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8 octobre 2019

Accident nucléaire : du déjà-vu en Russie


Anthony Delarosbil
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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Accident nucléaire : du déjà-vu en Russie Le 8 août 2019, une explosion survient lors d'un test de missile nucléaire à Nyonoksa, en Russie. L'accident survient seulement trois jours après une énorme explosion dans un dépôt de munitions. Malgré que l'accident ait lieu au début d'août, cela prendra plusieurs semaines avant d'obtenir tous les détails de la part du gouvernement russe.

Incertitudes face à l'origine de l'explosion

Au début, le ministère de la Défense russe indique que l'explosion provenait d'une fusée à essence. Par contre, une entreprise publique russe, Rosatom, indique que les tests impliquaient des essais de missile nucléaire. L'entreprise explique que les tests avaient été complétés, mais qu'un feu a éclaté et que les engins ont explosé [1].

Les spéculations quant à la vraie origine de l'accident ont donc débuté. La principale hypothèse est que la Russie effectuait des essais pour son projet de missile ‘'Skyfall'', un missile de longue portée mentionné par le président russe, Vladimir Poutine, lors de son discours présidentiel en 2018.

La vérité peu à peu

À la suite de l'explosion, le ministère de la Défense indique que cinq personnes sont mortes lors de l'accident et qu'aucun signe de radiation n'est détecté. Par contre, peu de temps après, les autorités de la ville avoisinante, Severodvinsk, déclarent qu'il y a eu une augmentation du taux de radiation. Ce rapport sera rapidement effacé. À la suite de cela, les résidents se dépêchent à se procurer des pilules d'iode, qui peuvent aider lors d'une hausse du taux de radiation, jusqu'à rupture de stock [2].

Le 13 août, les autorités de Nyonoksa ont suggéré à la population d'évacuer la ville afin que les militaires effectuent des tests. Cette évacuation fut démentie par le gouverneur régional, Igor Orlov. Ce dernier a d'ailleurs indiqué que l'accident ne représentait aucun risque pour la population [3]. Il est important de mentionner aussi qu'à la suite de l'explosion, deux stations de surveillance, qui observent le taux de radiation, ont cessé de transmettre des données. Peu de temps après, on rapportera que le taux de radiation était 16 fois plus haut que la normale [4].

À la suite de l'explosion, les blessés furent traités, mais le personnel médical de l'hôpital régional d'Arkhangelsk remarque des anomalies. Effectivement, trois des patients admis avaient un haut taux de radiation et l'équipe médicale dû improviser afin de les traiter. Ensuite, l'hôpital a subi une opération de décontamination par l'armée [5]. Par contre, un des docteurs qui a traité les blessés aurait eu des traces de radiation dans ses muscles. Toutefois, les autorités russes indiquent que cela aurait été causé par de la nourriture que le docteur aurait consommée. Ce qui est possible considérant que du cesium-137 peut parfois se retrouver dans des aliments comme du poisson et des champignons [6]. Le bilan humain total sera de sept morts et quinze blessés [7].

La Norvège et les États-Unis réagissent

Comme mentionné plus haut, les autorités russes ont été rapides à contenir l'information. À l'international, deux pays, les États-Unis et la Norvège, eurent des réactions publiques à l'accident. La Norvège fut le premier pays à détecter une hausse de radiation au nord de sa frontière avec la Russie. Toutefois, les autorités norvégiennes ont indiqué que ce genre de résultat arrivait plusieurs fois par année et ne pouvait être directement lié à l'explosion [8].

Aux États-Unis, le président Donald Trump a pour sa part utilisé la plateforme twitter pour exprimer que la population résidant aux alentours de l'accident devrait être inquiète et que les États-Unis avaient en leur possession des technologies nucléaires plus avancées [9].

Malgré qu'une bonne partie de l'information fût éventuellement transmise, plusieurs analystes ne peuvent s'empêcher de faire la comparaison avec l'accident nucléaire de Tchernobyl en 1986. Bien que l'accident ne soit pas comparable, en ce qui a trait à la gravité, la lenteur à laquelle les informations ont été relayées, l'imprécision de ces dernières et la censure envers la population sont des similarités avec le fameux accident de 1986.

Médiagraphie

[1] BBC, Russia says rocket explosion caused 16-fold radiation spike, 14 août 2019, [hyperlien] consulté le 4 octobre 2019

[2] Washington Post, Another Russian nuclear accident seems to be characterized by lies, 13 août 2019, [hyperlien] consulté le 4 octobre 2019

[3] Reuteurs, Russia rocket accident likely had two explosions, Norway monitor says, 23 août 2019, [hyperlien] consulté le 5 octobre 2019

[4] BBC, Russian nuclear accident: Medics fear 'radioactive patients', 23 août 2019, [hyperlien] consulté le 5 octobre 2019

[5] Loc. Cit.

[6] The Guardian, Russian officials blame food for traces of radiation in doctor treating blast victims, 25 août 2019, [hyperlien] consulté le 6 octobre 2019

[7] Britskaya, Tatyana, Nenoxa - sors!, Novaya Gazette, 13 août 2019, [hyperlien] consulté le 7 octobre 2019

[8] Reuteurs, Norway detects radioactive iodine by Russian border days after blast, 15 août 2019, [hyperlien] consulté le 6 octobre 2019

[9] BBC, Russian nuclear accident: Medics fear 'radioactive patients', op. cit.



Dernière modification: 2019-10-17 12:14:14

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