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20 septembre 2016

Primaires américaines : le déclin de Marco Rubio


Erika Bisaillon
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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En 2013, Marco Rubio fait la une du magazine Time où il est dépeint comme « le sauveur républicain ». Trois ans plus tard, lors des primaires américaines, il peine à se faire élire en Floride dont il est sénateur depuis 2011. Au 15 mars 2016, Rubio n'a remporté que trois consultations, soit celles du Minnesota, de Porto Rico et de Washington. À la suite de sa défaite à la primaire de Floride, il met fin à sa course présidentielle et écarte toute possibilité de candidature au poste de gouverneur de cet État en 2020.

« Marcomentum »

Marco Rubio est élu en 1998 au conseil municipal de West Miami, puis à la Chambre des représentants de Floride en 1999 qu'il préside de 2006 à 2008. Il défait Charlie Crist aux sénatoriales de 2010 (1), l'emportant notamment grâce à son discours anti-establishment et au soutien du Tea Party. Rubio incarnait à cette époque l'outsider (2). Trois mois après, 61 % des Floridiens avaient une opinion favorable de son travail. Du côté républicain, le taux se hissait jusqu'à 83 % (3).

En prévision de la présidentielle de 2016, Rubio se lance dans la course à l'investiture républicaine. Toutefois, le nombre nécessaire de délégués élus pour son obtention est 1 237. Or, avant les élections en Floride du 15 mars, Donald Trump comptait 460 délégués, Ted Cruz 369, John Kasich 63 et Rubio 163 (4), expliquant la décision de ce dernier de se retirer. S'il avait récupéré l'électorat de ses concurrents au moment opportun, le « marcomentum » aurait pu devenir réalité, lui permettant de remporter des États comptant plusieurs délégués tels que la Floride (5). Ce ne fut pas le cas.

« Lil Marco »

L'immigration est partie intégrante du discours politique de Rubio. En 2013, il fait partie du « Gang of eight », un groupe de sénateurs ayant rédigé la première ébauche du « Immigration Bill », un projet de réforme migratoire (6). À ce jour, Rubio s'est ravisé et s'oppose à toute régularisation massive de l'immigration, prônant une sécurisation des frontières (7). Ses adversaires lui ont maintes fois reproché d'avoir manqué de conviction dans le soutien de sa propre réforme, surtout sur un enjeu aussi considérable (8). Aussi, l'entreprise de décrédibilisation intentée par Trump contre Rubio ainsi que la confusion de sa position sur l'immigration ont fait perdre à ce dernier beaucoup de crédibilité et de capital politique (9).

Nonobstant, les politologues disent de Rubio qu'il est « doté d'un arsenal politique solide mêlant confiance en soi, précocité, éloquence et capacité à réfléchir (10) ». Bien que Rubio tienne des positions parfois extrêmes sur le mariage et l'avortement, ses idées progressistes sur les questions d'immigration en font un républicain modéré face à Trump et Cruz, lui valant le surnom de « l'Obama latino-républicain (11) ».

En politique présidentielle, il existe une théorie à l'effet que les électeurs sont enclins à opter pour le candidat aux antipodes de son prédécesseur, « especially if that incumbent is as despised as Obama is by the G.O.P. (parti républicain) ». Aussi, « it's hard to think of a better anti-Obama than Trump (12) », souligne le journaliste américain Mark Leibovich.

Rubio a été blâmé à maintes reprises pour avoir répété son discours sur Obama lors du débat du 6 février. Une chose souvent reprochée aux politiciens est qu'ils soient trop « scriptés », disant nécessairement les bonnes choses, aux bons moments, de la bonne manière. La performance de Rubio au New Hampshire est l'exemple parfait du discours strictement appris par coeur; l'électorat l'a donc puni lors des élections du 9 février (13).

