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21 février 2017

Un environnement toxique persistant au Ghana


Nestor David Roa Lacera
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

décembre
2000
Élection de John Kufuor à la présidence du Ghana

janvier
1997
Assermentation de Kofi Annan au poste de secrétaire général des Nations unies

décembre
1981
Renversement du gouvernement de Hilla Limann au Ghana

janvier
1979
Retour au multipartisme au Ghana

janvier
1972
Renversement du gouvernement de Kofi Abrefa Fusia au Ghana

août
1969
Tenue d'élections législatives au Ghana

février
1966
Renversement du président Kwame Nkrumah au Ghana

mai
1963
Signature de la Charte constituant l'Organisation de l'unité africaine

septembre
1961
Ouverture d'une conférence des pays non-alignés à Belgrade

avril
1960
Proclamation de l'indépendance du Togo

octobre
1958
Proclamation de l'indépendance de la Guinée

mars
1957
Proclamation de l'indépendance du Ghana

avril
1955
Ouverture d'une conférence internationale à Bandoeng

février
1951
Premières élections législatives au suffrage universel sur la Côte-de-l'Or (Ghana)

Au cours des 40 dernières années, le Ghana a été confronté à des nombreux défis environnementaux complexes et sérieux. Cette situation perdure malgré les nombreuses interventions de l'Agence de protection de l'environnement du Ghana (EPA) (1). Ces défis incluent un problème très important, soit la pollution toxique engendrée par la mauvaise gestion des matières résiduelles, l'exploitation de mines illégales, la déforestation, la pollution des sols, de l'eau et de l'air (2).

L'expression « pollution toxique » désigne soit l'eau, le sol ou l'air qui sont contaminés. Elle signifie que ceux-ci seraient devenus impropres, dangereux et nuisibles pour la santé (3). L'adjectif « toxique » permettrait de différencier cette pollution de celle découlant du dioxyde de carbone, à l'origine des changements climatiques, mais sans effet direct sur la santé humaine (4).

Un dépotoir à ciel ouvert

Une partie de la pollution de l'air serait causée par l'utilisation de cuisinières non efficientes ainsi que la mauvaise combustion des énergies fossiles (5). En plus, malgré l'effort de l'EPA et du Ghana Standards Board pour limiter les émissions de polluants, certaines industries se situant dans les secteurs de la fabrication de savon, le traitement du bois et l'entreposage de produits chimiques restent peu réglementés. Pourtant, elles contribuent à la pollution de l'air (6).

D'autre part, selon un rapport de la Croix verte effectué en 2014, Agbogbloshie, la banlieue de la capitale Accra, serait une des villes les plus polluées au monde. En plus, elle est considérée comme la seconde plus grande décharge de matériel électronique d'Afrique de l'Ouest (7). Le facteur principal contribuant au maintien de la pollution toxique au Ghana serait d'ailleurs la gestion déficiente des déchets électroniques (8). En effet, le Ghana importe annuellement 15 000 tonnes de produits électroniques usagés. Ceux-ci proviendraient principalement de l'Europe de l'Ouest, et s'ajouteraient à une production de 129 000 tonnes de déchets domestiques (9). Pour des milliers de travailleurs, les matières premières composant ces déchets constituent une source vitale de revenus (10).

Les Ghanéens : grands perdants de la dégradation de l'environnement

Le vide juridique en ce qui a trait à l'encadrement des entreprises polluantes n'encourage pas une saine gestion des émanations toxiques de certaines industries (11). Au contraire, il ouvre la voie à des pratiques qui posent un risque élevé pour la santé. La formation des pluies acides serait un facteur résultant de la pollution industrielle au Ghana (12). De plus, l'exploitation du bois et la déforestation engendrent de la poussière de bois et des cendres qui se retrouvent souvent dans l'air, contribuant ainsi à la dégradation de la qualité de l'air (13).

En outre, la pollution toxique est un problème qui crée de nombreuses difficultés, surtout dans les centres urbains, pour la santé des habitants au Ghana. En 2010 seulement, 22 000 personnes sont décédées de différentes formes de pollution (14). Une autre étude effectuée par l'Organisation mondiale de la Santé démontre que plus de 6500 vies ont été perdues à cause de l'exposition des habitants à l'air pollué (15).

En plus, le recyclage des déchets électroniques est effectué avec des techniques très archaïques, puisque les travailleurs brûlent le plastique recouvrant les matériel électronique pour l'extraire plus facilement (16). Cela génère des émanations de gaz toxiques et des contaminants dans l'air. La situation est aggravée par la dégradation de certains matériaux, comme les cellulaires, qui contaminent les eaux souterraines et le sol avec des métaux lourds, mettant en danger la santé de plus de 250 000 personnes (17).

Afin de contrer le problème de la pollution, les Nations unies ont préconisé en 2012 la mise en place de structures officielles de recyclage ainsi qu'une législation sur l'exportation de déchets électroniques (18). Cette institution internationale vante également les bienfaits de telles mesures, aussi bien sur les plans économiques qu'environnementaux (19). Enfin, en janvier 2014, un projet pilote fut introduit afin de permettre la discussion entre le gouvernement et les recycleurs informels afin de leur permettre de débattre des nouveaux projets d'amélioration (20). Parallèlement, la même année, une machine automatique de recyclage électronique fut installée à Agbogbloshie. Celle-ci permettrait de trier le plastique des appareils électroniques d'une manière plus sécuritaire et moins polluante (21).




Références:

1) Graphic Online,« Ghana confronted with environmental challenges», Modern Ghana, 5 février 2014 https://www.modernghana.com/news/520063/ghana-conf... . Consulté le 17 février 2017.

2) Ibid.

3) La Banque mondiale,« La pollution toxique : décryptage avec Richard Fuller», 21 avril 2015, http://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2015... . Consulté le 17 février 2017.

4) Ibid.

5) Ibid.
7) PARAMESWARAN. Iva, «Toxic waste major global threat» , BBC News, 20 novembre 2013, http://www.bbc.com/news/science-environment-24994209 . Consulté le 18 février 2017.

8) AMPONSEM. Joshua. Op. cit.

9) BlackSmith Institute. Green Cross,«The worlds worst 2013: The top ten toxic threats», 2013, http://www.worstpolluted.org/docs/TopTenThreats2013.pdf . Consulté le 18 février 2017, p, 10-12.

10) BlackSmith Institute. Green Cross,«Top ten countries turning the corner on toxic pollution 2014», 2014, http://www.greencross.ch/wp-content/uploads/upload... . Consulté le 18 février 2017, p, 23-27.

11) AMPONSEM. Joshua. Op. cit.

12) Ibid.

13) Ibid.
15) Graphic Online. Op. cit.

AMPONSEM. Joshua. Op. cit.

16) AMPONSEM. Joshua. Op. cit.

17) PARAMESWARAN. Iva. Op.cit.

18) Slate Afrique, «Afrique de l'ouest - Les pays européens «exportent» leurs déchets électroniques», 27 février 2012, http://www.slateafrique.com/83085/pays-europeens-d... . Consulté le 20 février 2017

19) Ibid.

20) BlackSmith Institute. Green Cross, «Top ten countries turning...», Op. cit.

21) Ibid.

Dernière modification: 2017-02-27 15:39:38

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.

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