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3 octobre 2011

La Palestine membre des Nations unies?


Charles Bélanger Bertrand
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

août
2014
Annonce d'un cessez-le-feu mettant fin à un conflit dans la bande de Gaza

novembre
2012
Annonce d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas

janvier
2005
Élection de Mahmoud Abbas à la présidence de l'Autorité palestinienne

novembre
2004
Décès de Yasser Arafat

septembre
2000
Début d'un deuxième soulèvement (intifada) en Palestine

octobre
1998
Signature des accords de Wye Plantation entre Israël et l'Autorité nationale palestinienne

janvier
1996
Élection de Yasser Arafat à la présidence de l'Autorité palestinienne

septembre
1993
Signature d'un accord de paix israélo-palestinien à Washington

novembre
1988
Proclamation de la création d'un État palestinien

décembre
1987
Début d'un soulèvement dans la bande de Gaza et en Cisjordanie

juin
1982
Déclenchement de l'offensive israélienne « Paix en Galilée » au Liban

avril
1975
Déclenchement d'une guerre civile au Liban

novembre
1974
Premier discours de Yasser Arafat devant l'Assemblée générale des Nations unies

mai
1964
Création de l'Organisation de libération de la Palestine

avril
1950
Annexion de la Cisjordanie et proclamation du Royaume hachémite de Jordanie

Le 16 septembre 2011, Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, déclare dans un discours télévisé son intention de joindre les rangs des Nations unies. Contre toute attente, et malgré le fait que la Palestine n'est pas reconnue comme un État à part entière, la demande sera bel et bien déposée devant le Conseil de sécurité (1).

Les tensions récurrentes entre Palestiniens et Israéliens ne cessent de s'aggraver et le refus d'Israël de reconnaitre les territoires revendiqués par les Palestiniens alimente la crise. La communauté internationale intervient dans ce conflit depuis de nombreuses années, sans toutefois arriver à une entente entre les deux voisins. Selon Mahmoud Abbas et l'Autorité palestinienne, la reconnaissance des territoires revendiqués comme État pourrait enrayer ce problème(2).

Un coup de poker

Les négociations pour mettre fin au conflit entre les deux parties sont au point mort depuis plus d'un an. De plus, les nombreuses tentatives palestiniennes pour faire respecter les frontières des territoires revendiqués ne fonctionnent pas. La demande d'adhésion de l'Autorité palestinienne comme membre à part entière des Nations unies est la dernière offensive de Mahmoud Abbas pour tenter d'améliorer la situation conflictuelle qui se détériore en Terre sainte (3).

Après le refus israélien d'enrayer la colonisation dans les territoires revendiqués par les Palestiniens, Mahmoud Abbas a décidé de mettre fin aux négociations de paix entre les deux parties et de se tourner vers des actions diplomatiques concrètes pour faire avancer la cause de son peuple. En fait, sa demande d'entrée à l'ONU, qui peut sembler dérisoire au départ, est en quelque sorte une tentative palestinienne de se donner une marge de manoeuvre plus grande dans ses pourparlers vis-à-vis la communauté internationale. Les Palestinien veulent aussi avoir le pouvoir d'adhérer à des traités et avoir entière compétence sur leur territoire. De plus, le fait d'être considéré comme un État souverain permettrait de favoriser des négociations égalitaires d'État à État avec la complicité américaine entre la Palestine et Israël(4).

Mission impossible?

La décision palestinienne de joindre les Nations unies, non plus comme membre observateur, mais bien comme membre permanent, a provoqué de vives réactions dans la communauté internationale.

Cette annonce de Mahmoud Abbas déplait énormément aux Américains qui se voient confrontés à un dilemme moral. Tout d'abord, les États-Unis sont des alliés de longue date d'Israël et le Président Barack Obama est tout à fait conscient que d'accepter une telle proposition déplairait aux Américains pro-israéliens qui auront un poids énorme dans la réélection du prochain président des États-Unis en 2012. Le problème est que Barack Obama avait suscité un enthousiasme certain dans le monde arabe, lors d'un discours tenu au Caire en 2009, lorsqu'il souhaitait l'acceptation d'un État palestinien aux Nation unies avant la fin de l'été 2011(5).

Ce dilemme a forcé le Président américain à trancher. Il a annoncé qu'il apposerait le droit de veto de son pays et que le processus serait impossible sans l'approbation des États-Unis. De plus, le Congrès américain, à majorité républicain et pro-israélien, a menacé de bloquer une aide financière d'environ 500 millions de dollars accordée à l'Autorité palestinienne, si le processus d'adhésion se concrétisait (6).

Une décision marquante

Malgré les difficultés rencontrées depuis cette déclaration, le président de l'Autorité palestinienne a tout de même décidé d'aller de l'avant avec son projet de reconnaissance d'un État palestinien. Cette initiative vise avant tout à remettre à l'ordre du jour les négociations israélo-palestiniennes qui n'ont pas reprises depuis plus d'un an. Il est clair que, sans le veto américain, la Palestine ne peut être admise comme État membre des Nation unies(7). Cependant, plusieurs pays et certains membres permanents du Conseil de sécurité, comme la Chine et la Russie, ont déjà approuvé l'initiative palestinienne(8).

Une dernière option s'offre maintenant aux Palestiniens. En effet, l'Assemblée générale, qui n'a pas le pouvoir d'accorder l'adhésion complète d'un pays, peut tout de même changer, avec une majorité simple, le statut d'observateur de la Palestine à celui d'État non membre. Ce processus aiderait la Palestine dans ses négociations avec Israël et permettrait la poursuite de pourparlers sérieux, tout cela d'un point de vue un peu plus égalitaire, entre les deux vieux rivaux (9).




Références:

1. LEBHOUR, Karim. Un Etat palestinien aux Nations unies: la procédure sera lente, RFI, [En ligne], 19 septembre 2011, http://www.rfi.fr/moyen-orient/20110919-palestinie... (page consultée le 2 octobre 2011).

2. AREFI, Arim. Qui a peur d'un État palestinien?, Le point [En ligne], 21 septembre 2011, http://www.lepoint.fr/monde/qui-a-peur-d-un-etat-p... ( page consultée le 2 octobre 2011).

3. BARLUET, Alain. Abbas défie l'ONU d'accueillir un État palestinien, Le Figaro, [En ligne], 23 septembre 2011, http://www.lefigaro.fr/international/2011/09/23/01... (page consultée le 2 octobre 2011).

4. TOROKMAN, Mohamad. À quoi sert un État palestinien sans souveraineté palestinienne?, L'express.fr [En ligne], 19 septembre 2011, http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orie... (page consultée le 2 octobre 2011)

5. RIOUX, Christian, Un État palestinien - Une urgence pour... Israël, Le Devoir, [En ligne], 23 septembre 2011, http://www.ledevoir.com/international/actualites-i... (page consultée le 2 octobre 2011).

6. BARLUET, Op. Cit.

7. AREFIT, Op. Cit.

8. DJURIKA, Marko, État de Palestine à l'ONU, la course d'obstacles, L'express.fr, [En ligne], 23 septembre 2011, [En ligne], http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orie... ( page consultée le 2 octobre 2011).

9. Loc. Cit.

Dernière modification: 2011-10-10 15:08:02

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