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16 septembre 2007

Discours à la nation du président Bush : le début de la fin pour les États-Unis en Irak ?


Sabrina Bossé
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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C'est par un discours à la nation que le président des États-Unis, George W. Bush, a fait le point sur sa stratégie en Irak le 13 septembre 2007, exercice qu'il réalisa pour la huitième fois depuis l'invasion des troupes américaines en Irak en 2003. À la suite des recommandations émises devant le Congrès par le commandant en chef de l'armée américaine en Irak, le général David Petraeus, le président Bush a annoncé le retour de 5700 soldats d'ici la fin de 2007. Près de 28 000 militaires devraient être rapatriés d'ici juillet 2008, permettant de réduire le nombre de brigades de combat de 20 à 15.

M. Bush s'est voulu rassurant quant à la pertinence de l'engagement politique, militaire et économique des États-Unis en Irak, un engagement qui, selon lui, ira bien au-delà de sa présidence (1). Rappelant brièvement les évènements du 11 septembre 2001, il a réitéré son désir de contrer le terrorisme en affirmant que de «réussir en Irak (était) crucial pour la sécurité des États-Unis(2)», écorchant au passage l'Iran et la Syrie. Selon lui, le succès de l'armée américaine quant à l'établissement de la sécurité en Irak, permet d'envisager le retour des militaires tout en ne fermant pas la porte à d'autres retraits éventuels : «Plus grande sera notre réussite, plus grand sera le nombre de soldats américains qui pourront rentrer à la maison(3)», a-t-il souligné. Ironiquement, cette annonce survient au même moment où l'un des principaux alliés des États-Unis en Irak, le chef tribal Cheikh Abdoul Sattar Abou Risha, est assassiné par Al-Qaïda dans la province d'Al-Anbar, endroit qui, selon le président Bush, connaît d'importants progrès (4).

La réplique démocrate

L'annonce du président Bush a suscité de vives réactions du côté démocrate. En opposition à la guerre en Irak, ils ont tenu à souligner qu'un retrait d'environ 28 000 militaires ne ramènerait le nombre de soldats qu'au même niveau qu'il y a un an, avant l'envoi massif de 30 000 soldats supplémentaires en janvier 2007. Attrapant la balle au bond, ils ont accusé le président d'irresponsabilité, ce dernier remettant à son successeur la lourde tâche de s'occuper de l'Irak, une action qui selon les démocrates «insulte notre intelligence(5) ».

Un des candidats à l'investiture démocrate, le sénateur Barack Obama, s'est empressé de répliquer en affirmant que la guerre avait déjà coûté beaucoup économiquement et militairement aux Américains et qu'il était «plus que temps de finir [cette] guerre qui n'aurait jamais dû commencer». (6) La veille de l'allocution télévisée du président Bush, le sénateur Obama a présenté son propre plan de retrait accéléré de l'armée américaine, un retrait qui se complèterait d'ici la fin de 2008 (7). Même son de cloche du côté d'une autre candidate démocrate, Hillary Clinton, qui trouve «inacceptable» le fait de se retrouver avec le même nombre d'effectifs qu'il y a un an (8). Selon elle, l'annonce du président Bush n'est que : «Trop peu trop tard» (9).

Le président Bush s'en remet maintenant au Congrès, l'implorant d'accepter de financer le plan de retrait qu'il a présenté. La tâche risque d'être des plus corsées compte tenu de la majorité démocrate au Congrès, celle-ci favorisant un retrait davantage immédiat et définitif. Le débat sera long.




Références:

(1) AFP. Bush confirme le repli. [En ligne], jeudi 13 septembre 2007, http://www.Cyberpresse.ca/article/20070913/CPMON... (page consultée le 13 septembre 2007).

(2) Ibid

(3) AFP. «Bush entérine le choix de ses militaires». Le Devoir, [En ligne], vendredi 14 septembre 2007http://www.ledevoir.com/2007/09/14/156693.html, (page consultée le 14 septembre)

(4) RADIO-CANADA. Al-Qaïda revendique le meurtre de Risha. [En ligne], 14 septembre 2007, http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International... (page consultée le 14 septembre 2007).

(5) GRANGEREAU, Philippe. «Bush annonce un retrait homéopathique». Libération. Samedi 15 septembre 2007, p.7.

(6) Discours du président Bush : Vives réactions. [En ligne], 13 septembre 2007, http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International... (page consultée le 14 septembre 2007).

(7) LESNES, Corine. «Barack Obama souhaite un retrait complet des forces américaines d'Irak à la fin de 2008». Le Monde, vendredi 14 septembre 2007, p.6.

(8) GÉLI, Philippe. «George Bush défausse de l'Irak sur son successeur». Le Figaro, samedi 15 septembre 2007, p.3

(9) Ibid

Autre référence

AFP. «Assassinat d'un proche allié des Etats-Unis». Le Devoir, vendredi 14 septembre 2007, p. B9.

Dernière modification: 2007-09-21 09:39:19

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