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5 janvier 1964

Voyage du pape Paul VI au Moyen-Orient

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Paul VI

Peu de temps après avoir succédé à Jean XXIII à la tête de l'Église catholique romaine, le pape Paul VI devient le premier souverain pontife à effectuer un voyage en avion. Il fait à cette occasion une visite au Moyen-Orient et s'arrête à Jérusalem où il en profite pour propager son message de paix.

Au cours des années 1960, l'Église catholique romaine vit de grands bouleversements. L'ouverture du concile Vatican II, en 1962, est suivie de près par la mort de Jean XXIII, l'année suivante, et l'avènement de son successeur, Paul VI. Celui-ci manifeste rapidement le désir de voyager et de diffuser son message dans le monde. En janvier 1964, il devient le premier pape à quitter l'Italie depuis le XIXe siècle. Il prend alors l'avion -une autre première- pour se rendre au Moyen-Orient. Ce périple survient dans un contexte de tensions entre le monde arabe et l'État d'Israël. Celles-ci sont accentuées à cause de la volonté d'Israël de détourner de l'eau de la mer de Galilée vers la région désertique de Negev, dans le sud du pays. Réunis au Caire, les pays arabes font connaître leur opposition à ce projet. Même s'il rencontre les dirigeants de Jordanie (le roi Hussein) et d'Israël (Zalman Shazar, Levi Eshkol), Paul VI précise que son voyage n'a pas de visées politiques, mais que des «motifs purement spirituels». Le fait saillant de ce passage au Moyen-Orient est son arrêt en Terre sainte. Le pape visite plusieurs lieux historiques (Bethléem, Nazareth, la rivière du Jourdain, le chemin de croix de Jésus) et célèbre même une messe à l'endroit où Jésus aurait été crucifié. La volonté d'ouverture de Rome à tous les chrétiens, ainsi qu'aux autres religions, s'exprime aussi par une rencontre historique avec le patriarche Athênagoras I d'Istanbul, le chef de l'Église orthodoxe de l'Est. Le 6 janvier, les deux hommes se recueillent même au mont des Oliviers. Il s'agit du premier d'une longue série de voyages pour Paul VI qui, en 1965, deviendra le premier pape à fouler le sol de l'Amérique.

Pour en savoir plus: Lettre encyclique Pacem in Terris

Dans les médias...


Georges Suffert, « La foire sacrée de Jérusalem »

«...Il (Paul VI) ne lui restera plus qu'à retourner à Jérusalem, rentrer en Jordanie et rencontrer Athénagoras. Sur cette rencontre, tout a été dit. D'ailleurs les moindres gestes avaient été fixés à l'avance. Dans cette réhabilitation de Byzance, dans cette acceptation de la fin de la toute-puissance romaine, il est vrai qu'il y avait plus qu'une signe. Une démarche dont personne ne sait jusqu'où elle mènera. Ce voyage était une foire sacrée. Une idée de Jean XXIII, réalisée par Paul VI. Mais sur la voie de l'oecuménisme, le premier, prudent, n'avait guère songé qu'à la rencontre avec l'orthodoxie. En allant à Jérusalem, Paul VI s'est trouvé nez à nez avec le judaïsme et l'Islam. Dans son dernier discours à Bethléem, il n'avait plus qu'une ressource : parler du Dieu d'Abraham. À cette seconde, le grand dialogue des monothéistes commençait. Une idée. Il y en a pour un siècle.»

L'Express (France), 9 janvier 1964, p. 12.

