d'Al-Qaida annonce l'union du groupe salafiste algérien pour la prière et le combat, du groupe islamiste de combat marocain et du groupe combattant tunisien au sein d'un seul groupe terroriste d'Al-Qaida dans le Maghreb islamiste. En janvier 2007, ce groupe s'étend à la Mauritanie et à la Lybie et passe à l'action. Le mois suivant, la police algérienne frappe les terroristes dans la région montagneuse de Qashra, qui leur sert de base. Elle démantèle aussi un réseau à Constantine, mais le groupe poursuit ses activités. En mars, il fait une offre d'amnistie irrecevable aux forces de l'ordre des pays du Maghreb. Elle est suivie par de nouveaux affrontements, dont des embuscades de convois militaires qui font plusieurs morts. Le gouvernement algérien lance alors une vaste opération militaire anti-terroriste dans l'est du pays avec des blindés et des hélicoptères d'assaut. Al-Qaida réplique avec des attentats à Alger et Casablanca, au Maroc. Le 11 avril, deux attentats suicides frappent simultanément les bureaux du premier ministre algérien Abdelaziz Belkhadem et un poste de police à Bab Ezzouar qui sert aussi de quartier régional à Interpol. Dans le premier cas, l'explosion d'une voiture piégée fait 25 morts et 150 blessés, mais ne touche pas les bureaux du premier ministre. Le deuxième attentat fait huit morts et 50 blessés. Al-Qaida les revendique, mais les autorités marocaines rejettent tout lien entre les attentats d'Alger et ceux de Casablanca. Ces actions montrent la volonté d'Al-Qaida d'ouvrir un nouveau front. En Algérie, Belkhadem exprimera son amertume devant ces attentats, les plus importants à Alger depuis les années 1990. Ils marquent un recul dans la lutte du gouvernement contre le terrorisme.

Dans les médias...


S.A., « Les attentats en Algérie »

«...Unanimement condamnés par les partis politiques, les attentats pourraient constituer un tournant dans la stratégie du GSPC. Le recours aux kamikazes n'est pas, en effet, une « tradition » des radicaux algériens. Un, et peut-être deux attentats contre des bâtiments de la police ont pu être attribués à des kamikazes en 1995 et 1996. Mais les mouvements islamistes, pour des raisons d'interprétation religieuse - l'islam prohibant le suicide - n'ont pas emprunté cette voie. Certains présentent ces attaques comme une tentative de desserrer l'étau imposé aux islamistes armés par l'armée. Mais le choix des cibles et les méthodes utilisées constituent des nouveautés indéniables et la confirmation d'une audace qui s'est déjà manifestée dans l'attaque armée contre des agents d'une filiale de la société américaine Halliburton à Bouchaoui, près d'Alger, en décembre 2006. »

Le Monde (France), 13 avril 2007, p. 4.

Julia Ficatier, Amine Kadi, « Questions autour d'Al-Qaida et des kamikazes du Maghreb »

«...La libération d'islamistes et la politique d'amnistie prônées par le président Abdelaziz Bouteflika ne sont pas en cause, contrairement à ce qu'on pourrait croire. Les « fondamentaux » de la guérilla islamiste des années 1990 étaient largement nationaux, ce second feu, lui, trouve son ressort dans l'actualité internationale. C'est l'occupation américaine de l'Irak et l'échec de la naissance d'un État palestinien qui ont insufflé un nouveau dynamisme à la survivance des groupes armés en Algérie. Les nouvelles recrues sont appelées à libérer le monde islamique de « la botte impie ». L'Algérie est un champ d'exercice préparatoire, son pouvoir étant réputé pro-américain. La politique de l'amnistie a mal refermé l'épisode dramatique des années 1990 mais n'est pas « techniquement » responsable du regain du terrorisme. »

La Croix (France), 13 avril 2007.

José Garçon, « Le Maghreb dans le cyclone jihadiste »

«...Outre que les émules de Ben Laden sont désormais des « franchisés » n'ayant plus besoin d'ordres venus d'en haut, leurs objectifs semblent trop différents pour être unifiés. Même si des contacts portant sur une coopération technique sont possibles. Alors que jusqu'à son allégeance à Al-Qaeda le GSPC était endogène et visait le régime algérien, les jihadistes, eux, voient dans le royaume chérifien un « indéfectible allié » des Occidentaux et la terre de toutes les « perditions ». Et c'est à ce titre que le Maroc est un ennemi à frapper. L'intérêt des pays de la région, ainsi que des Etats-Unis, à amplifier l'importance et la présence de ce groupe au Maghreb complique aussi les choses. Ainsi, depuis le 11 septembre 2001, les autorités algériennes font tout pour accréditer l'idée qu'Al-Qaeda Maghreb menace toute la région. Elles visent deux objectifs : d'une part, transformer la sale guerre de la décennie 90 contre les islamistes en « premier combat contre le terrorisme international » pour éviter toute (éventuelle) poursuite internationale concernant les 10 000 disparitions imputables aux forces de sécurité et aux groupes paramilitaires ; d'autre part, il s'agit d'apparaître aux yeux des Américains comme le seul Etat fort de la région capable de contrôler tout le nord de l'Afrique et d'obtenir les armements sophistiqués que ce « statut ». »

Libération (France), 12 avril 2007, p. 7 et 8.

Jocelyn Coulon, « Contagion au Maghreb »

«...Cette violence inquiète les pouvoirs en place d'autant plus que des élections législatives doivent avoir lieu dans ces deux pays au cours des prochaines semaines. Malgré des avancées certaines sur le plan économique et politique, les deux sociétés restent fragilisées par une démographie encore forte, des perspectives d'avenir plutôt sombres pour les jeunes, un système politique, certes plus libre, étroitement encadré et un rude débat sur la place de la femme. Une victoire des islamistes au Maroc et leur percée notable en Algérie seraient le signe d'un certain échec des pouvoirs en place à satisfaire un électorat de plus en plus revendicateur et impatient. Il ne faut pas croire, pour autant, que ces sociétés basculeraient dans l'islamisme intégriste. Les Marocains et les Algériens voient ce qui se passe en Irak et en Palestine. La violence est une impasse et de nombreux islamistes l'ont compris. Aujourd'hui, ces peuples regardent vers le monde et surtout vers l'Europe. Et les perspectives leurs sont grandes ouvertes s'ils savent être patients. »

La Presse (Québec, Canada), 12 avril 2007, p. A20.

Gouvernance et gouvernement [ 11 avril 2007 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Algérie
LimitéAbdelaziz BouteflikaAbdelaziz Belkhadem

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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