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1 mars 2018

La Somalie continue de reculer face à la corruption


William Huynh-Jan
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

juillet
2011
Proclamation de l'état de famine en Somalie par les Nations unies

décembre
1992
Début d’une intervention militaire internationale en Somalie

janvier
1991
Renversement du président somalien Siad Barre

avril
1988
Signature d'un accord de paix mettant fin à la guerre de l'Ogaden

juin
1977
Début de la guerre entre la Somalie et l'Éthiopie

octobre
1969
Accession au pouvoir de Siad Barre en Somalie

mars
1964
Conclusion d'un cessez-le-feu mettant fin à un conflit entre la Somalie et l'Éthiopie

mai
1963
Signature de la Charte constituant l'Organisation de l'unité africaine

septembre
1961
Ouverture d'une conférence des pays non-alignés à Belgrade

La corruption fait partie du paysage politique somalien depuis plus de 25 ans, à la suite de nombreux problèmes politiques tels que « la guerre civile, la famine, la piraterie et le fondamentalisme islamiste des milices Shebab [1] ». Malgré l'arrivée du premier gouvernement fédéral en 2012, les experts de l'Organisation des Nations unies ont déterminé que la Somalie a un gouvernement basé sur un système corrompu avec des « taux de détournement entre 70 et 80 [2] ». Ce pays africain s'est alors laissé envahir par le fléau qu'est la corruption, et a laissé sa population dans la pauvreté.

Un leader dans le domaine de la corruption

L'organisation non gouvernementale Transparency International établit un classement annuel de l'ensemble des pays selon son indice de perception de la corruption. Pour l'année 2017, le continent africain demeure la région la plus corrompue. Cette performance ne semble pas être une surprise pour les experts de l'organisation. Ceux-ci expliquent qu'il y a un lien « entre les niveaux de corruption, la défense des libertés de journalistes, et l'engagement de la société civile [3] ». Pour le gouvernement d'un État qui ne respecte pas les libertés de ses citoyens, il y a forcément un manque de respect pour la transparence vis-à-vis la corruption. Un exemple africain de la lutte contre la corruption est le Botswana. Ce pays est le mieux classé du continent africain avec le 34e rang sur 180 pays [4].

Selon Transparency International, l'indice de perception de la corruption de la Somalie se situerait à 9 sur 100. Cet indice utilise une échelle de 0 à 100, où 0 est le plus corrompu et 100 le moins corrompu [5]. Pour se situer, il s'agit de 80 points de moins que le pays occupant le premier rang mondial, la Nouvelle-Zélande, et de 52 de moins que le Botswana [6]. L'indice ci-dessus est proposé par des experts dans le domaine du secteur public pour donner suite à des analyses relatives aux politiques d'État de chaque pays.

La Somalie reste de façon constante en dernière place depuis 2012 avec un indice moyen de 9. Cette dernière place perpétuelle ne présage rien de positif pour le pays en ce qui a trait aux tendances futures en matière de corruption.

Un espoir de changement

La source principale de la corruption en Somalie est l'inaction politique qui règne au sein du gouvernement. L'élection du président de la Somalie ne s'effectue pas par suffrage universel direct, mais plutôt par les votes des 275 députés et des 72 sénateurs. Ces derniers sont élus par seulement 14 000 électeurs délégués [7]. L'idée du suffrage universel promise aux Somaliens en 2015 a été abandonnée étant donné l'instabilité que subissait le pays depuis l'instauration d'un gouvernement fédéral. Le mode de scrutin actuel du pays favorise grandement une réélection d'anciens parlementaires et engendre une stagnation du pouvoir sans réel changement.

Le 8 février 2017, l'ancien premier ministre somalien, Mohamed Abdullahi Farmajo, remporte l'élection présidentielle et déclare : « c'est le début de l'unité pour la nation somalienne, le début de la lutte contre les shebabs et la corruption [8] ». L'élection marque l'arrivée d'un président possédant une double nationalité somalienne et américaine [9]. De plus, cette élection est perçue comme un changement de direction plus démocratique pour la Somalie. Toutefois, il demeure que les déclarations du président semblent électoralistes. Aussi, il est à se demander si des mesures concrètes seront apportées prochainement pour combattre la corruption profonde de la Somalie.




Références:

[1] CARLIER, Rémi, « Somalie : élection présidentielle dans ‘' le pays le plus corrompu du monde'' », France 24, 8 février 2017, http://www.france24.com/fr/20170203-somalie-electi... (page consultée le 1 mars 2018)

[2] JEUNE AFRIQUE, « Somalie : le gouvernement aussi corrompu, les shebab toujours dangereux », 13 octobre 2014, http://www.jeuneafrique.com/depeches/10447/politiq... (page consultée le 1 mars 2018)

[3] LEROUX, Solène, « Corruption en Afrique : comment se place votre pays dans le classement de Transparency? », Jeune Afrique, 22 février 2018, http://www.jeuneafrique.com/534792/politique/corru... (page consultée le 1 mars 2018)

[4] TRANSPARENCY INTERNATIONAL, « Corruption perceptions index 2017 », 21 février 2018, https://www.transparency.org/news/feature/corrupti... (page consultée le 1 mars 2018)

[5] loc.cit.

[6] loc.cit.

[7] CARLIER, Rémi, op. cit.

[8] JEUNE AFRIQUE, « Somalie : l'ex-premier ministre Mohamed Abdullahi Farmajo remporte l'élection présidentielle », 8 février 2017, http://www.jeuneafrique.com/401853/politique/somal... (page consultée le 1 mars 2018)

[9] BURKE, Jason, « Somalis greet new dawn as US dual national wins presidency », The Guardian, 8 février 2017, https://www.theguardian.com/world/2017/feb/08/soma... (page consultée le 1 mars 2018)

Dernière modification: 2018-03-19 11:24:12

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