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  • Né le 10 mars 1957 à Riyad, en Arabie saoudite
  • Décédé le 2 mai 2011 à Abbottabad, au Pakistan
  •  ben Laden, Oussama | 1957-2011


    Oussama Ben Laden



    S.A., « Oussama ben Laden vie et mort d’un terroriste », Le Soir (Belgique), 3 mai 2011, p. 4.

    «...Ben Laden joint à la foi une démarche combattante. Au début des années 80, l'Afghanistan et la guerre contre les Soviétiques le voient mettre sa fortune au service d'un recrutement tous azimuts au sein du monde arabo-musulman. Mais il n'est pas seul. Les volontaires sont entraînés par des officiers pakistanais et américains. Les armes sont fournies par les Américains, l'argent vient des Saoudiens. Qu'importe les moyens, son objectif est bien de porter au plus loin la révolution islamique. Autant dire que lorsque Moscou plie bagage d'Afghanistan, lorsque les États-Unis et l'Arabie Saoudite stoppent le financement et le soutien logistique massif, la frustration de Ben Laden est immense. Il aurait aimé mener le djihad jusqu'à Kaboul. Il ne lui reste en réalité qu'à rentrer en Arabie Saoudite, mais en héros. Oussama ben Laden va à nouveau rapidement déchanter. L'Irak de Saddam Hussein se fait menaçant et Ben Laden s'en émeut. Mais ce n'est pas lui que les Saoudiens vont appeler en 1990 à la rescousse, mais bien les Américains. Sa haine des « infidèles » va aller grandissant à la vue de ce million de soldats « mécréants » , surtout américains, qui sont invités sur le sol sacré. Alors Ben Laden s'en va. »


    Alain Guillemoles, « Oussama Ben Laden, fils de famille entré en terrorisme », La Croix (France), 3 mai 2011.

    «...Pur combattant de la foi pour les uns, ennemi public numéro 1 pour les autres, Oussama Ben Laden portait un costume bien grand pour lui. Car ce quinquagénaire était surtout un fils d'une riche famille d'Arabie saoudite égaré sur les chemins du fanatisme jusqu'à mettre tous ses moyens au service de la terreur. Une sorte de « turban doré », comme on parle de « blousons dorés » pour les jeunes des beaux quartiers devenus voyous. Il avait toutes les chances de devenir un de ces riches privilégiés qui s'en vont passer le week-end à Monaco après avoir fait leurs courses à Londres, comme c'est encore le cas pour la plupart de ses 54 frères et soeurs. A-t-on besoin de s'inquiéter de son avenir quand on est héritier d'un empire ? Les Ben Laden sont les Bouygues de la péninsule arabique. Leur père, un Yéménite qui fut docker à Jeddah, a mis sur pied, grâce à ses liens avec la famille royale, le plus gros groupe de construction d'Arabie saoudite. Pourquoi son 43e enfant a-t-il dévié de sa route ? Est-il entré en révolte parce qu'il était le fils unique de l'épouse la moins aimée de son père (qui avait onze femmes) ? A-t-il été entraîné par son amitié avec un des membres du clan royal, le prince Turki Al Fayçal, qui fut chef des services de renseignement du royaume ? Il a en tout cas été irrémédiablement influencé par son professeur de théologie, Abdallah Azzam, membre de l'organisation égyptienne fondamentaliste des Frères musulmans. »


    Pierre Prier, « Oussama Ben Laden, terroriste mondialisé », Le Figaro (France), 3 mai 2011, p. 18.

    «...Il se réfugie, avec son entourage, dans les montagnes de Tora Bora, au nord de Jalalabad. Il s'associe bientôt avec le régime ultraconservateur des talibans, se met à leur service pour former une armée islamiste, son obsession. Début 1998, il annonce la création d'un Front islamique mondial avec al-Zawahiri. Le monde est son champ de bataille. Deux attentats simultanés contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie tuent plus de 200 personnes. C'est son premier attentat terroriste d'envergure. Bill Clinton réplique par une attaque de missiles contre la base de Khost en août 1998, mais rate sa cible principale. Trois ans plus tard. Les attentats du 11 Septembre, menés par 19 kamikazes, font près de 3 000 morts. Ils façonnent le monde d'aujourd'hui : invasion de l'Afghanistan, puis de l'Irak, par les États-Unis et leurs alliés. Ben Laden, réfugié au Pakistan, préside une sorte de franchise internationale du terrorisme mondialisé, accordant ou refusant son « label » à travers des messagers discrets. Al-Qaida est devenue une nébuleuse nihiliste qui parasite les conflits locaux, sans jamais arriver à prendre réellement le pouvoir. La tête de son fondateur était mise à prix. Il ne manquait qu'une trahison. »


    Jean-Pierre Perrin, « Le commis voyageur de la guerre sainte », Libération (France), 3 mai 2011, p. 8.

    «...A leur manière, les images font rêver. En tout cas, elles cherchent à réveiller un imaginaire, celui du paladin islamique qui trouve pureté et dépassement de soi sur le chemin d'Allah, dans la nudité des montagnes et la guerre sainte. Elles vont donc droit au coeur des pieux musulmans de la région, elles leur parlent autant qu'un discours, comme celui de Zawahiri qui, sur la même cassette, professe des menaces d'une voix monocorde : «Avec l'aide de Dieu, nous arracherons les bras de quiconque nous touche.» Cette guerre sainte, Ben Laden en a toujours voulu en être à la fois l'icône et le propriétaire. Icône, il veille à être toujours bien mis, privilégiant le blanc, cultivant l'élégance sobre. Il aime s'incarner dans l'imagerie islamique, copiant Saladin, le héros légendaire du monde arabe qui vainquit les croisés, leur reprit Jérusalem et provoqua la troisième croisade. Aussi, peut-on le voir sur des photomontages reproduits sur des affiches, chevauchant un destrier et taillant en pièces d'invisibles ennemis, tandis que la terre s'ouvre derrière lui pour laisser jaillir un feu purificateur. Et il est significatif que ses sectateurs le surnomment «le saint guerrier». Propriétaire du jihad, il a voulu l'être depuis que les trahisons de ses alliés et commanditaires se sont multipliées autour de lui : les Saoudiens, les Soudanais, les Afghans...»

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