4 juillet 2020 Recherche  
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 Moi, Daniel arap | 1924-2020




S.A., « Daniel arap Moi, autocrate kényan allergique au multipartisme », Le Vif (Belgique), 4 février 2020.

«...Daniel arap Moi, décédé mardi à l'âge de 95 ans, avait promis "paix, amour et unité" à son peuple. Mais le deuxième président du Kenya indépendant, pourfendeur du multipartisme, restera surtout comme un redoutable politicien, maître de l'instrumentalisation des rivalités ethniques. Quand Moi quitte le pouvoir en 2002, après 24 ans de règne, il est crédité d'avoir su maintenir le Kenya au petit nombre des États d'Afrique de l'Est en paix. Génocide au Rwanda, guerres civile au Burundi, chaos en Somalie... la décennie qui vient de s'écouler a infligé son lot de conflits à la région. Mais ses mandats restent également synonymes de musellement de la dissidence, détentions arbitraires, torture, corruption. Comme personne avant lui, il est également accusé d'avoir attisé les différends ethniques dans son pays à des fins politiques. »


Jean-Philippe Rémy, « Mort de Daniel arap Moi, autocrate kényan drapé dans ses principes », Le Monde (France), 6 février 2020.

«...Droit dans la routine et la solitude. Droit comme un i, aussi, puis courbé peu à peu, avec les ans, jusqu’à sa mort en silence. Daniel arap Moi, ancien président kényan, est décédé dans un hôpital de Nairobi, mardi 4 février, à l’âge de 95 ans. Il n’avait jamais recherché l’amollissement du luxe offert par les sommes amassées en vingt-quatre années d’un pouvoir prédateur, tout tendu dans l’attente éperdue de se voir enfin considéré comme le grand homme, faiseur de paix de l’Afrique, Moïse auréolé comme dans une belle histoire biblique, l’ancien petit berger devenu président, sage parmi les sages parce que, contrairement à tous les autocrates de son époque, il avait su s’en aller à temps, avant le mandat de trop. Mais cette joie-là n’est jamais venue. En fait d’absolu, il n’avait éprouvé finalement que celui de l’ennui et du vide. Pour n’avoir vécu que par et pour le pouvoir, il était mort, symboliquement, une première fois en l’abandonnant volontairement. C’était en 2002. »


Agence France-Presse, « Kenya : mort de l’ex-président Daniel arap Moi, au pouvoir pendant 24 ans », La Croix (France), 4 février 2020.

«...Le long règne de Daniel arap Moi a été vite marqué par le durcissement d'une répression que maniait déjà Jomo Kenyatta, le musellement de la dissidence, des détentions arbitraires, des opposants torturés et la corruption. Un système de parti unique est instauré en 1982. Daniel arap Moi se posera comme un farouche opposant au multipartisme, qu'il finit par rétablir sous la pression du clergé, de la société civile et de la communauté internationale pour les élections générales de 1992. Dans le collimateur de son régime figurent les élites culturelles, des militants des droits de l'Homme, des défenseurs de l'Environnement, comme l'écrivain Ngugi wa Thiong'o ou la future prix Nobel de la Paix Wangari Maathai. Les Kényans subissent aussi le chômage et l'inflation, dans une économie gangrenée par la corruption: Moi parti du pouvoir, son régime sera accusé de détournements de fonds massifs, via un système de fausses exportations - l'affaire «Goldenberg», pour laquelle il ne sera jamais vraiment inquiété. »


Gabrielle Lynch, « Kenya : Daniel Arap Moi – The Making of a Kenyan ‘Big Man’ », AllAfrica, février 2020.

«...From the beginning, Moi - later nicknamed the "professor of politics" - showed great insight when, on joining the ruling party in 1964, he became a loyal ally of the then president, Jomo Kenyatta. This loyalty, together with his position as the preeminent Kalenjin politician, goes a long way to explain Kenyatta's decision to appoint Moi as his vice-president in 1967. He wasn't seen as a threatening figure and this helped him rise to the presidency on Kenyatta's death. We must also recognise Moi's ability, often through the strategic use of patronage and sanctions, to preempt and undermine his opponents. He had the tendency to act decisively and ruthlessly against former allies and later reconcile with former foes. This gave Moi great political flexibility and enabled him to enter new alliances and to rehabilitate, recycle, or swap allies. This dynamism helped him to keep ahead of opponents and limited the entrenchment of potential rivals in the short term. But in the longer term his direct intervention in elections and repression of dissent led a growing number of popular politicians to form new alliances with church leaders and civil society activists to call for his removal. »

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