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25 août 2012

Le financement électoral américain : un atout majeur pour les républicains


Gilles Vandal
historien,
Ph.D.
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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Or, la Cour Suprême des États-Unis déclara caduques en janvier 2010 toutes les lois limitant le financement électoral qui avaient été adoptées depuis un siècle. La cour statua à cinq contre quatre que la liberté d'expression garantie par le Premier Amendement empêche le gouvernement de réglementer le discours politique. Cette décision permettait aux entreprises et gens fortunés de contribuer sans restriction aux campagnes électorales.

Contrairement aux partis politiques et des candidats, les PACs et autres groupes indépendants ont dorénavant le droit d'accepter des contributions illimitées. Bien plus. Ils n'ont besoin qu'un personnel limité et peuvent dépenser la quasi-totalité des sommes qu'ils ont ramassés en publicité politique. Les super PACs ont donc la possibilité d'influencer fortement une campagne sans pour autant s'immiscer directement dans celle-ci.

Les candidats sont toujours régis par la loi électorale. Ils doivent faire rapport sur les contributions reçues et les sommes dépensées. Toutefois, les PACs sont devenus un moyen pour les candidats de contourner les limites imposées aux riches donateurs. Cela est devenu particulièrement évident depuis de la décision de la Cour de 2010.

Les conséquences de cette décision ne se firent pas attendre. Lors des élections de mi-mandat de 2010, de riches donateurs républicains voulurent profiter des changements à la réglementation électorale et influencer par leurs contributions les résultats de nombreuses luttes serrées au niveau du Congrès. Les candidats du Tea Party bénéficièrent en particulier de ces largesses.

Entre janvier et mai 2012, le comité de réélection d'Obama a collecté en contributions électorales 450 millions de dollars, comparé à 400 millions par le comité de Romney. Mais depuis qu'il a vu sa nomination assurée en mai, Romney a été beaucoup plus apte à engranger les millions qu'Obama. Il a recueilli 78 millions en juin, comparé à 60 millions pour Obama. En juillet, il a reçu 101 millions en contributions, comparé à 75 millions pour Obama. Les donateurs républicains qui se sont ralliés à sa candidature ont fait peser leur influence.

Mais l'avantage de Romney dépasse largement les contributions que son comité électoral perçoit. Il faut aussi tenir compte des sommes recueillies par des super PACs républicains. Au cours des deux premiers mois de 2012, deux douzaines de personnes et sociétés ont versé chacun plus d'un million de dollars à différents PACs républicains. Mais ce n'était qu'un début. Entre-temps, plusieurs riches donateurs républicains ont versé de larges contributions à des groupes qui ne sont pas tenus de divulguer leurs identités à la Commission électorale fédérale.

Un groupe de bailleurs de fonds conservateur est dirigé par les frères Charles et David Koch qui possèdent la troisième fortune des États-Unis. Ces derniers se sont engagés collecter 200, voire même 400 millions de dollars, pour financer une campagne indépendante contre le président Obama dont ils opposent les politiques environnementales.

Aure exemple, en juin dernier, Sheldon Adelson versa 10 millions au groupe Restaurons notre avenir, un groupe qui a endossé Mitt Romney. Adelson, un juif américain opposé aux politiques d'Obama à l'écart d'Israël, a déclaré au magazine Forbes qui envisageait dépenser 100 millions pour battre Obama.

Les PACs républicains indépendants sont en mesure de lever des sommes illimitées auprès des donateurs anonymes pour financer des campagnes de publicité télévisées anti-Obama dans des États-clefs. Un seul de ces groupes indépendants, représentants par des intérêts pétroliers riches, a lancé une campagne négative contre Obama de 400 millions de dollars. Face à cette situation, le comité d'Obama semble impuissant.

À date, les super PACs favorables à Obama ont réussi à attirer très peu de donateurs d'un million de dollars ou plus. Les collecteurs de fonds pro-démocrates sont tout simplement écrasés par leurs rivaux républicains.

En 2008, Obama avait déclassé McCain en collectant 750 millions, provenant surtout de petites contributions, comparé à 370 millions pour son rival malheureux. Mais avec la décision de la Cour Suprême, cette situation n'a pas de chance de se reproduire.

D'ailleurs, certains politicologues américains estiment que six milliards de dollars seront dépensées au cours des présidentielles de 2012, comparés à moins de 1.5 milliard en 2008. Or, une large partie de ces sommes proviendraient de donateurs anonymes qui peuvent s'immiscer discrètement dans la campagne électorale grâce à l'arrêt de la Cour Suprême.

Les super PACs apparaissent comme une influence majeure dans la campagne présidentielle américaine de 2012. Ces comités indépendants peuvent influencer une élection en diffusant des publicités favorable à un candidat ou défavorable à un autre sans endosser ouvertement un candidat. Ainsi, les PACs bénéficient d'une large liberté d'action. Les publicités fausses et négatives, comme celle du Swift Boat Veterans for Truth de 2004, risque fort de devenir la nouvelle norme.

Ce faisant, ce qui est en jeu dépasse la simple réélection d'Obama. La démocratie américaine devient de plus en plus à la remorque des petits groupes très fortunés. Si ce phénomène perdure, le système politique américain se transformera inévitablement en un système oligarchique. La démocratie ne sera plus alors qu'une façade pour cacher le jeu occulte de grands intérêts financiers.



Dernière modification: 2013-03-18 15:18:11

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