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25 février 1986

Ouverture du XXVIIe Congrès du Parti communiste de l'Union soviétique

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Mikhaïl Gorbatchev

L'influence du nouveau secrétaire général Mikhaïl Gorbatchev est en évidence lors du XXVIIe Congrès du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS). Celui-ci compte sur des progrès technologiques significatifs et des réformes économiques importantes afin de remédier aux difficultés qui minent le pays.

Trois secrétaires généraux du PCUS décèdent entre 1982 et 1985 : Leonid Brejnev, Iouri Andropov et Konstantin Tchernenko. Leur successeur, Mikhaïl Gorbatchev, se présente comme un réformateur soucieux de redonner un nouvel élan au pays en privilégiant la transparence (glasnost) et une restructuration économique (perestroïka). Faisant un bilan de la situation, il dénonce les objectifs non atteints dans le passé, identifiant la lourdeur bureaucratique, la lenteur des progrès technologiques, une corruption rampante ainsi que du favoritisme dans le parti comme les facteurs responsables du recul de l'Union soviétique depuis le début des années 1970. Sans remettre en cause les principes du socialisme, Gorbatchev parle de revoir les mécanismes économiques afin d'accroître l'efficacité et la productivité au travail. Dans son discours, le premier ministre Nikolay Rizhkov fixe même des objectifs ambitieux pour le programme de 15 ans qui est ratifié par le congrès : doubler les revenus personnels et la production industrielle d'ici la fin du siècle. Sur le plan extérieur, le secrétaire général exprime son appui à l'Afghanistan contre les forces contestataires, mais précise qu'un calendrier de retrait des troupes soviétiques sera envisagé lorsque ce pays sera en sécurité face aux menaces étrangères. Il confirme aussi sa volonté de poursuivre la coexistence pacifique et de continuer sur l'élan de sa rencontre à Genève avec le président américain Ronald Reagan, en novembre 1985, tout en se méfiant des influences de droite observées à Washington et dans l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord. Enfin, le XXVIIe Congrès est marqué par des changements au sein des instances décisionnels du PCUS dont Gorbatchev s'impose, à seulement 54 ans, comme la figure dominante.

Dans les médias...


Alexei Antonkin, « Gorbatchev et l'économie soviétique »

«...Mikhaïl Gorbatchev a prononcé son discours au XXVIIe congrès du Parti soviétique le 25 février 1986, soit trente ans jour pour jour après le discours secret de Nikita Khrouchtchev dénonçant les crimes de Staline lors du XXe congrès. Coïncidence ? Pas tout à fait... Le secrétaire général actuel, à l'instar de son prédécesseur, voudrait laisser de lui l'image d'un réformateur. Dans ce discours de cinq heures et demie, la plus grande part était consacrée à l'économie. M. Gorbatchev a réintroduit à ce propos deux notions complètement oubliées des Soviétiques dans leur vie quotidienne : ouskorenie (accélération) et perestroïka (réorganisation). Mieux, il a comparé les cadres du Parti à Manilov, un des personnages des Âmes mortes de Gogol, symbole du hâbleur et du velléitaire placide : celui-ci, « tout en inventant une foule de chimères, ne fait rien, ne change rien ». Même si le secrétaire général a sévèrement critiqué la manilouvchtchina qui règne dans la société soviétique, il n'a pas pour autant annoncé de changements essentiels. »

Études (France), mai 1986, p. 617.

Marcel Péju, « Gorbatchev met le cap sur l'an 2000 »

«...Nikita Khrouchtchev avait incarné, sur un mode expansif mais brouillon, le grand soulagement de la déstalinisation. Leonid Brejnev, en réaction, s'était fait l'instrument du conformisme de l'appareil, le garant de la sécurité de la « nouvelle classe ». Avec Mikhaïl Gorbatchev arrive enfin au pouvoir la première vraie génération post-stalinienne. Du technocrate, il a sans doute les limites, aggravées par la formation soviétique : il est tout, sauf libéral. S'il a, dans son discours de clôture, critiqué « l'inertie et le verbiage des médias » ou déploré « le bas niveau des oeuvres littéraires », ce fut pour prôner aussitôt l'engagement idéologique, tandis que le secrétaire de l'Union des écrivains réclamait des « héros positifs » conformes aux canons les plus staliniens du réalisme socialiste. Il est clair, en tout cas, qu'il s'emploie résolument à se donner les moyens de réussir. Jamais le renouvellement des organismes dirigeants de l'URSS n'avait été mené à un tel rythme qu'il l'est depuis un an. »

Jeune Afrique (France), 19 mars 1986, p. 29-30.

