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24 janvier 2012

Fin de la guerre en Irak : les Américains retirent leurs troupes dans l'incertitude


Jasmin Roy-Rouleau
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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Le 15 décembre 2011, le président américain Barack Obama annonce le retrait des troupes restantes en Irak. Il met ainsi fin à une intervention controversée qui a duré près de neuf ans.

Déclenchée en 2003 par les troupes de la coalition menée par les forces américaines du président George W. Bush, l'invasion de l'Irak s'était déroulée sans l'accord de l'Organisations des Nations unies. La guerre mena à la fin de règne de 24 ans du dictateur Saddam Hussein à la tête de l'Irak et à l'instauration éventuelle d'un régime démocratique.

Le retrait des troupes et le maintien d'une force de soutien

L'administration Bush avait signé en 2008 un accord avec Bagdad qui stipulait que les troupes américaines allaient complètement avoir quitté l'Irak pour la fin de 2011(1). Le président Obama a donc légèrement devancé cette date, en annonçant le 15 décembre le retrait complet des troupes.

En 2007, les effectifs avaient atteint près de 170 000 soldats américains dans 505 bases en Irak. Avec le retrait progressif des troupes et le transfert vers d'autres zones de conflit comme en Afghanistan et en Libye, il ne restait plus, en décembre 2012, que 4 500 à 6 000 soldats américains répartis dans 2 bases. Les Américains transfèrent donc la sécurité du pays aux 900 000 membres des forces de sécurité irakiennes qu'ils ont formés(2).

Les forces américaines restantes en Irak vont compter 325 membres des forces armées, divisés en deux groupes. D'une part, 175 militaires vont travailler à l'Office of Security Cooperation-Iraq (OSCI), qui a pour objectif d'aider à la formation des troupes irakiennes(3). Puis, 150 autres vont assurer la sécurité de l'ambassade américaine à Bagdad(4).

Les cérémonies célébrées dans la joie et dans le doute

Le 15 décembre, le président Obama était à la base de Fort Bragg, en Caroline du Nord, pour prononcer un discours devant près de 3000 soldats. Il est revenu sur le lourd bilan de cette guerre, 1000 milliards de dollars en plus de la participation de plus de 1,5 million de soldats américains, qui a causé un total de près de 30 000 blessés et près de 4500 morts américains. Certains journaux, comme le Washington Post, ont trouvé que Barack Obama avait « une vision trop rose de l'Irak(5)», notamment lorsque le président américain a déclaré :

« Bien sûr, l'Irak n'est pas devenu un endroit parfait. Cependant, nous laissons derrière nous un Irak souverain, stable et à même d'assumer seul ses responsabilités, avec un gouvernement représentatif qui a été élu par le peuple [...] C'est une réussite extraordinaire, qui a pris neuf ans (6).»

Ce discours est prononcé alors que de nombreux doutes subsistent quant à la stabilité du gouvernement irakien. Dans ce pays il y a encore, au moment du départ des troupes américaines, près de 500 à 750 attaques par mois, incluant les assassinats, les attaques de roquettes et des attentats à la bombe(7).

De son côté, le secrétaire à la Défense, Leon E. Panetta, était à l'aéroport international de Bagdad, lieu emblématique puisque l'aéroport fut le tout premier lieu à être occupé par l'armée américaine lors de son entrée dans la capitale en mars 2003. Comme Obama, Panetta n'a pas parlé de victoire, allant même jusqu'à dire que les prochains jours allaient être déterminants pour la stabilité du pays : « Let me be clear: Iraq will be tested in the days ahead - by terrorism, and by those who would seek to divide, by economic and social issues, by the demands of democracy itself (8).»

Durant la cérémonie, les soldats américains ont replié le drapeau américain qui flottait depuis 2003 sur la ville. Les Américains avaient réservé deux sièges : l'un était étiqueté pour le premier ministre Nouri al-Maliki, l'autre pour le président Jalal Talabani. Cependant, aucun haut fonctionnaire du gouvernement irakien ne s'est déplacé pour l'occasion(9).

Dans les rues de Bagdad, les Irakiens approchés par les journalistes ont massivement dit qu'ils étaient heureux que les troupes américaines retournent chez eux. Cependant, certains semblaient aussi nerveux que le départ des Américains provoque plus d'instabilité dans le pays(10).




Références:

(1) Le Point.fr, «Obama annonce le retrait des troupes d'Irak d'ici la fin 2011», modifiée le 21/10/2011, http://www.lepoint.fr/monde/obama-annonce-le-retra... (page consultée le 23 janvier 2012).

(2)Metrofrance, «Irak, la fin de la guerre est déclarée», modifiée le15/12/2011,http://www.metrofrance.com/info/irak-... (page consultée le 22 janvier 2012).

(3) Liz Sly and Craig Whitlock, «Iraq wardraws to a quiet close», The Washington Post, publiée le 15/12/2011, http://www.washingtonpost.com/world/middle_east/ir... (page consultée le 22 Janvier 2012)

(4)Laure Mandeville, «L'Amérique met fin à sa longue guerre en Irak», Le Figaro, modifiée le 16/12/2011, http://www.lefigaro.fr/international/2011/12/16/01... (page consultée le 23 Janvier 2012)

(5)Richard Hétu, «Obama marque la fin de la guerre en Irak: «Bienvenue au pays»», La Presse, modifiée le 15/12/2011, http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis... (page consultée le 23 Janvier 2012)

(6)Agence France-Presse,«Le retrait de l'armée américaine d'Irak - «C'est une réussite extraordinaire»», Le Devoir.com, publiée le 15/12/2011, http://www.ledevoir.com/economie/actualites-econom... consultée le 22 Janvier 2012)

(7) Tim Arango, «U.S. Marks End to 9-Year War, Leaving an Uncertain Iraq», The New-York Times, publiée le 15/12/2011, http://www.nytimes.com/2011/12/16/world/middleeast... (page consultée le 22 Janvier 2012)

(8)Thom Shanker, et al. «In Baghdad, Panetta Leads Uneasy Moment of Closure»,The New-York Times, publiée le 15/12/2011,http://www.nytimes.com/2011/12/16/world... consultée le 22 Janvier 2012)

(9) Ibid.

(10) Liz Sly and Craig Whitlock, op.cit

Dernière modification: 2012-03-06 18:54:03

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.

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