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12 septembre 1997

Ouverture du XVe Congrès du Parti communiste chinois

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Jiang Zemin

Le XVe Congrès du Parti communiste chinois (PCC), le premier depuis la mort de Deng Xiaoping, permet au secrétaire général Jiang Zemin de consolider ses positions. Dans son discours d'ouverture, celui-ci poursuit les réformes amorcées et annonce un vaste programme de ventes au secteur privé de centaines de milliers d'entreprises d'État chinoises.

Malgré une croissance économique soutenue, la Chine doit aussi composer avec des tensions au Tibet ainsi que des protestations de chômeurs et de cultivateurs. Dans le but de dynamiser l'économie, le secrétaire général Jiang Zemin, à la tête du PCC depuis 1989, veut poursuivre dans la foulée des réformes apportées par Deng Xiaoping, décédé au début de 1997. Bien en évidence lors des cérémonies marquant le retour de Hong Kong à la Chine, en juillet, il profite également du XVe Congrès du PCC, qui débute le 12 septembre, pour énoncer ses positions. Se situant dans la continuité de Deng, il exprime le désir que la Constitution soit amendée de façon à ce que la théorie développée par ce dernier soit considérée comme celle qui guide la Chine. Constatant que les centaines de milliers d'entreprises d'État constituent un fardeau pour l'économie chinoise, Jiang Zemin annonce aussi que celles-ci seront vendues. Soumises aux lois du marché, elles pourront faire l'objet de fusions, de coupures de poste ou même de fermetures si leurs propriétaires le jugent nécessaires. Cette approche, qualifiée de « transformation graduelle », est justifiée idéologiquement par la nécessité pour la Chine de passer par une phrase capitaliste afin de préparer la transition vers le socialisme. À un autre niveau, le secrétaire général consolide son leadership au terme de ce Congrès qui est marqué par un important renouvellement du Comité central dont 107 des 193 membres sont de nouveaux visages. Un des départs les plus significatifs est celui de Qiao Shi. Âgé de 72 ans, celui qui est considéré comme le numéro 3 du PCC quitte à la fois le Comité central et le Comité permanent du Bureau politique. Ce départ démontre selon les analystes l'emprise que Jiang Zemin possède sur l'appareil du parti.

Pour en savoir plus: Rapport présenté au XVe congrès du Parti communiste chinois

Dans les médias...


Jean Leclerc du Sablon, « Jiang s'installe »

«...Le président Jiang Zemin a cité 60 fois les pensées de Deng Xiaoping dans son discours d'ouverture hier au XVe congrès du Parti communiste chinois. Soit, selon les calculs du correspondant de l'agence Reuter Benjamin Lim, une fois toutes les deux minutes et demie. Le successeur du « patriarche » défunt rivalise ainsi avec la performance de l'éphémère dauphin de Mao Zedong, Hua Guofeng, au XIe congrès, en 1977, un an après la mort du « grand timonier ». Le patron du Parti a certes voulu renforcer l'orientation réformiste de la Chine. Longtemps associé au courant plutôt orthodoxe, il est allé jusqu'à reprendre l'une des tirades de Deng contre les idéologues professionnels : « Nous devons rester vigilants sur notre droite, mais gardons nous d'abord à gauche. Pourtant, les invocations insistantes des pensées du grand homme sont peut être aussi révélatrices de fragilité. Les Chinois rappellent volontiers à ce propos le refrain de Hua Guofeng : agir fidèlement en suivant l'exemple de Mao, dans toutes ses pensées et actions. Hua fut écarté l'année suivante par Deng. »

Le Figaro (France), 13 septembre 1997, p. 2.

Caroline Puel, « Chine : Jiang Zemin écarte l'armée »

«...Jiang Zemin apparaît comme le grand gagnant de cette épreuve de force. Le chef d'État a été réélu hier secrétaire général du Parti communiste et président de la commission militaire, ce qui le confirme, sans surprises, numéro un du régime. Présenté comme l'héritier de la « troisième génération des dirigeants communistes » à la mort du patriarche Deng Xiaoping, en février dernier, Jiang s'est révélé fin manoeuvrier pour affirmer son pouvoir face aux diverses factions de la direction collective. (...) Jiang Zemin s'est en outre affranchi des militaires, très influents depuis son arrivée à la tête du parti, lors de la répression du mouvement de Tiananmen par l'armée en juin 1989. Le précédent comité permanent, élu en 1992, comptait parmi ses membres, l'amiral Liu Huaqing, nommé à la demande du patriarche Deng Xiaoping, comme garant du soutien des militaires au dauphin Jiang Zemin. Mais l'influence des uniformes verts, montée à son paroxysme lors de la crise de Taiwan en mars 1996, s'est depuis faite plus discrète. Progressivement, Jiang a accru son emprise sur les militaires, rappelant dans de multiples discours, que l'armée est placée sous la direction du parti. »

Libération (France), 20 septembre 1997, p. 10.

