6 avril 2025

18 février 2020

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La dette angolaise : creuse, mais « soutenable » selon le FMI

Marqué par des améliorations économiques notables et la fin d'une guerre civile qui durait depuis plus de 25 ans, le début du 21e siècle laissait présager l'établissement d'un développement soutenu en Angola (1). Malgré tout, l'ancienne colonie portugaise est plongée dans une crise financière si profonde que le redressement de sa dette se retrouve désormais entre les mains du Fonds monétaire international (FMI) (2).

Alors qu'elle s'élevait à plus de 90 % de son produit intérieur brut (PIB) en 2018, la dette publique angolaise se classait parmi les dix plus hautes du continent africain durant cette même année. Cette situation, qui se doit d'être corrigée selon la secrétaire d'État angolaise au budget Aia-Eza da Silva, a toutefois été qualifiée de « soutenable » par la directrice générale du FMI, Christine Lagarde (3).

Cette confiance, dont fait preuve la dirigeante du FMI, est directement liée aux mesures prises par le président angolais João Lourenço afin de remédier à la situation financière difficile du pays. En 2018, ce dernier lançait son « programme de stabilisation macroéconomique 2018-2022 », axé sur l'assainissement budgétaire du pays et des réformes structurelles (4). Soutenues par un accord d'assistance financière du FMI et de nombreux programmes de financement des politiques de développement de la Banque mondiale, ces réformes entreprises par le gouvernement rassurent quant à la capacité de l'Angola de restaurer une certaine stabilité budgétaire (5).

La conjoncture économique affectant l'Angola est attribuable à un manque de diversification de ses activités, qui se concentrent en grande partie autour de la production de pétrole destiné à l'exportation. En effet, selon la Banque africaine de développement, ce pays membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) « continue de faire face à un environnement macroéconomique difficile depuis la forte baisse des prix du pétrole en 2014 (6) ». Cette diminution des recettes liée au retournement des cours pétroliers a non seulement contracté le PIB du pays depuis 4 ans, mais il a aussi entrainé une dépréciation de la monnaie locale, le kwanza, et fait grimper l'inflation (7).

Médiagraphie

(1) Angola, Perspective monde, URL [hyperlien] (consulté le 15/02/2020)

(2) Atcha, Emmanuel, « Crise économique : Luanda se retourne vers le FMI », La Tribune Afrique, 30 août 2018, URL [hyperlien] (consulté le 15/02/2020)

(3) Agencia Angola Press, « La dette de l'Angola est soutenable - Christine Lagarde », 25 décembre 2018, URL [hyperlien] href='/./bilan/servlet/BMPays/AGO'>Angola-est-soutenable-Christine-Lagarde,045c8a1e-287c-43aa-9954-8c984d7b209a.html (consulté le 15/02/2020)

(4) Fonds monétaire international, Déclaration de la Directrice générale du FMI, Christine Lagarde, à l'issue de sa visite en Angola, 22 décembre 2018, URL [hyperlien] (consulté le 15/02/2020)

(5) Contexte économique de l'Angola, Banque mondiale, URL [hyperlien] (consulté le 15/02/2020)

(6) Perspectives économiques de l'Angola – Performances macroéconomiques, Groupe de la banque africaine de développement, URL [hyperlien] (consulté le 15/02/2020)

(7) Agencia Angola Press, « L'Angola et le FMI veulent la dette en bas des 90 % du PIB », 8 septembre 2019, URL [hyperlien] href='/./bilan/servlet/BMPays/AGO'>Angola-FMI-veulent-dette-bas-des-PIB,d426b5bd-7d96-4f9b-a28c-fe52d78a026e.html (consulté le 15/02/2020)



Dernière modification: 2020-02-24 07:33:45

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