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8 novembre 2016

Chaude lutte à prévoir pour l’élection présidentielle ghanéenne


Antoine Forcier
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

décembre
2000
Élection de John Kufuor à la présidence du Ghana

janvier
1997
Assermentation de Kofi Annan au poste de secrétaire général des Nations unies

décembre
1981
Renversement du gouvernement de Hilla Limann au Ghana

janvier
1979
Retour au multipartisme au Ghana

janvier
1972
Renversement du gouvernement de Kofi Abrefa Fusia au Ghana

août
1969
Tenue d'élections législatives au Ghana

février
1966
Renversement du président Kwame Nkrumah au Ghana

mai
1963
Signature de la Charte constituant l'Organisation de l'unité africaine

septembre
1961
Ouverture d'une conférence des pays non-alignés à Belgrade

avril
1960
Proclamation de l'indépendance du Togo

octobre
1958
Proclamation de l'indépendance de la Guinée

mars
1957
Proclamation de l'indépendance du Ghana

avril
1955
Ouverture d'une conférence internationale à Bandoeng

février
1951
Premières élections législatives au suffrage universel sur la Côte-de-l'Or (Ghana)

Le 7 décembre 2016, un mois après la date prévue par la Commission électorale (CE), la population ghanéenne sera convoquée aux urnes pour élire son président et ses représentants au Parlement. Quatre personnes s’affrontent actuellement dans cette course présidentielle qui s’annonce extrêmement serrée dans ce petit pays de l’ouest de l’Afrique. Le président sortant, John Dramani Mahama, doit défendre son bilan économique et politique qui suscite des réactions mitigées (1).

L’impartialité de la Commission électorale questionnée

Étant une ancienne colonie britannique, le Ghana a un système électoral très semblable au modèle anglais. Le système législatif du pays est inspiré du parlementarisme britannique et les députés sont élus dans le cadre d’un scrutin uninominal à un tour. Par contre, le chef du gouvernement, qui est aussi le chef d’État, est élu par une élection parallèle s’inspirant du fonctionnement de l’élection présidentielle française. En effet, le président est élu par un scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Tout comme dans la majorité des nations occidentales, les élections sont organisées et supervisées par une Commission électorale indépendante (2).

Mais l’indépendance de la CE a été fortement questionnée au tout début de la campagne alors que 12 des 16 demandes de candidatures pour les présidentielles ont été refusées par la Commission électorale. Celle-ci jugeait les demandes refusées incomplètes et donc inadmissibles. Parmi les candidats disqualifiés par la commission se trouve Nana Konadu Agyeman Rawlings, cheffe du Parti national démocratique, un parti de centre gauche considéré comme un des partis majeurs au Ghana (3).

La CE se défend en indiquant que les formulaires de Mme Rawlings n’ont pas été remis avant la date limite du 30 septembre. Elle ajoute, par la voie de son porte-parole, qu’il n’y a rien de politique dans les rejections de la commission : « [...] the accusations that these are politically motivated designed to favor one or the other political parties is not true. [...] inadequacies, omissions and irregularities were found on these forms (4)».

Un duel serré à prévoir

L’adverse le plus sérieux du président sortant est le candidat du New Patriotic Party, Nana Akufo-Addo. Ancien candidat à la présidentielle lors des deux dernières élections, Akufo-Addo défend une plateforme relativement conservatrice. Lors des élections de 2012, ce candidat a obtenu 47,74 % des voix (5).

Le président sortant John Mahama du National Democratic Congress (NDC) demande un deuxième mandat à la population, alors qu’en 2012 il était devenu président en récoltant 50,7 % des votes (6). Le NDC défend traditionnellement des idées sociales-démocrates. Lors des 6 dernières élections, le NDC a formé le gouvernement à 4 occasions (7).

Un bilan mitigé

La gestion du pays par Mahama a été la cible de plusieurs critiques. La chute de la valeur de l’or et du cacao, deux produits d’exportation très importants pour le Ghana, ainsi que des dépenses gouvernementales excessives amènent le gouvernement de Mahama à signer un budget avec un déficit représentant 60 % du PIB du pays en 2014. L’incertitude économique fait plonger la devise nationale de 40 % en moins d’un an (8).

C’est au niveau de l’électricité que les effets de la mauvaise gestion de Mahama se font le plus sentir. La baisse du niveau des fleuves diminue substantiellement la production des barrages hydroélectriques, principales sources d’électricité du pays. Cette diminution entraîne des coupures durant de 6 à 9 heures, plusieurs fois par semaine (9). Ces coupures sont particulièrement dures pour les familles, comme le rapporte le think tank Imani : «Les délestages détruisent les équipements électroniques, empêchent les enfants de faire leur devoirs, et contraint (sic) des familles à s’éclairer à la bougie malgré les risques d’incendie que cela impose (10). »

Malgré tout, les chances de réélection semblent bonnes pour Mahama. Selon un sondage de la firme Goodman AMC, 48 % des répondants ont indiqué qu’ils voteraient pour le président sortant, alors que 45 % feraient de même pour Akufo-Addo. Le taux de satisfaction de la population a l’égard du président sortant a même atteint des records alors que 49 % des répondants se disent satisfaits de son travail. Par contre, selon plusieurs analystes, des changements sont à prévoir au Parlement alors que 2 Ghanéens sur 3 se disent insatisfaits du travail de leurs représentants (11).




Références:

(1) SACKEY, Ken et Benjamin Mensah « Parliament rejects November 7 Election date», Ghana News Agency, 21 juillet 2016, [En ligne] http://www.ghananewsagency.org/politics/parliament... (Consultée le 6 novembre)

(2) KINGSLEY ADJEI, Joseph. A Comparative Analysis of Ghana's First-Past-thePost (FPTP) Electoral System and the Proportional Representation (PR) System, Kennesaw, Kennesaw state university, 2013, page 9 à 11.

(3) CLOTTEY, Peter. « Ghana Electoral Body Denies Candidates’ Disqualifications Politically Motivated », Voa News, 15 octobre 2016, [En ligne] http://www.voanews.com/a/ghana-election-disqualifi... (Consultée le 6 novembre)

(4) Ibid.

(5) BBC News, « Ghana election: John Mahama declared winner » , 10 décembre 2012, [En ligne], http://www.bbc.com/news/world-africa-20661599 (Consultée le 6 novembre)

(6) Ibid.

(7) France Diplomatie, « Présentation du Ghana », 2016, [En ligne], http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/gha... (Consultée le 5 novembre)

(8) IMANI, « Ghana: le bilan amer de John Dramani Mahama », 1 avril 2015, [En ligne], http://www.imanifrancophone.org/fr/ghana-le-bilan-... (Consultée le 6 novembre)

(9) CLERICI, Caterina, Marisa Schwartz Taylor et Kevin Taylor, « Dumsor: The electricity outages leaving Ghana in the dark », Al Jazeera, 2016, [En ligne], http://interactive.aljazeera.com/aje/2016/ghana-el... (Consultée le 6 novembre)

(10) IMANI, Op. Cit.

(11) GOODMAN AMC, Goodman amc opinion poll report: results for august, 2016 », Accra, Goodman amc, 2016, page 1 et 2.

Dernière modification: 2016-11-17 15:19:12

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