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8 février 1979

Accession de Denis Sassou-Nguesso à la présidence de la République populaire du Congo

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Denis Sassou-Nguesso

Le chef du Parti congolais du travail (PCT), le colonel Denis Sassou-Nguesso, accède à la présidence provisoire de la République populaire du Congo le 8 février 1979. Confirmé dans ses fonctions lors d'un congrès extraordinaire du PCT, en mars de la même année, il demeurera au pouvoir jusqu'en 1992, avant d'y revenir en 1997.

À la suite de l'assassinat du président Marien Ngouabi, le 18 mars 1977, le colonel Denis Sassou-Nguesso, un membre influent du PCT, joue un rôle de premier plan. La Constitution de 1973 est abrogée et un Comité militaire du parti, dont il est membre, assume les pouvoirs. Il y occupe les postes de premier vice-président et de ministre de la Défense. Un bras de fer se joue graduellement entre lui et le président, Joachim Yhombi-Opango. Accusé de corruption, ce dernier est écarté de son poste lors d'une séance du Comité central du PCT, le 5 février 1979. Un des instigateurs de ce renversement, Sassou-Nguesso est nommé président provisoire le 8 février, avant d'être confirmé dans ses fonctions lors d'un congrès spécial au mois de mars. Fort d'un mandat de 5 ans, il tient des élections, le 8 juillet, au cours desquelles le PCT, parti unique, monopolise les sièges. Un référendum appuie également la nouvelle Constitution. Lors de sa prestation de serment, le 14 août, le président amnistie les prisonniers politiques, incluant ceux accusés de l'assassinat de Ngouabi en 1977. Il doit composer avec une situation économique difficile, avant qu'une embellie se dessine grâce aux ressources pétrolières du pays. Sous sa présidence, la République populaire du Congo se rapproche de l'Union soviétique (URSS), mais tout en conservant de bonnes relations avec les puissances occidentales. Sassou-Nguesso restera à la tête de l'État jusqu'au début des années 1990. Dans l'élan des réformes démocratiques qui soufflent à ce moment, il est largement défait à la présidentielle de 1992 alors que le PCT perd sa position dominante au Parlement. Sassou-Nguesso reviendra toutefois à la présidence en 1997.

Dans les médias...


Jos-Blaise Alima, « Le cinquième président »

«...L'itinéraire du colonel Sassou Nguesso semblait, depuis quelques années, tracé. Mais, dans ce pays politiquement déchiré et économiquement malade, l'héritage n'est-il pas empoisonné ? On sait que Sassou Nguesso est partisan d'un socialisme pur et dur. Mais est-ce, dans la conjoncture actuelle, la solution idéale pour le Congo ? Les attaches du nouveau président avec ce qui constituait l'aile gauche du PCT, et qui fut décimée il y a quelques années, sont connues. On lui prête l'intention de faire appel à quelques civils dont l'ancien Premier ministre de Massemba-Débat, Ambroise Noumazalaye. Est-ce un hasard si, après le voyage à Cuba de Yhombi Opango, à la fin de 1978, on a pu noter l'arrivée massive de Cubains au Congo. Le colonel Sassou Nguesso faisait partie de la suite présidentielle et c'est ce grand admirateur de Che Guevara qui aurait convaincu son président de la nécessité de renforcer le dispositif militaire. Saura-t-il maintenant apprécier les problèmes avec plus de pondération ? (...) La tâche qui l'attend est immense. Il lui faut en même temps relever une situation économique catastrophique et réconcilier les différentes tendances du parti et de l'armée qui, sur un arrière-fond de tribalisme, se livrent depuis de nombreuses années à une lutte à mort pour le pouvoir. »

Jeune Afrique (France), 21 février 1979, p. 35.

Philippe Decraene, « Coup d'État légal : Brazzaville »

«...L'éviction du général Yhombi-Opango ne peut être expliquée par des considérations d'ordre ethnique. Comme le défunt président Ngouabi et comme l'homme qu'il vient d'évincer, le colonel Denis Sassou Nguesso est originaire du nord du Congo. Il semble même qu'il soit né dans le même village que Marien Ngouabi. La mise à l'écart du général Yhombi-Opango est d'abord la conséquence d'une rivalité personnelle aiguë avec l'homme qui lui a succédé. Depuis longtemps considéré comme le « numéro deux » du régime, le colonel Sassou Nguesso jouait un grand rôle au sein du parti et son activisme et son intransigeance inquiétaient beaucoup l'ancien chef de l'État. Officier sorti du rang, le nouveau président passe pour un homme secret et dur. (...) Sur le plan idéologique, le colonel Sasson Nguesso est considéré par les diplomates comme l'« homme des Soviétiques ». Ses nombreux séjours en Union soviétique et à Cuba, son comportement personnel le font, à tort ou à raison, classer comme un marxiste de stricte obédience. On s'attend donc dans certaines chancelleries à une modification de la politique extérieure du Congo, car le général Yhombi-Opango passait pour mener, par opportunisme plus que par conviction personnelle, une politique de coopération avec l'Occident. »

Le Monde (France), 10 février 1979, p. 3.

Gouvernance et gouvernement [ 8 février 1979 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Congo
FaibleDenis Sassou-NguessoLouis Sylvain-Goma

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 1969 - 1989



mars
1977
Assassinat du président congolais Marien Ngouabi

février
1979
Accession de Denis Sassou-Nguesso à la présidence de la République populaire du Congo


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