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17 octobre 2019

Un vent de changement à la tête du Fonds monétaire international


Anthony Delarosbil
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

janvier
2013
Tenue d’un référendum sur l’énergie nucléaire en Bulgarie

juin
2009
Début des élections législatives au Parlement européen

janvier
2007
Entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'Union européenne

novembre
1989
Chute du régime de Todor Jivkov en Bulgarie

mai
1984
Annonce du boycott des Jeux olympiques de Los Angeles par l'Union soviétique

août
1975
Signature à Helsinki d'un accord sur la sécurité en Europe

mai
1955
Signature du pacte de Varsovie

octobre
1947
Annonce de la fondation du Kominform

Le 1er octobre 2019, on assiste à un changement de direction à la tête du Fonds monétaire international (FMI), alors que la bulgare Kristalina Gueorguieva remplace Christine Lagarde. Cette dernière quitte cette position en raison de sa nomination comme présidente de la Banque centrale européenne [1]. Pour sa part, Kristalina Gueorguieva quitte sa position de directrice générale de la Banque mondiale pour accepter ses nouvelles fonctions [2].

Un processus de sélection pour choisir l'élite économique

Afin d'accéder à la tête du Fonds monétaire international, il y a un processus de sélection précis auquel ceux qui aspirent à cette position doivent se soumettre. Les candidats sélectionnés doivent répondre à certains critères, dont avoir eu une carrière professionnelle hors du commun, être capable de faire preuve de diplomatie, ainsi qu'avoir une orientation stratégique et une bonne connaissance des enjeux politiques et économiques du FMI. Ensuite, le Conseil d'administration, composé de 28 membres élus parmi les pays membres [3], doit sélectionner le prochain directeur général [4]. Finalement, le secrétaire du FMI réduit la liste des candidats à trois noms. Le Conseil d'administration se rencontre alors au siège social à Washington pour faire un choix [5].

Kristalina Gueorguieva : une candidate de choix

Le parcours professionnel de Gueorguieva répond bien aux critères de sélection. Titulaire d'un doctorat en science économique et d'une maîtrise en économie politique et sociologie, elle occupe plusieurs postes à la Banque mondiale à partir de 1993. Elle est notamment directrice de l'environnement et du développement social pour l'Asie de l'Est et Pacifique ainsi que directrice chargée de la stratégie, des politiques et des prêts liés à l'environnement. Dix ans après son entrée à la Banque mondiale, elle assume le poste de directrice des opérations en Russie. Gueorguieva obtient toutefois son poste le plus important au début de 2019, alors qu'elle est présidente par intérim de la Banque mondiale jusqu'en avril 2019 [6].

En plus de son parcours professionnel d'exception, Kristalina Gueorguiva se démarque par son travail sur des projets environnementaux, d'égalité des sexes et d'inégalités financières. Elle est reconnue notamment pour avoir bien géré le budget d'aide humanitaire lors de la crise économique de 2008 et avoir fait la promotion de l'équilibre des sexes, en ce qui a trait aux postes occupés à la Commission européenne [7].

Le vote de nomination se décide seulement entre Gueorguieva et Jeroen Dijsselbloem, à la suite du retrait des candidats sélectionnés de la Finlande et du Portugal. À la suite d'un vote au deuxième tour, Gueorguieva récolte 56 % des votes parmi les pays membres, représentant 57 % de la population de l'ensemble des pays membres. Toutefois Gueorguieva ne respecte pas les critères, soit d'être âgée de 65 ans et moins et, en ce qui concerne les résultats obtenus, d'avoir 55 % des votes des pays membres représentant 65 % de leur population totale Le FMI fait néanmoins une exception pour le statut de l'âge et avance que les résultats de Gueorguieva sont assez supérieurs à ceux obtenus par Dijsselbloem pour accepter sa candidature [8].

L'heure du bilan pour Christine Lagarde

Après huit ans à la tête du FMI, il est temps d'examiner la gouvernance de la première femme ayant dirigé cette institution. Peu de temps après son entrée en poste, on la critique pour avoir octroyé le plus grand crédit de l'histoire, soit 57 milliards de dollars, à l'Argentine. Ce qui peut expliquer la crise actuelle en Argentine, alors que la situation économique du pays ne s'est pas redressée. Cependant, certains analystes avancent que le poids des États-Unis au sein du FMI a forcé la main de Lagarde dans ce cas [9]. On la critique aussi pour la façon dont elle a géré la crise économique en Grèce.

Pour ce qui est des côtés positifs, on reconnaît son travail à convaincre le Congrès américain d'adopter la réforme de l'actionnariat du fonds, ce qui double son budget et augmente le poids de la Chine au sein de l'organisation. On reconnaît aussi qu'elle a réussi à intégrer la monnaie chinoise dans l'unité de compte du FMI, soit la reconnaissance du yuan chinois comme monnaie de réserve internationale [10].

On critique parfois le FMI comme une organisation épousant surtout des idées des pays anglo-saxons. Il faudra voir si l'arrivée de Kristalina Gueorguieva changera la donne.

Médiagraphie

[1] FMI, Christine Lagarde, 17 octobre 2019, [hyperlien] consulté le 17 octobre 2019

[2] La Banque mondiale, Kristalina Gueorguieva, 17 octobre 2019, [hyperlien] consulté le 17 octobre 2019

[3] Fonds monétaire international, Conseil d'administration du FMI : les gouverneurs suppriment la limite d'âge pour le poste de directeur général, 5 septembre 2019, [hyperlien] consulté le 17 octobre 2019

[4] Fonds monétaire international, Mode de sélection du Directeur général, 12 septembre 2019, [hyperlien] consulté le 17 octobre 2019

[5] Fonds monétaire international, Mode de sélection du Directeur général, op.cit

[6] La Banque mondiale, op. cit.

[7] Loc. cit.

[8] Agence France Presse, Les Européens choisissent la Bulgare Kristalina Gueorguieva pour être leur candidate à la tête du FMI, 2 août 2019, [hyperlien] consulté le 17 octobre 2019

[9] Hiault, Richard, Christine Lagarde : un bilan en demi-teinte à la tête du FMI, LesEchos, 11 septembre 2019, [hyperlien] consulté le 17 octobre 2019

[10] Loc. cit.



Dernière modification: 2019-11-04 12:02:22

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