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1 octobre 2019

Peace to Prosperity workshop: un coup d'épée dans l'eau?


Anthony Delarosbil
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

août
2014
Annonce d'un cessez-le-feu mettant fin à un conflit dans la bande de Gaza

novembre
2012
Annonce d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas

janvier
2005
Élection de Mahmoud Abbas à la présidence de l'Autorité palestinienne

novembre
2004
Décès de Yasser Arafat

septembre
2000
Début d'un deuxième soulèvement (intifada) en Palestine

octobre
1998
Signature des accords de Wye Plantation entre Israël et l'Autorité nationale palestinienne

janvier
1996
Élection de Yasser Arafat à la présidence de l'Autorité palestinienne

septembre
1993
Signature d'un accord de paix israélo-palestinien à Washington

novembre
1988
Proclamation de la création d'un État palestinien

décembre
1987
Début d'un soulèvement dans la bande de Gaza et en Cisjordanie

juin
1982
Déclenchement de l'offensive israélienne « Paix en Galilée » au Liban

avril
1975
Déclenchement d'une guerre civile au Liban

novembre
1974
Premier discours de Yasser Arafat devant l'Assemblée générale des Nations unies

mai
1964
Création de l'Organisation de libération de la Palestine

avril
1950
Annexion de la Cisjordanie et proclamation du Royaume hachémite de Jordanie

Les 25 et 26 juin 2019, les États-Unis introduisaient le Peace to Prosperity Workshop, soit un plan qui fait la promotion de la paix à travers les bénéfices économiques entre Israël et la Palestine. Ce plan fut orchestré en partie par Jared Kushner, haut conseiller du président étatsunien Donald Trump et présentement celui qui s'occupe du dossier du conflit israélo-palestinien. Cette conférence fut accueillie de façon différente par les acteurs impliqués.

D'homme d'affaires à haut conseiller du président américain

Né le 10 janvier 1981, Jared Kushner est le premier fils du géant immobilier Charles Kushner. Il gradue de Harvard en 2003 et prend la succession de l'entreprise immobilière de son père à la suite de l'emprisonnement de ce dernier pour fraude en 2005. En 2006, il achète le New York Observer et devient éditeur de cet hebdomadaire. Il deviendra éventuellement président-directeur général de Kushner Compagnies en 2008.

En même temps, Kushner commence à fréquenter Ivanka Trump, la fille de Donald Trump. Il marie cette dernière en octobre 2009 et Ivanka se convertit à la religion de Kushner, qui est juif orthodoxe. Bien qu'il provienne d'une famille ayant une allégeance démocrate, Jared Kushner deviendra un conseiller d'importance lors de la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016. Après la campagne et la victoire de ce dernier, Kushner sera nommé haut conseiller du président [1].

Une autre tentative pour améliorer les relations Israël-Palestine

Le projet Peace to Prosperity consiste en trois initiatives qui aideront l'économie, la population et le gouvernement de la Palestine [2]. Concrètement, le plan présenté par Jared Kushner est un investissement de 50 milliards sur une période de dix ans qui sera principalement injecté en Cisjordanie et dans la bande de Gaza [3]. Économiquement, ce plan veut augmenter le pourcentage d'exportation palestinienne à 40 %, doubler l'eau potable disponible à la population et assurer un accès continu à l'électricité à la population de Cisjordanie et de la bande de Gaza.

En ce qui a trait à l'aide pour la population, le plan veut augmenter la présence des femmes au travail de 20 % à 35 %, amener une université parmi les 150 meilleures au monde en sol palestinien et réduire de moitié la mortalité infantile, soit passer de 18 à 9 par 1000 naissances. Finalement, pour le gouvernement palestinien, le plan prévoit d'obtenir un résultat au-dessus de 60 à l'indice de perception de la corruption et maintenir un budget public durable [4].

Un plan fortement critiqué

Bien que Donald Trump ait qualifié ce plan d'affaire du siècle, cet enthousiasme ne fut pas partagé par tous les acteurs concernés. Les hauts dirigeants palestiniens décidèrent de s'absenter de l'événement pour démontrer leur mécontentement face au plan américain. Les autres pays arabes invités envoyèrent seulement des délégués, dont aucun haut dirigeant.

Cet accueil froid est expliqué en partie par les mauvaises relations entre les États-Unis et la Palestine, notamment en raison du refus de la part de l'administration Trump de soutenir la création d'un État palestinien [5]. Une autre critique de l'initiative américaine est le manque d'accent sur une entente de paix entre la Palestine et Israël. Effectivement, selon Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, il va être difficile d'aller de l'avant avec les initiatives économiques proposées si la question de la paix entre les deux pays n'est pas réglée [6]. Plusieurs analystes sont allés du même pas et ont critiqué les États-Unis de ne pas inclure les mots occupations, liberté, égalité et blocus dans le document proposé de 40 pages [7].

Toutefois, le plan proposé par Kushner ne fut pas reçu uniquement de façon négative. Les hauts dirigeants de l'Arabie Saoudite ont exprimé leur optimisme face au plan américain. De plus, le ministre des Finances des Émirats arabes unis, Obaid al-Tayer, voulait que les différents acteurs donnent une chance à ce plan [8].

Bien que du côté américain et israélien le Peace to Prosperity workshop fut vu positivement, les Palestiniens ne furent pas du même avis. Donc, encore une fois, un camp dans le conflit Israël et Palestine est en désaccord avec une proposition pour résoudre ce conflit qui semble sans fin.

Médiagraphie

[1] Biography, Jared Kushner, 7 août 2019, [hyperlien] consulté le 27 septembre 2019

[2] White House, Peace to prosperity A new vision for the Palestinian people and the broader middle east, 30 septembre 2019, [hyperlien] consulté le 30 septembre 2019

[3] Loveday, Morris, Kushner presents vision of a Middle East at peace but no details how to get there, Washington Post, 25 juin 2019, [hyperlien] consulté le 30 septembre 2019

[4]White House, Peace to prosperity, 30 septembre 2019, [hyperlien] consulté le 30 septembre 2019

[5] Ahren, Raphael et Agence France-Presse, A Bahreïn, Kushner exhorte les Palestiniens à saisir « l'occasion du siècle », 25 juin 2019, [hyperlien] consulté le 30 septembre 2019

[6] Aljazeera News, US-led Bahrain meeting on Palestine: All the latest updates, 26 juin 2019, [hyperlien] consulté le 30 septembre 2019

[7] Gadzho, Mersidha, 'Get Israel off our backs': Palestinians react to Kushner plan, Aljazeera, 24 juin 2019, [hyperlien] consulté le 30 septembre 2019

[8] Aljazeera News op. cit



Dernière modification: 2019-10-07 12:51:02

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