26 janvier 1978 Déclenchement d'une grève générale en Tunisie Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde
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 Habib Bourguiba |
Rompant avec une entente qu'elle avait endossée, l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) défie le gouvernement en déclenchant une grève générale. Des émeutes s'ensuivent dans tout le pays, entraînant la proclamation de l'état d'urgence. L'armée rétablira l'ordre au prix d'une forte répression.
Après une forte croissance économique entre 1970 et 1975, la Tunisie connaît un ralentissement. Il se précise alors que le gouvernement a adopté un processus de libéralisation de l'économie. Critique de cette politique, l'UGTT émerge comme la principale force d'opposition. À la suite du ralentissement économique, le chômage double, provoquant des manifestations d'étudiants et de travailleurs. Pour empêcher une crise, le gouvernement s'entend avec l'UGTT le 19 janvier 1977. Celle-ci s'engage à contrôler les ouvriers en retour d'une augmentation des salaires pendant six mois, chaque fois que les prix augmenteraient de 5%. Mais alors que le gouvernement perçoit l'entente comme un pacte honoraire, et non un contrat, le syndicat considère qu'il s'agit de garanties. Cette mésentente, jointe à la chute de l'économie, mène à une confrontation. En octobre 1977, les ouvriers de Ksar-Hellal déclenchent un arrêt de travail qui aboutit à un premier affrontement avec l'armée. Aux yeux du gouvernement, l'UGTT n'a pas tenu parole. La confrontation survient le 26 janvier alors que l'UGTT appelle à la grève générale. Des milliers de travailleurs et de jeunes, parfois des chômeurs, non affiliés à l'UGTT, descendent dans les rues. À Tunis, les manifestants envahissent le centre-ville et les quartiers huppés, établissant des barricades et vandalisant des édifices publics. L'état d'urgence est proclamé et, pour la première fois depuis l'indépendance, le gouvernement utilise l'armée contre les travailleurs. Elle tire sur les émeutiers, faisant au moins 200 morts et 100 blessés, et arrête le président de l'UGTT, Al Habib Ashour. En 1981, tous les dirigeants seront pardonnés. Le mythe de la stabilité tunisienne restera néanmoins ébranlé par ce conflit. |
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Gouvernance et gouvernement [ 26 janvier 1978 ]
| Pays | Niveau de démocratie | Chef de l'État | Chef du gouvernement |
 Tunisie | Faible | Habib Bourguiba | Hedi Amira Nouira |
Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).
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Évolution des composantes du système politique
| Profil | Gouvernants | Démocratie | Partis politiques |
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Chronologie [1973 - 1983]
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