Robert Roquette, « L'enseignement de Paul VI »

«...l'importance historique incomparable de ce pèlerinage tient à la rencontre de l'évêque de Rome et du patriarche de toute l'Orthodoxie : rencontre fraternelle, sans souci de préséance, de privilèges, d'honneurs, de revendications, rencontre empreinte seulement de charité et d'humilité. Certes, pour autant, subsiste le formidable obstacle, cimenté par un millier d'années, qui sépare les grandes Églises dans la succession apostolique, héritières de la foi antique, unies sacramentalement par des eucharisties identiques. Cet obstacle, c'est la détermination de ce qu'implique la « présidence de la charité » que l'Orient orthodoxe ne refuse pas à l'évêque de Rome. Mais une brèche est ouverte dans ce mur, du fait que les deux chefs des grandes Églises apostoliques ne considèrent plus cet obstacle formidable comme absolument infranchissable, qu'ils affirment ensemble leur désir de travailler à le vaincre, qu'ils peuvent se traiter comme des frères, qu'ils se donnent le baiser de paix et qu'ils prient ensemble là même où le Christ a pleuré et sué le sang après avoir prié pour l'unité. Depuis les séparations désastreuses du XIe siècle, il n'y a peut-être pas eu d'événement plus lourd de conséquences lointaines que cette rencontre de Paul de Rome et d'Athénagoras de Constantinople, sur le mont des Oliviers, en l'Épiphanie de 1964. »

Études (France), février 1964, p. 244-245.

André Laurendeau, « Pèlerinage en Terre sainte »

«...Ce n'est pas que tout soit réglé. Paul VI l'a rappelé avec honnêteté et délicatesse. Des orthodoxes grecs ont regardé la rencontre du mont des Oliviers comme une sorte de trahison et, pour l'expier, ils sont restés en prière toute une nuit. Ni la méfiance, ni les doctrines ne désarment. Le pape réaffirme lui-même que l'amitié ne peut être obtenue « au détriment des vérités de la foi ». Mais l'attitude même est devenue plus ouverte et plus généreuse. (...) Et juifs, musulmans, protestants et catholiques se pressent dans les rues étroites de Jérusalem : par le mouvement de la cohue, dans l'écran de télévision, ils ressemblent soudain aux foules que les peintres primitifs montrent dans leurs chemins de croix. Ce que le protocole prévoyait n'arrive pas exactement, ce qu'il ne prévoyait pas arrive sous nos yeux : le pape disparaissant presque dans ce tohu-bohu, confusion heureuse, pouillerie colorée, incroyable mélange des races et des prières. Après ces jours de gloire et de vérité, chacun se retrouve soi, et environné de difficultés. Cependant ils ont eu lieu et leur trace demeure. Les chrétiens ne pourront plus se regarder les uns et les autres tout à fait comme autrefois. La nostalgie de l'unité est plus forte. »

Le Devoir (Québec, Canada), 7 janvier 1964, p. 4.

S.A., « The dialogue begins »

«...A few years ago a meeting between Pope and Patriarch - let alone the Mount of Olives for its setting - was hardly a dream. That it should in 1964 become a reality speaks much for the charity and humility of each participant, and for the wisdom of Pope John, whose work made possible the Epiphany pilgrimage of his successor. (...) « What can and must now commence », said Pope Paul to Patriarch Athenagoras, « is that fraternal charity, which is ingenious in finding out new ways of showing itself. » Much will depend on the work of the Vatican Council. The real stumbling block in relations between east and west has always been papal claims of supremacy. That Rome has primacy among bishoprics has generally been conceded in the east, but the way in which primacy was interpreted has been rejected. The first Vatican Council, concentrating on papal authority, strengthened eastern objections. The second, in its consideration of the rights of the episcopate, may evolve in a way that the Orthodox churches can better understand. At least, this week, the direct dialogue has begun. »

The Times (Royaume-Uni), 7 janvier 1964, p. 9.

Gouvernance et gouvernement [ 5 janvier 1964 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Israël
ÉlevéZalman ShazarLevi Eshkol

Jordanie
FaibleHussein ibn Talal al-HashimiSharif Hussein ibn Nasser

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1959 - 1969



novembre
1959
[Résultats] Élections législatives

août
1961
[Résultats] Élections législatives

décembre
1961
Condamnation à mort d'Adolf Eichmann

juin
1963
Démission du premier ministre israélien David Ben Gourion

janvier
1964
Voyage du pape Paul VI au Moyen-Orient

novembre
1965
[Résultats] Élections législatives

juin
1967
Début de la guerre des Six jours au Moyen-Orient

octobre
1969
[Résultats] Élections législatives


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