Lors du débat du 3 mars à Houston, Rubio a attaqué Trump sur son bronzage, sa coiffure et la taille de ses mains. Ce dernier s'est empressé de répliquer sur l'intelligence limitée de « Lil Marco » (14). Pour certains, ce soir-là, Rubio a prouvé qu'il était trop jeune pour devenir le président des États-Unis perdant, encore une fois, le contrôle de sa communication (15).

Le succès des candidats les plus populistes dans la campagne 2016 s'inscrit dans une droitisation accélérée du parti républicain (16). Malgré son peu d'intérêt pour le poste de gouverneur de la Floride, Rubio ne dit mot quant à la prochaine élection présidentielle. Se présentant de nouveau en 2020, Rubio bénéficierait-il, cette fois-ci, de la théorie sur la politique présidentielle énoncée plus haut?.




Références:

(1) COURONNE, Ivan. « La comète républicaine s'est écrasée », La Presse, 15 mars 2016, www.lapresse.ca/international/dossiers/maison-blan... (page consultée le 10 septembre 2016).

(2) PRONOVOST, Véronique. « Marco Rubio : Bilan de la campagne d'une ex-star montante », Chaire Raoul-Dandurand, UQAM, 29 mars 2016, http://usa2016.uqam.ca/component/content/article/2... (page consultée le 10 septembre 2016).

(3) VIEWPOINT FLORIDA. « Rubio posts solid job approval rating; Nelson holding steady », Viewpoint Florida, avril 2011, http://viewpointflorida.org/index.php/site/article... (page consultée le 12 septembre 2016).

(4) LE MONDE. « Ce qu'il faut attendre du Super Tuesday du 15 mars », Le Monde, 15 mars 2016, www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/... (page consultée le 12 septembre 2016).

(5) PONTE, Geoffroy. « New York, New York », Le dessous de l'Échiquier, 24 février 2016, http://monpolitibuzz.blogspot.ca/2016/02/new-york-...

(6) COX, Ramsey. « Schumer introduces comprehensive immigration reform bill », The Hill, 17 avril 2013, http://thehill.com/blogs/floor-action/senate/29438... (page consultée le 18 septembre 2016).

(7) AUTRAN, Frédéric. « Marco Rubio prend son élan dans l'Iowa », Libération, 2 février 2016, www.liberation.fr/planete/2016/02/02/marco-rubio-p... (page consultée le 12 septembre 2016).

(8) SHERMAN, Amy. « Polls contradict Marco Rubio on public support for a change in statut for illegal immigrants », Politifact, 6 février 2016, www.politifact.com/florida/statements/2016/feb/06/... (page consultée le 18 septembre 2016).

(9) PRONOVOST, Véronique. op. cit.

(10) EURONEWS. « Marco Rubio, "l'Obama latino-républicain" », Euronews, 1 mars 2016, http://fr.euronews.com/2016/03/01/marco-rubio-l-ob... (page consultée le 11 septembre 2016).

(11) loc. cit.

(12) LEIBOVICH, Mark. « The End of Marco-mentum », The New York Times Magazine, 14 mars 2016, www.nytimes.com/2016/03/14/magazine/the-end-of-mar... (page consultée le 12 septembre 2016).

(13) RODRIGUEZ, Aaron. « Marco Rubio comes out of the cage », USA Today, 25 février 2016, www.usatoday.com/story/opinion/blogs/purple-wiscon... (page consultée le 11 septembre 2016).

(14) KARKLINS-MARCHAY, Alexis. « Marco Rubio : anatomie d'un échec politique », 1600 Pennsylvania Blog, 21 mars 2016, https://1600pennsylvaniablog.wordpress.com/2016/03... (page consultée le 18 septembre 2016).

(15) loc. cit.

(16) GOUËSET, Catherine. « Primaires aux États-Unis: le grand virage à droite du parti républicain », L'Express, 1er février 2016, www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/prim... (page consultée le 19 septembre 2016).

Dernière modification: 2016-09-28 07:18:12

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