Frédéric Bobin, « La Chine accélère le rythme de ses réformes économiques »

«...Entre les euphémismes de M. Jiang et le catastrophisme de ses adversaires, la vérité est tout simplement que les réformes économiques en Chine vont entrer dans une phase d'accélération. Après des années de tergiversations et de valse-hésitation, le pouvoir semble enfin résolu à s'attaquer au dossier empoisonné des entreprises d'État, ce grand « impensé » de la politique de Deng Xiaoping, qui avait jusque-là privilégié trois fronts : la décollectivisation de l'agriculture, la décentralisation des responsabilités aux bureaucraties locales (provinces, municipalités) et la constitution d'enclaves ouvertes aux capitaux étrangers (les « zones économiques spéciales »). Adeptes du gradualisme, les réformateurs du parti eux-mêmes ne souhaitaient pas franchement presser le pas. Alors que les réformes chaotiques en Europe de l'Est jouaient plutôt un rôle dissuasif, le débat sur la refonte du régime de propriété des entreprises d'État était jusque-là systématiquement occulté. Or c'est ce tabou qui vient de sauter quelques mois après la disparition de Deng. Epaulé par une nouvelle génération de technocrates férus d'efficacité entrepreneuriale, Jiang, le successeur, paraît avoir pris toute la mesure des périls qui guettent la Chine si ces mastodontes industriels continuaient à tirer l'économie vers le bas. »

Le Monde (France), 15 septembre 1997, p. 2.

Sylviane Tramier, « 15e congrès du PCC : cap sur la réforme »

«...Se posant en véritable héritier de Deng Xiaoping, le président Jiang a annoncé la poursuite de la politique des réformes engagées par l'ancien numéro un chinois, décédé en février dernier. Au coeur de cette politique de réformes se situe la délicate restructuration des entreprises d'État. Entre le modèle capitaliste et le dogme marxiste, la Chine communiste choisit... de ne pas choisir, et de se placer résolument sous la bannière hybride du « socialisme de marche » ou, selon l'expression de l'ancien numéro un chinois Deng Xiaoping, reprise à satiété par le président Jiang Zemin dans son discours d'orientation, du « socialisme aux caractéristiques chinoises ». C'est désormais ce concept fourre-tout qui doit servir de fondement idéologique au développement économique de la Chine et la propulser vers le XXIe siècle. « La Chine doit explorer de nouvelles voies et sortir des sentiers battus », a déclaré le président Jiang qui, deux heures et demie durant, a défendu l'héritage de Deng Xiaoping contre les tenants de l'orthodoxie maoïste. Proposant « d'ouvrir davantage la Chine sur le monde extérieur », le président chinois a signifié aux délégués du congrès qu'il n'y aurait pas de retour en arrière. »

Le Devoir (Québec, Canada), 15 septembre 1997, p. A1.

George Wehrfritz, « Chinese Power Grab »

«...Jiang's strongman aspirations are incompatible with the modern economy he hopes to create. Even as he pushed the congress to adopt his economic program last week, he demanded absolute loyalty from the party's 56-million-strong rank and file, and railed about « bourgeois liberalization, » code for multiparty democracy and the rule of law. Like Deng, Jiang seems both enthralled by free markets and unwilling to countenance the political change necessary to make them work. (...) Whatever risks lurk in the economic-reform plan, Jiang's political viability no longer seems in doubt. Once he was derided as a benchwarmer; last week a senior Clinton administration official said he is « clearly not a transitional figure. » His bold power play raised expectations that he might arrive in Washington next month for a summit with President Clinton prepared to make concessions in areas that so far have vexed negotiators : nuclear proliferation, human rights and trade. « He's showing his confidence; he's cocky, » said another administration official. Jiang wants to be seen as another Mao or Deng. He could be set for a long rum. But if he truly hopes to fill the shoes of China's late great leaders, he must ultimately address a core issue : redefining Chinese socialism. »

Newsweek (États-Unis), 29 septembre 1997, p. 42.

Gouvernance et gouvernement [ 12 septembre 1997 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chine
FaibleJiang ZeminLi Peng

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1992 - 2002



janvier
1992
Déclaration de Deng Xiaoping incitant les Chinois à s'enrichir

octobre
1992
Début d’une visite historique de l’empereur japonais Akihito en Chine

septembre
1995
Ouverture d'une Conférence internationale sur les droits des femmes à Beijing

février
1997
Décès de Deng Xiaoping

juillet
1997
Rétrocession de Hong Kong à la Chine

septembre
1997
Ouverture du XVe Congrès du Parti communiste chinois

décembre
1999
Rétrocession de Macao à la Chine

décembre
2001
Adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce

novembre
2002
Ouverture du XVIe Congrès du Parti communiste chinois


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