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22 septembre 2015

Afrique : un pas de plus vers l'intégration économique


Claudine Samson
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

janvier
2014
Référendum sur une nouvelle Constitution en Égypte

juillet
2013
Renversement du président Mohamed Morsi en Égypte

décembre
2012
Référendum constitutionnel en Égypte

septembre
2012
Manifestations anti-américaines dans plusieurs pays arabes

juin
2012
Annonce de l'élection de Mohamed Morsi à la présidence de l'Égypte

février
2011
Démission du président égyptien Hosni Moubarak

juin
2009
Discours de Barack Obama à l'université du Caire

septembre
2005
Élection de Hosni Moubarak à la présidence de l'Égypte

janvier
1992
Entrée en fonction de Boutros Boutros-Ghali au poste de secrétaire général des Nations unies

février
1986
Ouverture du premier Sommet de la francophonie

octobre
1981
Assassinat du président égyptien Anouar el-Sadate

septembre
1978
Signature des accords de camp David entre Israël et l'Égypte

novembre
1977
Discours historique du président Anouar el-Sadate devant la Knesset

octobre
1973
Début du premier «choc pétrolier»

octobre
1973
Déclenchement de la guerre du Kippour au Moyen-Orient

avril
1971
Proclamation de l’Union des Républiques arabes

septembre
1970
Décès du président égyptien Gamal Abdel Nasser

août
1967
Ouverture d'un sommet des pays arabes à Khartoum

juin
1967
Début de la guerre des Six jours au Moyen-Orient

Le 10 juin 2015 à Charm el-Cheikh, une station balnéaire située en Égypte, 26 pays africains ont signé un accord de libre-échange. Il est considéré comme une avancée majeure pour le commerce continental.

La Tripartite : un point tournant pour l'économie africaine

Après 5 ans de négociations, c'est finalement en Égypte que s'est déroulée la signature de cet important traité : le Traité de libre-échange tripartite (TFTA) qui regroupe 26 des 54 pays africains du Cap, en Afrique du Sud, au Caire, en Égypte. Cet accord de libre-échange rassemble trois grandes entités économiques africaines qui n'ont toujours pas complété leur intégration économique, soit le Marché commun des États d'Afrique australe et de l'est (Comesa), la Communauté de l'Afrique de l'Est (EAC) et la Communauté de développement de l'Afrique Australe (SADC), l'équivalent de 625 millions d'habitants (1).

Cet accord a pour objectif final de faciliter les échanges commerciaux entre les pays membres en éliminant les barrières non tarifaires et en permettant la création de tarifs préférentiels (2). Les échanges économiques en Afrique demeurent, encore aujourd'hui, lents et complexes en raison de nombreux formulaires à remplir aux douanes lors des importations et exportations et des coûts de commerce plus importants qu'ailleurs (3). Cette bureaucratie lourde, combinée à l'idéologie protectionniste encore ancrée dans certains pays, nuisent à la croissance économique africaine globale. En Afrique, les échanges économiques entre pays du continent représentent seulement 12 %, comparativement à 55 % en Asie et 70 % en Europe (4).

Dans la prochaine décennie, l'accord tripartite a pour objectif d'augmenter le commerce intracontinental de 25 % à 30 %, stimuler la concurrence économique et affirmer la présence de l'Afrique sur le marché international (5). Selon le Centre international pour le commerce et le développement durable, la Tripartite devrait : « [...] jouer un rôle clé dans le développement du marché continental africain (6) ».

Des obstacles à surmonter

Il se peut cependant que les retombées économiques de cet accord de libre-échange ne soient tangibles que dans quelques années. En effet, les pays signataires ont jusqu'à un an pour ratifier le traité selon leur législation interne. Par contre, l'application complète de l'accord de libre-échange prendra tout de même un certain temps puisqu'aucun échéancier concernant le démantèlement des barrières douanières n'a été présenté (7). De plus, pour atteindre les objectifs ciblés par la Tripartite, il sera nécessaire de mettre sur pied des infrastructures de transport, tels des chemins de fer et des routes, afin de favoriser le commerce (8).

Les analystes craignent aussi que certains pays membres, ayant un développement économique plus lent, doivent faire face à un manque de ressources et de capacités techniques pour réaliser les programmes d'intégration régionale (9). Les habitants de ces pays en voie de développement ont un revenu bas qui demeure un frein à la croissance économique. Malgré la signature du traité, il n'est pas prévu que le revenu de ces habitants augmentent dans les prochaines années et permettent une plus importante stimulation de l'économie. Les membres devront tôt ou tard composer avec cette variable (10).

À court terme, les pays qui sauront le plus profiter de cet accord seront ceux ayant déjà une économie dynamique et développée. Par exemple, l'Éthiopie, qui souhaite augmenter ses exportations de textiles et de sucre au sein du continent, ou l'Afrique du Sud, qui compte tirer profit de cet accord en développant son marché dans les pays africains émergents (11).

Malgré certains défis auxquels l'Afrique devra faire face pour atteindre ses objectifs, l'accord de libre-échange tripartite prévoit, à long terme, d'importantes retombées économiques positives telles que l'accroissement des échanges commerciaux et l'augmentation du flux d'investissement. Cet accord est même qualifié de : « [...] message fort, montrant que l'Afrique travaille à son intégration économique, et à créer un environnement favorable au commerce et à l'investissement (12) ».




Références:

(1) RFI Les voix du monde. « La tripartite nouvel accord de libre échange entre 26 pays d'Afrique », 10 juin 2015, http://www.rfi.fr/afrique/20150609-egypte-traite-l... (page consultée le 19 septembre 2015).

(2) Loc. cit.

(3) Jeune Afrique. « Du Cap au Caire, le rêve d'un marché unique africain prend forme », 8 juin 2015, http://www.jeuneafrique.com/233997/economie/du-cap... (page consultée le 19 septembre 2015).

(4) Loc. cit.

(5) International Centre for Trade and Sustainable Development. « La plus grande zone de libre-échange d'Afrique est née », 12 juin 2015, http://www.ictsd.org/bridges-news/passerelles/news... (page consultée le 19 septembre 2015).

(6) International Centre for Trade and Sustainable Development. «Éclairages sur l'arrangement tripartite COMESA-SADC-CAE », 18 octobre 2012, http://www.ictsd.org/bridges-news/passerelles/news... (page consultée le 19 septembre 2015).

(7) Le Monde Afrique. « Lancement d'un nouveau traité de libre-échange africain », 10 juin 2015, http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/06/10/l... (page consultée le 19 septembre 2015).

(8) Le Point Afrique. « Afrique- Zone de libre-échange tripartite : que va-t-elle changer? », 24 juin 2015, http://afrique.lepoint.fr/economie/afrique-zone-de... (page consultée le 19 septembre 2015).

(9) International Centre for Trade and Sustainable Development, op.cit.

(10) Le Point Afrique, op. cit.

(11) RFI, op. cit.

(12) La Presse. « Vingt-six pays africains signent un nouveau traité de libre-échange », 10 juin 2015, http://affaires.lapresse.ca/economie/international... (page consultée le 19 septembre 2015).

Dernière modification: 2015-09-28 07:54:58

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