30 octobre 2020 Recherche  
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 al-Sabah, Sabah al-Ahmad al-Jaber | 1929-2020




Georges Malbrunot, « Mort de l’émir du Koweït, un homme de dialogue », Le Figaro (France), 30 septembre 2020, p. 9.

«...À la tête de ce riche pays pétrolier, cheikh Sabah était une voix conciliatrice dans une région marquée par des divisions entre monarchies. C'est lui qui jouait le rôle de médiateur dans la guerre qui oppose, depuis 2017, le Qatar à ses voisins saoudien et émirien. Situé à la pointe nord de la Péninsule arabique, proche politiquement de l'Arabie saoudite, l'émirat du Koweït est un allié historique des États-Unis. En 1991, les troupes américaines, alliées à d'autres forces, boutèrent les soldats irakiens du Koweït, six mois après l'invasion de l'émirat, décidé par Saddam Hussein. Sous la férule de cheikh Sabah, le Koweït est resté discret, mais sa capacité financière en faisait un intervenant souvent incontournable sur la scène moyen-orientale. Cheikh Sabah a longtemps dirigé la diplomatie koweïtienne, poste qui lui permit de se familiariser avec tous les grands de ce monde et de jouer ce rôle de médiateur, salué par tous. « C'était l'homme le plus solide du pays, relève l'ancien ambassadeur de France au Koweït, Charles Henri d'Aragon. Je l'ai connu en 1992 quand il était ministre des Affaires étrangères, c'était un homme doté d'une grande expérience des affaires internationales, un sage écouté et respecté. » »


Benjamin Barthe, « Sabah Al-Ahmad Al-Jaber Al-Sabah », Le Monde (France), 1er octobre 2020, p. 24.

«...Il était connu au Moyen-Orient comme le « cheikh des diplomates » ou le « père des Arabes », un hommage à ses talents de médiateur et à son attachement à l'unité du monde arabe. [...] L'action de l'émir Sabah sur la scène intérieure est moins marquante. Les femmes, qui ont obtenu le droit de vote en 2005, entrent certes au Parlement. Mais le laboratoire politique qu'avait été le Koweït dans les décennies 1960-1980, permettant l'intégration des islamistes dans le jeu politique, ne fonctionne plus vraiment. Le pluralisme vire à la paralysie. Les gouvernements se succèdent, sans parvenir à résoudre les problèmes structurels du pays : infrastructures vieillissantes, manque de logements, exclusion persistante des bidoun (les sans-papiers du Koweït), gabegie et corruption. Cette stagnation a nourri un mouvement de protestation en 2011-2012, auquel le monarque a répondu par un autoritarisme grandissant, marqué par le vote d'une loi contre la cybercriminalité, dirigée contre les opposants et les défenseurs des droits de l'homme. Figure de proue de la grande époque du Koweït, cheikh Sabah est devenu, à la fin de son règne, le symbole d'un système en bout de course. »


Agence France-Presse, « Décès de l’émir du Koweït, le prince héritier lui succède », La Croix (France), 29 septembre 2020.

«...Selon Kristin Diwan, de l'Arab Gulf States Institute, basé à Washington, sa mort «aura un impact profond, à la fois en raison de son rôle en tant que diplomate et médiateur régional mais aussi comme figure unificatrice dans son pays». «Les Koweïtiens ont apprécié sa capacité à garder l'émirat en dehors des conflits et rivalités régionaux.» [...] Son règne a toutefois été marqué par des turbulences politiques, manifestations et arrestations d'opposants mais aussi la chute des prix du pétrole, dont le pays dépend. Considéré comme un libéral, notamment sur les réformes économiques et sociales qu'il a menées et les droits des femmes, il a toutefois écarté la légalisation des partis politiques. La politique de son successeur ne devrait pas s'éloigner trop de celle de cheikh Sabah, alors même que deux de ses voisins, les Émirats arabes unis et Bahreïn, ont décidé de normaliser leur relation avec Israël. La normalisation reste très impopulaire au sein de la société koweïtienne, qui soutient largement le consensus arabe qui prévalait jusqu'ici et faisait du règlement du conflit israélo-palestinien la condition à toute normalisation avec l'État hébreu. »


Kim Sengupta, « New Kuwaiti emir to thread same path as predecessor », The Independent (Royaume-Uni), 1er octobre 2020, p. 27.

«...In terms of the Middle East, Sheikh Sabah sought to avoid the confrontations taking place among neighbouring states. He played a key role in setting up the Gulf Cooperation Council in 1981 and, as he assumed the mantle of an elder statesman, the emir sought to reconcile the dispute between Qatar and a Saudi and UAE-led bloc. He sought to mediate in the Yemen war, hosting a meeting between opposing sides and also chaired conferences on aid for victims of the Syrian conflict. Kuwait, under Sheikh Sabah, did not take an aggressive international role as was the case with two other Gulf states - the UAE and Qatar - in arenas like Libya. He also avoided the spotlight, which fell on others, such as Sheikh Mohammed bin Zayed bin Sultan al-Nahyan, the 59-year-old Emirati crown prince, who is seen as a moderniser and is described, somewhat simplistically, as the mentor of Saudi's crown prince. Some stances on foreign affairs taken by Sheikh Sabah, however, were portrayed by critics as failing to recognise changing dynamics. The emir had, for example, opposed the recent peace agreements signed between Israel and the UAE and Bahrain from the time they were first mooted. »

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