Bernard Ullmann, « Le sacre de Gorbatchev »

«...Chacun sait, à Moscou, après lecture d'un texte-fleuve (plus de cinq heures), rebaptisé non plus simple « rapport d'activités » mais « rapport politique », que l'immense U.R.S.S. a un patron. Un vrai ! (...) Il n'a rien oublié, rien épargné, Gorbatchev. Le lourd héritage, sur lequel il s'est abondamment étendu, celui de Leonid Brejnev. Les « contradictions » de l'impérialisme, dont les États-Unis restent bien le « centre mondial », à l'égard du socialisme et à l'intérieur même de son système; les dettes du tiers monde; la nécessité de donner une impulsion nouvelle à la société et à l'économie de l'U.R.S.S. Quoi encore ? La révision des statuts du Parti, sans indulgence pour les fonctionnaires corrompus, profiteurs ou simplement incompétents. Et, naturellement, sa vision des rapports Est-Ouest et surtout Moscou-Washington, avec, même, l'ébauche d'une réponse aux dernières contre-propositions américaines de désarmement, parvenues moins de quarante-huit heures avant l'ouverture du Congrès. Bref, c'est un véritable « message sur l'état de l'Union (soviétique) » qu'a prononcé, tranquille, sans un éclat de voix, mais fréquemment interrompu par les applaudissements de 4 993 délégués et de 152 représentants étrangers, l'homme dont la tache de vin sur le visage est devenue, en moins d'un an, plus célèbre que ne le fut, naguère, la verrue de Nikita Khrouchtchev. »

L'Express (France), 7 mars 1986, p. 17.

Seweryn Bialer, « Gorbachev : Much talk, little action »

«...His primary message to the assembly amounted to a national challenge : The country's status as a global power will remain under serious U.S. threat until Moscow puts its domestic house in order. But for all the emphasis placed on domestic reform, the plans provide no realistic strategy for moving the masses of Soviets into a better future. Economic targets for each of the five-year periods to the year 2000 are so unrealistic as to be Utopian. (...) Gorbachev made it plain at the congress that his control of the top echelons of government is secure. But whether he succeeds or fails will be determined not by his ability to make these loyalists do his early bidding but by whether his policies are carried out by millions of ordinary Soviet citizens. What matters most is whether they will go to work and abandon the behavior expressed in a favorite saying : « They pretend that they pay us, and we pretend to work. » If he fails to inspire them, his power will avail his nation nothing and leave it stagnant. His success depends ultimately on real political and economic change. Without it, the effectiveness of the new order can only decline. The deadly inertia of make-believe statistics and self-congratulation for very little will set in again. »

U.S. News and World Report (États-Unis), 17 mars 1986, p. 38.

Gouvernance et gouvernement [ 25 février 1986 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Russie
FaibleAndrei GromykoNikolay Ryzhkov

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1981 - 1991



novembre
1982
Décès du leader soviétique Leonid Brejnev

février
1984
Décès du leader soviétique Iouri Andropov

mars
1985
Accession de Mikhaïl Gorbatchev à la tête du Parti communiste soviétique

novembre
1985
Ouverture du Sommet de Genève entre Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan

février
1986
Ouverture du XXVIIe Congrès du Parti communiste de l'Union soviétique

avril
1986
Explosion d'un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl

décembre
1989
Rencontre entre le pape Jean Paul II et le leader soviétique Mikhaïl Gorbatchev

juillet
1990
Ouverture du 28e et dernier Congrès du Parti communiste de l'Union soviétique

juin
1991
Élection de Boris Eltsine à la présidence de la Russie

juin
1991
[Résultats] Élection présidentielle

août
1991
Proclamation d'indépendance de l'Ukraine

décembre
1991
Création de la Communauté des États indépendants


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