Répression contre les harkis et les Européens en Algérie
Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Répression contre les harkis
Lorsque l'indépendance de l'Algérie est proclamée, en juillet 1962, plusieurs Européens et harkis quittent le pays pour se rendre en France. D'autres, restés au pays, seront victimes d'une sévère répression.
Les harkis sont des Algériens musulmans qui combattirent aux cotés de l'armée française pendant la lutte pour l'indépendance. Selon un rapport des Nations unies (ONU), on compte en 1962 263 000 harkis en Algérie (soldats, fonctionnaires, membres d'unités auxiliaires ou policières, etc.). Plusieurs sont des vétérans des forces françaises libres qui ont libéré la France en 1944 et servi en Indochine. Avec leurs familles, ils représentent près d'un million de personnes. Durant la guerre d'Algérie, ils sont un élément essentiel dans la politique française de pacification. Après l'indépendance, en 1962, un grand nombre d'entre eux tente de gagner la France, mais les autorités françaises mettent fin rapidement au processus. Seulement entre 10 000 et 20 000 harkis, célibataires et encore membres des forces régulières françaises, sont autorisés à s'embarquer. Les autres sont informés qu'en cas de tentative, ils seront retournés en Algérie. En dépit de cela, plusieurs dizaines de milliers de harkis se seraient rendus en France. Dans le cadre des accords d'Evian, le Front de libération nationale (FLN) s'engage à ne pas exercer de représailles ou de discrimination. Mais la répression débute le 5 juillet à Oran avec 1500 morts. Des harkis, ainsi que des Européens toujours en Algérie, sont victimes d'un déferlement de violence. Respectant les ordres de Paris, les soldats français encore dans la ville n'interviennent pas. La police algérienne non plus. Les harkis étant considérés comme des traîtres, la colère populaire est impitoyable. Selon les estimations, de 50 000 à plus de 100 000 harkis ou membres de leurs familles sont torturés et tués. Ceux qui ont quitté pour la France connaissent pour leur part une intégration difficile. Au fil des ans, plusieurs d'entre eux, ainsi que leurs descendants, se mobiliseront pour revendiquer de meilleures conditions. Ils blâmeront aussi les autorités françaises pour le massacre des harkis en Algérie et intenteront même une poursuite contre le gouvernement français.
Gouvernance et gouvernement [ 5 juillet 1962 ]
Pays | Niveau de démocratie | Chef de l'État | Chef du gouvernement |
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![]() | Faible | Ferhat Abbas | Ahmed Ben Bella |
![]() | Intermédiaire | Charles de Gaulle | Georges Pompidou |
Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).