1 décembre 2020 Recherche  
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  • Né le 4 mai 1928 à Kafr-el-Meselha, en Égypte
  • Vice-président de la République arabe d’Égypte (16 avril 1975-14 octobre 1981)
  • Premier ministre de la République arabe d’Égypte (7 octobre 1981-2 janvier 1982)
  • Président de la République arabe d’Égypte (14 octobre 1981-11 février 2011)
  • Secrétaire général du Mouvement des non-alignés (14 juillet 2009-11 février 2011)
  • Décédé le 25 février 2020 au Caire, en Égypte
  •  Moubarak, Hosni | 1928-2020


    Mohammed Hosni Moubarak



    Hala Kodmani, Célian Macé, « Mort d’un Raïs déchu », Libération (France), 26 février 2020, p. 1, 6 et 7.

    «...Le très effacé vice-président d'Anouar al-Sadate avait été propulsé à la tête de l'Égypte en octobre 1981 dans les circonstances dramatiques de l'assassinat en pleine parade militaire de celui qui avait signé les accords de paix de Camp David entre l'Égypte et Israël. Hosni Moubarak s'était fixé comme priorité de maintenir et garantir cette paix à tout prix, et c'est probablement l'une des clés de sa longévité au pouvoir. Elle lui a valu un soutien sans faille des administrations américaines successives, qui lui ont accordé une manne financière annuelle faisant de l'Égypte le deuxième récipiendaire de l'aide extérieure des États-Unis, après Israël. Pendant trois décennies, Hosni Moubarak aura évité au plus grand pays du monde arabe guerres et désastres dans un Proche-Orient en ébullition permanente. [...] Mais à l'intérieur du pays, l'immobilisme politique, social et économique a maintenu dans le sous-développement et la pauvreté une population égyptienne qui a doublé en trente ans. Malgré les milliards d'aide américaine, le chômage et la pauvreté ont augmenté tandis que la corruption rongeait le pays dominé par une classe de nouveaux affairistes proches du pouvoir. Au nom de la stabilité, Moubarak laissait ses services de sécurité opérer un musellement systématique de l'opposition, entre chasse aux Frères musulmans et répression de toutes voix dissonantes. »


    Baudouin Loos, « Hosni Moubarak avait ligoté et bâillonné son pays », Le Soir (Belgique), 26 février 2020, p. 11.

    «...Au début, Moubarak construit. Des ponts, des chaussées, un métro au Caire. Il faut que cela se sache. Une affiche est placardée dans la capitale : « Le métro, un cadeau de Moubarak à son peuple. » Tout est là : un paternalisme bêtifiant, qui satisfait certains, enragent les autres. Le tout sur fond socio-économique difficile. 800.000 bébés naissent chaque année, comment fait-on ? Mais le pire gît ailleurs. Dans la sclérose. L’immobilisme, la léthargie. Et la montée en puissance d’une clique affairiste qui exige et obtient une libéralisation de l’économie. […] Les Égyptiens ne sont pas dupes, qui boudent les urnes que chacun sait truquées, comme dans toute dictature digne de ce nom. [...] La déconnexion avec la population devient patente. Un abîme. Mais ce n’est peut-être pas cela qui a précipité la chute de 2011. Hosni Moubarak avait délaissé l’armée au profit des affairistes. Elle ne le lui a pas pardonné. Elle n’a pas voulu de son Gamal, que le « raïs » semblait destiner à sa succession. Alors, quand une partie de la population s’est soulevée en janvier 2011, l’armée a décidé d’en finir avec Moubarak, l’occasion était trop belle. Les promesses de démocratisation que les militaires ont lancées aux manifestants n’avaient aucune consistance, comme la suite des événements allait le prouver. L’important était de se débarrasser d’un homme, Hosni Moubarak, qui ne lui était plus loyal. »


    Anthony Samrani, « Hosni Moubarak : le raïs jugé par son peuple », L’Orient-Le Jour (Liban), 26 février 2020.

    «...Le bilan de l'ancien président égyptien Hosni Moubarak, décédé [le 25 février] à 91 ans dans un hôpital militaire au Caire, n'aurait-il pas été en effet plus flatteur si son règne n'avait pas semblé si interminable?? L'ancien pilote de chasse aux lunettes noires a passé trente ans à la tête de l'Égypte, plus que Nasser et Sadate réunis, ces deux pharaons modernes qui lui ont toujours fait ombrage. [...] Il n'avait ni le charisme et la voix du premier ni l'audace et la ruse du second. Moubarak était le continuateur terne, sans visions et sans relief, de ses deux prédécesseurs. Plus le temps a passé, plus cette image de raïs inamovible et immobile, en décalage total avec un pays qui a profondément évolué durant son règne, lui a collé à la peau jusqu'à incarner malgré lui le déclin inexorable de l'Égypte. [...] Stabilité, sécurité : telle était la rengaine d'Hosni Moubarak, à l'instar de la plupart des dictateurs de la région, dont il était certainement l'un des "moins pires". Malgré tous ses défauts, le raïs était loin d'avoir le vice de Hafez El-Assad, la cruauté de Saddam Hussein ou la mégalomanie de Mouammar Kadhafi. Son attitude débonnaire ne doit pas toutefois faire oublier qu'il a instauré l'état d'urgence permanent dans son pays, profitant de cela pour mater l'opposition à la fois libérale et islamiste. »


    Michael Slackman, « Hosni Mubarak, Egyptian Leader Ousted in Arab Spring, Dies at 91 », The New York Times (États-Unis), 26 février 2020, p. B12.

    «...It was hard to know what Mr. Mubarak stood for, apart from retaining power. In 1986, five years after he took office, the well-known Egyptian journalist Mohammed Hassanein Heikal expressed the prevailing uncertainty when he said, "We are waiting for the unknown." The criticism was heard to the end. "Mubarak had no particular vision and no noted achievement," said Mr. Salama, of the newspaper Shorouk. "Everything he did was to maintain the status quo, even without trying to improve it to any degree. His contribution toward the endemic problems that Egypt suffers from, like illiteracy, poverty and disease, was minimal." Over time, the self-effacing and unpretentious Mr. Mubarak was eclipsed by one with an almost imperial sense of entitlement. In an interview in 1993, he said that Egyptians could not handle democracy. "We have to give a gradual dose so people can swallow it and understand it," he said. "The Egyptians are not Americans." He also stuck to a strongman's script, distancing himself from matters of state while presenting himself as a father figure. »

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