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29 novembre 2011

Réélection facile pour Cristina Kirchner


Charles Bélanger Bertrand
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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Le 24 octobre 2011, sans grande surprise, Cristina Fernandez de Kirchner est réélue à la présidence de l'Argentine. Après avoir été élue au premier tour en 2007 avec 45,29% des voix, elle avait pris la place de son mari Nestor Kirchner, président de 2003 à 2007. En fait, le couple avait comme objectif de travailler conjointement et d'alterner à la présidence afin de se conformer à une loi constitutionnelle qui empêche un candidat de briguer plus de deux mandats consécutifs en Argentine (1). Par contre, la mort soudaine de Nestor Kirchner en 2010, foudroyé par une crise cardiaque, est venue changer les plans du camp Kirchner.

Soulevée par l'encouragement populaire à continuer ce qu'elle et son mari avaient entrepris en 2003, Cristina décide de briguer une nouvelle fois la présidence argentine. Malgré son immense chagrin, elle voit dans la mort de Nestor Kirchner un signe à poursuivre le travail qui avait sorti l'Argentine de la catastrophe économique de 2001 (2). En effet, après avoir été obligée de déclarer faillite en 2001, l'Argentine est aujourd'hui privée de financement international, ce qui rend difficile la gestion des grands piliers économiques du pays (3).

Victoire convaincante

Comme plusieurs l'anticipaient, la présidente Kiechner a remporté l'investiture au premier tour de scrutin avec plus de la moitié des intentions de votes. Voguant sur une sympathie populaire après le décès de son mari et une amélioration de l'économie du pays qui connaît une croissance moyenne annuelle de 7% depuis huit ans, la présidente a distancé son plus proche rival, le socialiste Hermes Binner, avec 53,4% de voix contre seulement 17,2% (4).

Aux législatives, le Parti justicialiste de Kirchner affrontait six différentes coalitions politiques qui se battent pour quelques sièges au Parlement, sans vraiment aspirer à diriger le pays (5). La popularité du parti de centre-gauche de Kirchner semblait pourtant vouloir s'effriter lors des élections de mi-mandat, en juin 2009, alors que son équipe avait perdu la majorité à l'Assemblée. La présidente avait voulu imposer une augmentation des taxes sur les exportations de soja et s'était mis à dos la majorité des agriculteurs argentins, ce qui avait fait baisser son niveau de popularité à 20% (6).

La fin de la crise économique profite à Kirchner

Le redressement et la stabilisation de l'économie mondiale, ainsi que les opportunités commerciales d'exportation massive pour les pays de l'Amérique du Sud lors des deux dernières années, ont profité à Kirchner (7). Tout en faisant preuve de beaucoup d'audace pour regagner la confiance populaire, la présidente s'est tout d'abord attaquée à la création d'emplois et a réussi à faire baisser le taux de chômage à 7%, une situation que les Argentins n'avaient pas connu depuis 20 ans (8).

De plus, selon plusieurs spécialistes, l'une des initiatives qui a fait grimper la popularité de Kirchner depuis 2009 est le programme « Football pour tous ». Afin de créer un lien direct entre le gouvernement et la population, Kirchner a mis fin à une entente entre la Fédération argentine de football et la chaine de télévision la plus populaire en Argentine. Cela a permis à plus de la moitié de la population de pouvoir visionner tous les matchs de la première ligue sur une chaîne publique (9). Cette décision, qui ne faisait pas l'unanimité au départ, s'est avérée un pari audacieux, mais très profitable pour Cristina Kirchner.

La sympathie de la population face à la mort de Nestor Kirchner et le redressement de l'économie en Argentine ont été sans contredit des facteurs influents dans la réélection de Cristina Kirchner. La femme qui semblait sur le point de se retirer de la vie politique après la mort de son mari a su profiter de la situation et de son expérience pour reconquérir le peuple argentin et poursuivre le travail entamé depuis 2003.




Références:

1. LATIN REPORTERS. La présidente argentine Cristina Kirchner à nouveau candidate, [En ligne], 23 juin 2011, http://www.latinreporters.com/argentinepol23062011dj.html, ( page consultée le 27 novembre 2011).

2. GABETTA, Carlos. Crise totale en Argentine, Le Monde diplomatique, [En ligne], janvier 2002, http://www.monde-diplomatique.fr/2002/01/GABETTA/16029, (page consultée le 27 novembre 2011).

3. BEHAGUE, Caroline, Argentine : Cristina Kirchner veut assainir les comptes, Latin Reporters, [En ligne], 23 novembre 2011, http://www.latinreporters.com/argentineeco23112011ew.html, ( page consultée le 27 novembre 2011).

4. LE MONDE, La présidente argentine Cristina Kirchner réélue dans un fauteuil, [En ligne], 24 octobre 2011, http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/10/24... (page consultée le 27 novembre 2011).

5. BAMAT, Joseph. Cristina Kirchner, les raisons d'une victoire assurée, France24, [En ligne], 23 octobre 2011, http://www.france24.com/fr/20111021-argentine-cris... ( page consultée le 27 novembre 2011).

6. CARMARANS, Christophe. En Argentine, Cristina Kirchner a surmonté les épreuves pour conquérir un deuxième mandat, RFI, [En ligne], 24 octobre 2011, http://www.rfi.fr/ameriques/20111023-argentine-le-... (page consultée le 27 novembre 2011).

7. BAMAT, J., Op. Cit.

8. PIRONET, Olivier. Argentine, victoire écrasante de Mme Kirchner, Le Monde diplomatique, [En ligne], 26 octobre 2011, http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-10-25... (page consultée le 27 novembre 2011).

9. BAMAT, J., Op. Cit.

Dernière modification: 2011-12-05 08:32:24

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