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24 octobre 2011

Une paix possible entre le gouvernement philippin et le MILF ?


Simon Laplante
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

mai
2016
Élection de Rodrigo Duterte à la présidence des Philippines

novembre
2013
Passage du typhon Haiyan sur les Philippines

octobre
2011
Atteinte du cap des 7 milliards d'habitants sur la Terre

janvier
2001
Départ du président philippin Joseph Estrada

novembre
1989
Création de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique

février
1987
Adoption par référendum d'une nouvelle Constitution aux Philippines

février
1986
Assermentation de Corazon Aquino à la présidence des Philippines

juillet
1979
Ouverture d'une conférence internationale sur les réfugiés de la mer en Asie du Sud-Est

septembre
1972
Promulgation de la loi martiale aux Philippines

août
1967
Création de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est

novembre
1965
Élection de Ferdinand Marcos à la présidence des Philippines

septembre
1963
Proclamation de l'indépendance de la Malaisie

mars
1957
Décès du président philippin Ramon Magsaysay

avril
1955
Ouverture d'une conférence internationale à Bandoeng

septembre
1954
Création de l'Organisation du traité de l'Asie du Sud-Est

Le 24 août 2011 prenait fin la 22e session de négociation entre le gouvernement philippin et le Front de libération islamique Moro (MILF) à Kuala Lumpur, en Malaisie. Malgré l'absence d'un accord contraignant entre les deux parties, le processus de paix semblait s'intensifier depuis quelques années. Depuis des décennies, le groupe musulman MILF dénonce la discrimination et la dépossession continuelle de ses droits et de ses biens par l'État philippin (1).

Cette rébellion, exercée par ce célèbre groupe, s'inscrit dans un contexte pour le moins particulier. En effet, si jamais un accord de paix concluant avait vu le jour, les Philippins auraient sans aucun doute ressenti un soulagement sans pareil. Les 40 ans de rébellion dans le sud des Philippines, plus particulièrement à Mindanao, seraient à l'origine de plus 120 000 décès (2).

Le MILF : groupe de pression ou terroristes?

Le Front de libération islamique Moro tient son existence du MNLF, c'est-à-dire du Front national de libération Moro. En 1977, certains partisans du MNLF croyaient vivement en la nécessité d'intenter des actions plus radicales afin d'atteindre leur but principal, soit l'établissement d'un État islamique dans le sud des Philippines. Après la signature d'un accord en 1987 entre le Front national et le gouvernement, qui donnait un peu d'autonomie sur certains territoires à l'organisation, le MILF s'était complètement dissocié de l'accord.

Depuis ce jour, on observe une intensification marquante des actions violentes. On peut parler notamment de plusieurs actes terroristes et d'assassinats qui ont fortement troublé la population philippine durant plusieurs années(4). Malgré la guerre constante que les militants ont livrée contre les dirigeants du gouvernement philippin et contre ses supporteurs, on observe aujourd'hui une atténuation de la violence et surtout une plus grande volonté d'atteindre la paix chez le MILF.

Le Front de libération islamique sous l'emprise de la violence

À l'heure actuelle, le Front islamique semble en effet réduire ses demandes, à tout le moins s'ouvrir à des possibilités d'ententes et de compromis. Le gouvernement philippin accuse ce groupe de plusieurs attentats et meurtres durant les 5 dernières années. Cependant, les séparatistes nient toute responsabilité dans ces événements. Leurs demandes restent nombreuses et compliquées pour l'État, mais une décision politique d'envergure s'impose. Le président des Philippines dit à cet égard : « The focus is still on the traditional way of having palliative solutions to the Muslim problem in Mindanao. Palliative solutions such as socio-economic development will be an exercice in futility if there is no political solution» (5).

Sans aucun doute, la force du mouvement s'est accrue au fil des ans grâce à l'augmentation de ses membres et de ses activités dans diverses sphères de la société. C'est dorénavant le groupe de pression et de contestation le plus fort aux Philippines, malgré l'échec constant des négociations avec le gouvernement, notamment les «rounds» de février, d'avril et de juin 2011.

Un rapport du groupe international de crises du 3 août 2011 est d'ailleurs très explicite à ce sujet. Il tente notamment d'illustrer les avantages et les désavantages de chacune des parties dans ces négociations. Selon ce rapport, plusieurs objectifs secondaires sont poursuivis, mais la résolution du conflit reste la priorité : «A second objective is to prove a peace settlement with the MILF is worth supporting and can be effectively implented. The logic of this is less obvious» (6).

Un accord difficile à atteindre

Le 4 août 2011 se terminait une autre session entre le gouvernement et le MILF. Marvic Leonen, le chef de paix de la délégation gouvernementale, démontre à cette occasion que la proposition « 3 en 1 » tente de promouvoir la paix et d'améliorer le niveau de vie au Mindanao. Ce plan est censé aboutir à un accord politique entre les parties, à une reconnaissance mutuelle culturelle et historique ainsi qu'à une vision d'un avenir économique prospère (7). Le gouvernement a aussi invoqué la volonté de travailler avec le MILF pour l'élaboration de différents programmes sociaux dans le sud des Philippines.

Dans un objectif plus politique, la stratégie du gouvernement est d'instaurer des bonnes règles de gouvernance dans le pays, en procédant aux négociations des processus de paix regroupant le MILF et le MNLF. Toutefois, comme à l'habitude, n'ayant pas obtenu exactement ce qu'ils voulaient, les rebelles rejettent la proposition. Ce conflit se réglera-t-il seulement lorsque la minorité religieuse musulmane obtiendra un véritable État souverain?




Références:

1- CONDE, Carlos H., «Rebels Reject Autonomy Plan for Filipino Muslims», New York Times, 08.24.2011.

2- JIBU, Guo, «Phillipines : les pourparlers de paix avec le MILF sur la bonne voie», 26 juillet 2011, http://www.chine-informations.com/actualite/asie/p... Consulté le 16 octobre 2011.

3- 20 MINUTES.fr, «Philippines : le Président rencontre le principal leader rebelle», mis à jour le 05.08.11, http://www.20minutes.fr/ledirect/766596/philippine... consulté le 16 octobre 2011.

4- CEROJANO, Teresa and GOMEZ, Jim, «Philippine president meets Muslim rebel chief in Japan to speed up peacetalks», Canadian Press, 5 août 2011.

5- GRAFILO, John, «Muslim rebels keep faith in Philippine peacetalks», Agence de presse germanique, 5 septembre 2011.

6- INTERNATIONAL crisis group, « The Philippines: A new strategy for peace in Mindanao?», Asia Briefing n.125, 3 août 2011.

7- ROP, Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix, mise à jour octobre 2011, http://www.operationspaix.net/spip.php?page=chrono... consulté le 16 octobre 2011

Dernière modification: 2011-10-24 12:14:46

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