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 Nkurunziza, Pierre | 1964-2020




Romain Gras, « Décès de Pierre Nkurunziza, l’ex-rebelle devenu président du Burundi », Jeune Afrique (France), 9 juin 2020.

«...Isolé tout au long de son troisième et dernier mandat, Pierre Nkurunziza est décédé trois semaines après l'élection de son successeur. Il était venu à la politique par le maquis, pendant la guerre civile qui a déchiré le pays. Pendant près de 25 ans, il aura marqué la vie politique du Burundi, des maquis de la rébellion hutu dans les années 1990 au palais présidentiel de Gitega. De la guerre à la paix, puis à la tension liée à sa troisième candidature à la magistrature suprême en 2015, Pierre Nkurunziza aura décliné des facettes multiples : ancien maquisard condamné à mort, évangéliste fervent, passionné de football, accroché au pouvoir au risque de plonger son pays dans le chaos, « Muhuzu » - « le réconciliateur » - s'est éteint à l'hôpital du Cinquantenaire de Karuzi, dans le centre-est du pays, à l'âge de 55 ans. [...] L'élection de Ndayishimiye a mis un terme à quinze années d'un règne au bilan mitigé, marqué par plusieurs années de tensions internes au sein du parti. Son dernier mandat, Pierre Nkurunziza l'aura arraché au prix d'une crise postélectorale dont les effets se font encore ressentir aujourd'hui. »


S.A., « Burundi : Nkurunziza, l’homme qui aimait trop le pouvoir », Le Point (France), 9 juin 2020.

«...Reconnaissable à son éternel crâne rasé, grand sportif, Pierre Nkurunziza est ainsi devenu un chrétien évangélique « born again » prosélyte. Il avait fait de son rapport à la religion l'un des piliers de son pouvoir. Son parti, le CNDD-FDD, l'avait élevé au rang d'« Imboneza yamaho » (« visionnaire » en français). « Nkurunziza croit en effet qu'il est président de la République de par la volonté divine et « organise donc toute sa vie et sa gouvernance » en conséquence, confirmait le responsable de la communication présidentielle, Willy Nyamitwe. Chaque année, lors de grandes « croisades de prières », le président et son épouse, pasteur évangéliste, prêchent devant les citoyens et hauts responsables du pays. Alexis Sinduhije, opposant en exil, ne croit pas à cette piété affichée : « La pauvreté s'est accrue, les violations des droits de l'homme sont la règle et la corruption s'est généralisée depuis que Nkurunziza est au pouvoir » a t-il maintes fois alerté. « Sous ses dehors de gentil, c'est un homme impitoyable. Gare à ceux qui se mettront en travers de sa route », résumait un ancien proche. Pour renforcer son pouvoir, il n'avait pas hésité à diviser profondément le Burundi et à l'isoler sur la scène internationale. »


B.O., « Décès de Pierre Nkurunziza : Une mort qui ne fait pas que des malheureux », Le Pays (Burkina Faso), 9 juin 2020.

«...ce dernier mandat, jugé contraire à l’esprit et à la lettre de l’article 96 de la Constitution du Burundi et en violation flagrante des accords d’Arusha, a mis le pays à feu et à sang, tant et si bien que nombreux sont les Burundais qui ont perdu la vie sans compter ceux qui, pour sauver leur peau, ont pris le chemin de l’exil. S’il est notoire qu’en Afrique, on ne parle pas mal des morts, on peut, tout de même, imager que ce décès ne fait pas que des malheureux au Burundi. Loin s’en faut ; dans le cœur de bien des Burundais, la joie est certainement contenue, de peur de représailles. On sait que le Burundi, durant ces dernières années, était devenu un enfer sur terre ; tant la répression y était féroce et les espaces de liberté complètement verrouillés par celui-là qui, de maquisard, s’était mué en dictateur indécrottable. Cela dit, on peut dire que tout est accompli pour Nkurunziza. [...] Car, non seulement l’histoire retiendra que c’est grâce à lui que le pays a connu la première alternance pacifique de son histoire, même si l’on peut y trouver à redire. Mais aussi, tel le général Gaïd Salah en Algérie, qui a tiré sa révérence quelques jours après l’élection de son homme-lige, Abdel Madjid Tebboune, Nkurunziza s’en va au moment où son dauphin s’installe à la tête de l’État burundais. »


Samba Cyuzuzo, « Analysis : Loved and feared », BBC (Royaume-Uni), 9 juin 2020.

«...Pierre Nkurunziza was loved and feared in equal measure - loved by those who felt he lived up to his promises when he was elected after the civil war, and feared by his political opponents. When the former rebel leader took office in 2005, at the age of 40, the country that had been brutally torn apart by an ethnic conflict that had killed about 300,000 over a decade. Young, optimistic and charismatic, he managed to live up to everyone's expectations by uniting people and rebuilding the economy. Between 2006 and 2011, the president - known for his preaching and love of football - received seven international awards for his peace-building efforts. But after a decade in power, his reputation took a nose dive and the unity he had built collapsed when he organised a referendum to allow him to stand for a third term. Deadly protests erupted, there was a coup attempt and hundreds of thousands of people fled the country. »

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