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23 janvier 2018

Élections au Sierra Leone : changement ou continuité?


William Huynh-Jan
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

août
2014
Annoce de l'Organisation mondiale de la santé sur le virus Ebola

mars
1996
Élection de Ahmad Tejan Kabbah à la présidence du Sierra Leone

mars
1967
Renversement du gouvernement en Sierra Leone

avril
1964
Décès du premier ministre de la Sierra Leone, Milton Margaï

mai
1963
Signature de la Charte constituant l'Organisation de l'unité africaine

Le 7 mars 2018 auront lieu les élections présidentielle, législatives et locales au Sierra Leone. Ces élections s'annoncent historiques puisque le chef de l'État actuel, Ernest Bai Koroma, ne pourra pas se représenter car il a atteint le nombre maximal de mandats qu'un président du Sierra Leone peut briguer. Ce pays aura donc un nouveau visage à la tête de son gouvernement après dix années de controverses politiques. Les deux principaux candidats dans cette course présidentielle seront Samura Kamara et Julius Maada Bio.

Les élections historiques de 2012

En 2012, l'élection présidentielle au Sierra Leone a été remportée par Ernest Bai Koroma, un ex-militaire et chef du parti Congrès de tout le peuple (APC) [1]. Son opposant à l'époque, Julius Maada Bio, est aussi un des candidats à l'élection du 7 mars 2018. L'élection de 2012 a semé plusieurs controverses au sein de cet État africain puisque la victoire était contestée par les opposants d'Ernest Bai Koroma. Le candidat élu était accusé d'avoir entaché les élections par la fraude, la corruption et la manipulation des votes [2]. Selon le candidat Bio, ces élections ne représentaient pas la volonté démocratique des Sierra-Léonais et, de ce fait, il contestait la victoire de l'APC.

Les élections présidentielle, législatives et locales de 2012 représentaient les premières élections démocratiques organisées par le gouvernement depuis la fin de la guerre civile en 2002. Cette guerre civile a causé la mort de plus de 50 000 Sierra-Léonais et a endommagé de façon significative les infrastructures du pays [3]. Les élections de 2012 constituaient donc une étape significative pour le Sierra Leone dans sa reconstruction et dans son avancement comme État démocratique.

Ayant obtenu la victoire lors de cette élection, Ernest Bai Koroma possède la totalité des pouvoirs présidentiels du pays. Il peut alors mobiliser l'armée en tant que commandant des forces armées. De plus, il possède les pouvoirs législatifs de l'État et représente celui-ci sur la scène internationale [4]. Pour sa part, l'Assemblée législative ne possède que le pouvoir de législation et, selon la Constitution du Sierra Leone, elle peut destituer des membres de l'exécutif [5]. Toutefois, ce pouvoir ne s'est jamais appliqué puisque le président contrôle aussi la chambre législative par son parti politique. Dans le cas du président Koroma, il a réussi à convaincre l'opposition de sa victoire et a assuré sa position de président de façon stable jusqu'à la fin de ses deux mandats, donc après 10 ans au total [6].

L'avenir entre les mains des Sierra-Léonais

Les deux candidats présidentiels principaux pour l'élection du 7 mars 2018 présentent plusieurs similarités avec les candidats des élections précédentes. Le candidat Samura Kamara est le ministre des Affaires étrangères sous le président sortant. Il a même été désigné par celui-ci comme son successeur lors d'une convention de son parti politique. Kamara possède une expérience imposante puisque avant d'être ministre des Affaires étrangères, il a aussi été ministre des Finances et gouverneur de la Banque centrale du Sierra Leone [7].

De l'autre côté de la course présidentielle se situe Julius Maada Bio. Reconnu comme étant un ex-chef d'une junte militaire qui a dirigé le pays pendant quelques mois en 1996, celui-ci a notamment été l'adversaire principal du président sortant. Lors de cette nouvelle élection, le candidat Bio essayera encore une fois d'obtenir le pouvoir comme candidat du Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP), puisqu'il n'a toujours pas réussi à gagner une élection démocratique [8].

Ces élections se présentent comme une occasion pour le peuple du Sierra Leone, puisque celui-ci pourra choisir entre deux différents chemins pour son avenir rapproché. Tout d'abord, le Sierra Leone peut rester dans un terrain connu en votant pour Kamara, puisqu'il propose une idéologie similaire au président sortant. Dans le cas d'un choix contraire, le Sierra Leone serait dirigé par une nouvelle idéologie promue par Julius Maada Bio qui, quant à lui, promet plus de transparence et moins de corruption, contrairement à ses opposants qui n'abordent pas ces thèmes. Le peuple sierra-léonais aura donc une décision importante à prendre le 7 mars 2018.




Références: :

[1] JEUNE AFRIQUE, « Sierra Leone : l'opposition conteste le résultat de la présidentielle», 25 novembre 2012, http://www.jeuneafrique.com/151063/politique/sierr... (page consultée le 15 janvier 2018).

[2] Loc. Cit.

[3] ENCYCLOPAEDIA BRITANNICA, « Sierra Leone : Civil War », 18 septembre 2017, https://www.britannica.com/place/Sierra-Leone/Civil-war (page consultée le 18 javier 2018).

[4]CONSTITUTION NET, « Constitutional History Sierra Leone », http://www.constitutionnet.org/country/constitutio... (page consultée le 15 javier 2018).

[5] Loc. Cit.

[6] JEUNE AFRIQUE, « Sierra Leone : Ernest Bai Koroma, un assureur rassurant », 5 décembre 2012, http://www.jeuneafrique.com/139112/politique/sierr... (page consultée le 15 janvier 2018).

[7] JEUNE AFRIQUE, « Présidentielle en Sierra Leone : les candidats des deux principaux partis sont connus », 16 octobre 2017, http://www.jeuneafrique.com/483608/politique/presi... (Page consultée le lundi 15 janvier 2018).

[8] Loc. Cit.

Autres références :

-JEUNE AFRIQUE, « Sierra Leone : l'opposition reconnaît sa défaite à la présidentielle», 5 décembre 2012, http://www.jeuneafrique.com/206861/politique/sierr... (page consultée le 15 javier 2018)

-THE GUARDIAN, « President's iron-fist methods raise fears for future of democracy in Sierra Leone», 20 octobre 2017, https://www.theguardian.com/global-development/201... (page consultée le lundi 15 janvier 2018).

-THOMAS, Abdul Rashid., « President Koroma announces election date – March 7th 2018», The Sierra Leone Telegraph, 15 février 2017, http://www.thesierraleonetelegraph.com/president-k... (Page consultée le 15 janvier 2018).

Dernière modification: 2018-01-29 08:01:05

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